Téléchargez gratuitement le guide des premiers pas

Valoriser une entreprise : objectifs et méthodes

Monde de l'entreprise

Combien coûte une entreprise et pourquoi ? Comment se calcule sa valeur ? N'y-a-t-il qu'une seule valeur ? Pourquoi de telles différences d'une entreprise à une autre ? Valoriser une entreprise est un exercice délicat qui demande dextérité, compétences et expérience pour celui qui s'y risque. Une multitude de données devra être étudiée et pas uniquement celles liées directement à l'entreprise. Les capacités de gestion du dirigeant sont ainsi scrutées avec soin dans l'analyse stratégique. On ne valorisera pas non plus de la même façon une société qui veut s'introduire en bourse et un magasin de quartier qui cherche un repreneur.

Sponsorisez cet article !


Quels objectifs sont suivis pour cette valorisation ?

La réponse peut sembler simple : pour savoir combien elle vaut. Mais en réalité elle est bien plus complexe que cela. Prenons le cas d'une entreprise qui souhaite s'introduire en bourse. Elle a donc besoin de connaître sa valorisation pour proposer le meilleur prix par action à ses futurs actionnaires. La valorisation peut ainsi être affectée par les raisons de l'introduction. Une société qui s'introduit pour se désendetter sera valorisée de façon moindre qu'une entreprise qui s'introduit pour se développer. Les raisons de l'introduction influencent la valeur de l'entreprise. Il en est de même s'il s'agit juste d'un actionnaire qui souhaite vendre ses titres sur le marché. La liquidité future du titre aura aussi un impact sur la valorisation. Une société cotée sur le SRD aura une meilleure visibilité auprès des investisseurs qu'une société qui s'inscrit sur le marché libre. La valorisation sera donc toute différente. De plus, la liquidité favorise une meilleure appréciation du prix de l'action. Ainsi entre un petit commerce qui se vend et une société cotée, la valorisation sera fort différente. Le propriétaire du petit commerce aura plus de mal à trouver des investisseurs et tout naturellement baissera le prix de son commerce. Dans le même ordre idée, une société qui souhaite réussir son introduction en attirant de nombreux investisseurs, aura tendance à abaisser sa valorisation pour favoriser une belle carrière boursière.

Une société peut aussi vouloir connaître sa valorisation pour appuyer un dossier auprès des banques. Il est plus simple d'emprunter si on est capable de présenter des bilans solides et un actif économique cessible. Autrement dit, en cas de non remboursement du prêt, la banque saisira les actifs de l’entreprise. La banque peut donc certes avoir un intérêt à connaître les résultats futurs de l'entreprise, mais elle regardera aussi de très près votre actif comptable. La valorisation est alors patrimoniale.

L'approche patrimoniale est aussi utilisée dans un autre cas de figure. Celui du dirigeant qui souhaite connaître la valeur de son patrimoine. Cela peut être utile dans le cadre d'une organisation de succession. L'entreprise est alors valorisée au niveau du montant de ses actifs réévalués, et bien souvent à un niveau moindre que si elle était valorisée dans le cadre d'un rachat. De plus, un dirigeant pressé de partir en retraite acceptera naturellement un prix moindre que s'il avait pu prendre tout son temps.

Si un groupe d'investisseurs souhaite acquérir une entreprise, par le truchement d'une OPA ou tout simplement d'un rachat si la société n'est pas cotée, les valorisations tiendront davantage compte des perspectives d'avenir de la société. Une entreprise avec beaucoup d'actifs, mais dégageant de forts déficits sera à coup sur moins valorisée qu'une entreprise sans réel actif mais avec de forts bénéfices. De plus, le niveau de la valorisation dépendra du vendeur. Un vendeur qui n'est pas pressé pourra faire jouer au maximum la concurrence des acquéreurs potentiels et ainsi faire gonfler le prix. Mais ce prix est aussi fonction de l'acquéreur lui même et des raisons pour lesquelles il souhaite racheter l'entreprise. Un raider qui investit pour des raisons financières, une société industrielle qui souhaite développer ses parts de marchés, ou une entreprise qui souhaite faire disparaître un concurrent ne valoriseront pas la société cible de la même façon. Un raider agissant via un LBO cherchera avant tout une société dégageant des profits réguliers et des actifs à céder rapidement, alors que l'industriel pistera les brevets déposés. Il en est de même quand un particulier cède sa voiture à un autre particulier ou à un professionnel. Le professionnel a pour objectif de revendre le bien, il exigera donc un prix plus bas que le simple particulier.

A la fin des années 90 pendant la folie Internet, les start-uppers passaient des mois... semaines... journées... voire quelques heures, à valoriser leur projet ou leur entreprise. Ici zéro actif, ou si peu, un chiffre d'affaires nul, ou au stade larvaire, et un résultat net fortement déficitaire, si toutefois un premier bilan avait déjà été déposé. Autrement dit, la valorisation reposait alors uniquement sur les flux futurs espérés de l'entreprise. Des flux futurs qui peuvent être relativement proches de la vérité pour une société installée avec une longue existence, mais totalement utopique pour une société nouvelle sans bilan.

Un des derniers objectifs de la valorisation est la liquidation de l'entreprise. Le liquidateur judiciaire cherchera à connaître la valeur réelle des actifs à la revente, afin de rembourser au mieux les différents créanciers de l'entreprise. La société est alors estimée selon une valeur dite à la casse, c'est à dire que la société cesse toute activité et que l'ensemble de ses actifs, du robot ultra performant à la perforette, sera vendu. Seul l'actif compte et il est fortement dévalorisé, se vendant parfois à peine 10% de son prix réel sur le marché de l'occasion.



Téléchargez gratuitement le guide des premiers pas

Principales méthodes de valorisation

Dans le cas d'une poursuite d'activités, l'ensemble des techniques de valorisations peut se regrouper sous deux vocables. D'une part, la méthode actuarielle et d'autre part, la méthode comparative. La première travaille notamment sur les flux futurs dégagés par l'activité de l'entreprise. On estime par exemple que l'entreprise générera x millions d'euros de bénéfices dans les 5 années à venir. A partir de ce chiffre, on calcule la valeur d'aujourd'hui des millions d'euros de demain, en tenant compte du taux sans risque. La seconde méthode se base sur des comparaisons. On étudie les valeurs actuelles, et on les compare par rapport au secteur d'activités. Ainsi il est fréquent de dire que dans le petit commerce, une boutique est cédée à environ 1 fois le chiffre d'affaires. Une société de haute technologie sera davantage valorisée en fonction de ses résultats et on pourra parler de 30 fois le bénéfice net, ou PER de 30. Cette méthode est simpliste et se doit d'être corrigée avec soin de toutes les différences existantes entre chaque entreprise. Une société peut valoir bien moins qu'une autre, à cause d'un portefeuilles clients bien différent par exemple.

Toutes ces méthodes ne doivent pas faire oublier qu'une entreprise ne vaut que ce qu'un acheteur est prêt à y investir. Ainsi, si une entreprise semble présenter d'excellents bilans et que son cours de bourse reste désespérément plat, soit le marché a tort -ce qui est plus que rare-, soit vous venez de découvrir l'opportunité de l'année. Dans tous les cas, ces méthodes peuvent donner des chiffres forts différents. Il n'est pas rare de voir des valorisations allant de 1 à 10 sur les documents d'introductions en bourse. La valorisation est alors davantage liée au contexte boursier du moment et au secteur qu'à la valeur intrinsèque de l'entreprise à l'instant t.