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Window Dressing de fin d'année

Fiscalité

Window dressing : sous ce terme barbare, se cache en réalité ce que les professionnels des marchés financiers appellent l'habillage de bilan ou de comptes. Nous étendrons cette définition à l'ensemble des opérations financières et comptables réalisées en fin d'année, et ayant trait à la date de clôture des comptes ou encore aux calculs des impôts. Ces opérations parfois indispensables pour les professionnels sont tout aussi utiles pour les particuliers. Certaines ont de réelles implications financières, d'autres portent davantage sur un habillage de comptes sans incidence réelle mise à part esthétique. Nous étudierons dans ce chapitre le window dressing pratiqué par les professionnels, ainsi que les opérations de fin d'année réalisables par les particuliers.

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Le Window Dressing pour les professionnels


Les implications fiscales que nous étudierons pour les particuliers ne sont pas transposables aux professionnels des marchés financiers, à savoir les gérants de portefeuilles. Ces derniers doivent présenter à leurs clients un compte rendu sur les activités de l'année. Ce rapport reprend notamment la composition du portefeuille au 31 décembre avec les performances réalisées sur chacune des lignes. Ce rapport servira tout autant à satisfaire les investisseurs actuels en leur montrant des performances satisfaisantes, mais aussi à attirer de nouveaux investisseurs. C'est ce rapport qui fera l'objet d'un habillage. En effet, la commercialisation de la Sicav, du FCP ou du fond sera en partie basée sur ce rapport. En partie seulement, la performance du fond n'étant pas modifiée par le windows dressing, mais il peut influer le choix de l'investisseur.

Afin de présenter un bilan annuel plus convenable, les gérants réalisent un certains nombres d'opérations, tels que :
Cession des titres qui ont une performance médiocre ou inférieure au marché

Cette cession sera couplée à un achat des titres qui ont superformé le marché et déjà détenus en portefeuille. Il s'agit d'un habillage purement comptable. Il est plus agréable pour un futur investisseur de voir un portefeuille composé de valeurs qui ont superformé l'indice plutôt qu'un ensemble de valeurs aux performances plus hétérogènes. Cet habillage est généralisé à tel point que les valeurs ayant réalisés les plus mauvaises performances sur l'année, réalisent de très mauvaises performances sur le dernier mois de l'année.


Cession des petites lignes, et ce afin de diminuer les coûts de gestion

Les coûts de gestion sont en partie calculés selon le nombre de lignes composant le portefeuille. De plus, un portefeuille est plus complexe à lire s'il multiplie les petites lignes. L'investisseur risquerait de s'attarder sur des lignes sans importance pour la performance du portefeuille. En cédant les lignes les plus petites de son portefeuille, le gestionnaire économise des frais, mais également améliore la visibilité de sa stratégie.

Le professionnel n'est pas le seul à arbitrer en fin d'année. Le particulier n'est pas en reste. Ce dernier ne recherche pas l'habillage esthétique de son portefeuille, mais plutôt une amélioration de ses performances nettes.

Le Window Dressing pour les particuliers

La fin de l'année n'est pas qu'une période de fête et d'échanges de cadeaux, c'est aussi la fin de l'année fiscale et avec elle,toutes les incidences que cela suppose. Ce paragraphe regroupe quelques techniques que vous pouvez pratiquer afin notamment de réduire votre imposition le plus légalement du monde.


Quel est le montant de cessions que vous avez réalisé ?

Avant le 1er janvier 2011, en deçà d'un seuil dit de cession, les plus-values que vous aviez enregistrées n'étaient pas imposées. Ce seuil était fixé à 25.830€. De fait, si vous aviez vendu pour moins de 25.830€ de titres dans l'année en cours, il pouvait être souhaitable de vendre une partie de vos titres. L'intérêt résidait alors dans la vente de titres ayant des plus-values potentielles afin de dégager des plus-values sans subir d'imposition. Le seuil de cession ayant été supprimé, il n'est plus possible de profiter de cette niche fiscale.



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Diminuez vos plus-values

Vos plus-values boursières sont imposées, relativement lourdement. Mais il s'agit là de plus-values nettes, c'est à dire après déduction des éventuelles moins values que vous avez enregistrées. Ainsi, en diminuant le montant de votre plus-value globale, vous diminuez votre imposition. Il suffit pour se faire de réaliser des achetés / vendus, mais pas avec n'importe quel titre. Vendez vos titres ayant des moins-values potentielles élevées et rachetez-les le jour même au même prix. Les moins-values potentielles deviennent alors réelles, et donc déductibles de vos plus-values. Les moins-values ainsi réalisées viendront diminuer le montant total de vos plus-values imposables. De fait, vous réduirez votre imposition pour l'année en cours. Mais le pendant de cette méthode se retrouve l'année suivante. En effet, les titres qui ont fait l'objet d'un acheté / vendu ont vu leur prix de revient sensiblement diminué. La plus-value future, s'il y a plus-value, sera d'autant plus forte que le prix de revient aura baissé. L'imposition n'est en fait que différée.


Diminuez vos frais de garde

Les droits de garde sont calculés pour la majorité des intermédiaires financiers à la fin de chaque année, au 31 décembre. Ces droits de garde sont à la fois fonction du nombre de lignes détenues (1 ligne correspond à une catégorie de titres. 2.500 titres Alstom ne représentent qu'une seule ligne.), mais aussi proportionnels au montant du portefeuille. En réduisant le nombre de lignes, vous diminuez le montant de vos droits de garde. L'investisseur choisira de vendre les lignes les plus petites. Cette méthode dépendra de votre broker. Certains se contentent de prélever un pourcentage du montant global du portefeuille, voire ne prélèvent aucun droit de garde pour la conservation des titres.

L'imposition et différents frais peuvent sensiblement imputer la performance globale de votre portefeuille. Il est tout aussi important d'optimiser fiscalement vos plus-values que de choisir vos investissements. Une imposition mal maîtrisée et une grande part de vos revenus boursiers peuvent s'envoler.