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Taxe Tobin : mythe ou avenir de la finance ?

Fiscalité

La Taxe Tobin revient sur le devant de la scène à intervalles réguliers. La faillite d'un pays, une réunion du G7, un communiqué de presse d'une ONG et la Taxe Tobin reprend de la vigueur. La Taxe Tobin est souvent associée à une taxe sur la spéculation financière et sa collecte servirait à résoudre les principaux problèmes financiers dans le monde, notamment auprès des pays en voie de développement. Elle est toutefois plus complexe à mettre en pratique qu'il peut y paraître au premier abord, et beaucoup de gouvernants ont finalement fait machine arrière.

Bien que médiatique, la Taxe Tobin est assez mal connue de la plupart des populations. D'où vient la Taxe Tobin ? Qui en a développé l'idée ? A quoi servira t-elle ? Et surtout, combien ? et sur qui ?

Origine de la Taxe Tobin


La Taxe Tobin vient du nom de son "inventeur", James Tobin. Ce professeur, keynésien, a l'origine de 17 livres, prix Nobel d'Economie, a lancé l'idée en 1972 lors d'une conférence à l'Université de Princeton d'une taxe sur les transactions des devises afin de diminuer la spéculation boursière. Depuis, l'idée d'une taxe sur des flux purement financiers a fait son chemin auprès des O.N.G. (organisations non gouvernementales). Ces dernières souhaiteraient mettre en place une taxe sur les transactions financières dans le but, non pas de limiter la spéculation financière, mais de résoudre les problèmes des pays en voie de développement.

A l'origine, James Tobin qui reste un libéral affirmé, souhaitait instaurer une taxe de 1% sur chacun des transactions.

Depuis, bons nombres de parlementaires et de politiciens se sont ralliés à l'idée d'une taxe sur les transactions à court terme. On peut citer notamment François Mitterrand, Boutros Boutros-Ghali, François Bayrou ou bien Jacques Delors. Mais l'application d'une telle mesure dans les faits n'est pas encore à l'ordre du jour.

Qui la paierait ?


James Tobin a lancé l'idée d'une taxe sur les transactions sur devises en 1972 mais sans en préciser les modalités de fonctionnement. Certes de part la répartition des échanges financiers mondiaux, la majorité de la collecte de fonds proviendrait des pays dits développés.
A l'origine, fixée à 1% par James Tobin, le montant de la taxe serait de l'ordre de 0,025%. Ce taux limiterait les effets d'évasion fiscale et permettrait de récolter des sommes de plusieurs dizaines de milliards d'euros par an.

Toutefois, au contraire de la volonté initiale de James Tobin, la Taxe Tobin risque de toucher également des opérations sans aucun rapport avec des opérations de spéculation. Ainsi les opérations de couverture classique, notamment les opérations de couvertures mutuelles, seront touchées par cette taxe. Cette taxe bien que très faible pourra ainsi avoir un impact sur les opérations de couvertures mutuelles entre banques, opération où les marges sont excessivement réduites.

De plus à l'origine, la taxation ne serait effective que sur les opérations au comptant sur devises, alors qu'à l'heure actuelle, l'essentiel de la spéculation est basée sur des opérations à terme (marchés dérivés, marchés sur options, etc). Il conviendra donc pour que la Taxe Tobin soit réellement efficace, que les opérations à terme soient taxées.

Qui en profiterait ?


James Tobin souhaitait utiliser la taxe du même nom afin de diminuer les opérations purement spéculatives. En effet, la taxe Tobin aurait un impact plus fort sur une opération à court terme (quelques jours) que sur une opération de plusieurs années. Toutefois, les ONG ont vu la formidable manne financière que peut représenter la Taxe Tobin. Ils ont ainsi proposé de transférer cette collecte vers les pays en voie de développement, et notamment réduire voire supprimer la dette de ces pays.
Le développement du quart monde incite également les ONG à vouloir reverser une partie de cette manne vers les pays développés.

Mais encore…


La Taxe Tobin est encore très loin d'avoir une application concrète, à cela plusieurs questions qui n'ont pas encore de réponses claires :

Qui collectera la Taxe ?
Qui gérera la Taxe ?
A quel moment de la transaction sera prélevée la Taxe ?
Quels pays appartiendront à la Zone Tobin ?
Comment lutter contre l'innovation financière qui pourra contourner la Taxe Tobin ?


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Alors la Taxe Tobin : vraiment faisable ?


La Taxe Tobin est une taxe comme une autre, qui pourrait être mise en place si un consensus suffisamment grand se développait. Les Etats-Unis restent fortement imposés à l'idée d'une taxe sur les transactions financières et l'Europe devra se réformer car la liberté des capitaux au sein de l'Union est un des points forts de l'ensemble européen. Toutefois, certains pays dans le monde ont déjà mis en place des taxes spécifiques aux transactions financières. Ces taxes n'ont pas augmenté de façon notable l'évasion des capitaux.

Le principal problème de la Taxe Tobin reste l'utilisation des fonds collectés. Une organisation indépendante devra vraisemblablement être constituée, organisation qui coûtera sûrement très chère en terme organisationnelle et bureaucratique pour des résultats qui peuvent être des plus limités notamment en Afrique. Certains pays africains voient la corruption voler une grande part de l'aide.