Macroéconomie



Téléchargez gratuitement le guide des premiers pas

Taux de chômage et son influence sur l’économie

Préoccupation majeure des français, mais aussi des citoyens de bons nombres de pays, le chômage est devenu une donnée économique essentielle. Alors qu'avant la crise de 1973, le chômage n'était pas mal perçue, l'envolée du nombre de demandeurs d'emplois fait du chômage une des plaies de la fin du XXème et début du XXIème siècle. En cette période de forte crise économique mondiale, le chômage est, bien entendu, en forte hausse dans le monde. Même les pays dont les taux de croissance continuent à être élevés n'ont pas tardé à licencier des salariés par millions. Le taux de chômage, son indicateur, est donc bien plus qu'un simple indicateur économique comme peut l'être la balance commerciale ou encore le taux d'inflation, il est suivi avec beaucoup d'attention par les analystes. Un taux de chômage trop élevé et un pays peut voir sa croissance se casser. Un taux de chômage trop faible, et l'ont pourra assister à une forte inflation.

D’une manière générale, le niveau du chômage influence fortement la consommation et donc l’économie d’un pays. En effet, un des principaux moteurs de l'économie est la consommation. Une forte baisse de celle-ci entraînera mécaniquement une chute de croissance. Les chômeurs verront leur pouvoir d'achat se réduire, et dépenseront moins. Certes, certaines dépenses sont incompressibles, comme le loyer ou encore des remboursements de crédits, mais les chômeurs décaleront leurs achats non indispensables (téléviseur, automobile, etc.). Cette baisse de la consommation peut toutefois être fortement freinée par le parachute sociale. Alors que dans certains pays, la perte de l'emploi signifie la perte de tous les revenus, en France, la perte d'un emploi signifie une baisse progressive des revenus grâce aux allocations chômage.

Mais les chômeurs ne sont pas les seuls concernés par cette diminution du pouvoir d’achat. En effet, on a souvent constaté qu'après l’annonce d’une hausse du taux de chômage dans les médias, la consommation se mettait à décroître, et ce même chez la population active disposant encore de son travail. Il s’agit là d’un phénomène psychologique, les travailleurs anticipant une baisse de leur pouvoir d’achat se prémunissent en économisant plutôt qu'en consommant. Ils se disent simplement que rien ne les protège du chômage, et ils préfèrent épargner un peu. En cas de fortes croissances économiques, et de taux de chômage très faible, l'intérêt de l'épargne diminue.

La hausse du chômage, peut aussi avoir un impact à long terme. Pour compenser les déficits des organismes sociaux, provoqués par la hausse du chômage, il est fréquent de constater une hausse des cotisations salariales et patronales. Indirectement ces hausses se traduisent par une diminution du pouvoir d'achat des salariés.

En plus de ces conséquences directes sur la consommation, on note une influence importante sur l’Etat lui-même, qui se doit de rassurer les citoyens, et son électorat, en appliquant des mesures coûteuses dont les effets bénéfiques ne sont pas immédiats. Parmi ces mesures, on observe souvent la mise en place de plans de relance (emplois aidés, formations, baisse des impôts, embauche de fonctionnaires, etc). Ces mesures plombent les comptes publics mais peuvent avoir un impact direct pour limiter les effets d'une crise économique. Par ailleurs, le financement des aides comme l’ASS ou le RSA représente aussi un investissement coûteux. Avec l'augmentation du chômage, le nombre d'allocataires va en augmentant. Toutes ces dépenses engendrées par le chômage ne font qu'accroître les difficultés économiques d’un état.

Pour les employeurs, outre l’augmentation prévisible des cotisations qui touche les entreprises de manière générale, il faut faire face à la baisse de la production logiquement engendrée par la baisse de la consommation domestique. La demande en berne ne suffit donc plus à compenser les dépenses, et les entreprises se voient souvent contraintes de licencier, bien qu'ils aient plus de choix en matière de main d’œuvre à moindre coût, augmentant de ce fait à nouveau le taux de chômage. Une entreprise produisant en France et commercialisant en France sera donc directement impactée par une hausse du taux de chômage. La diversification du chiffre d'affaires dans d'autres pays peut être un facteur non négligeable de sécurité pour l'entreprise.

On assiste en parallèle à une augmentation du travail dissimulé ou au noir car l'offre d'emplois précaires augmente. Une entreprise qui a du mal à se projeter dans l'avenir va privilégier les emplois en CDD ou en intérim afin d'éviter toutes les démarches et le coût des licenciements. Mais ces offres précaires ne satisfont pas les demandeurs d’emploi qui viennent de perdre leur CDI. Ces derniers sont donc souvent contraints de travailler dans l’illégalité afin de préserver leur niveau de vie (remboursement de prêts en cours, loyers, etc.). Mais bien que ce type de travail clandestin contribue, en un sens, à maintenir les revenus et la consommation des foyers concernés, il n’arrange pas la situation financière de l'Etat. L'Etat doit en effet prendre en charge les aides sociales et le manque à gagner des institutions publiques telles que la sécurité sociale qui se financent principalement par les cotisations sur les salaires. Les recettes de l'Etat et des organismes sociaux baissent mais leurs dépenses augmentent. L'Etat doit donc le plus souvent s'endetter en période de crise dans l'espoir d'éponger sa dette en période de fortes croissances.


Téléchargez gratuitement le guide des premiers pas

Le taux de chômage a une influence indirecte sur l'économie. C'est en réalité le chômage qui impacte directement l'économie d'un Etat. L'indicateur du taux de chômage a toutefois un impact non négligeable sur la perception du chômage par la population. La hausse du nombre de chômeurs pourrait totalement passer inaperçue si vous n'aviez pas de personnes proches nouvellement au chômage. Le taux de chômage et sa diffusion périodique peuvent donc être un facteur anxiogène pour une économie en mauvaise état.