Téléchargez gratuitement le guide Dopez vos plus-values

SRD ou comment spéculer à crédit

L'investisseur classique achète des actions en bourse, attend qu'elles montent, puis les revend. C'est une démarche tout ce qu'il y a plus ordinaire. Toutefois, afin de répondre à la demande des investisseurs, mais aussi afin de permettre un développement des marchés financiers, les marchés ont développé de nouveaux outils. Depuis longtemps maintenant, il est possible d'acheter des titres, mais sans disposer des liquidités nécessaires à cet achat. En France, le Règlement Mensuel, synonyme de ces opérations à crédit, était même la norme. Il fallait alors préciser à votre intermédiaire que vous désiriez acheter des titres au comptant.

Mais depuis le 25 septembre 2000, et ce afin de se rapprocher des standards internationaux, l'investissement au comptant est devenu la norme en France, et l'achat à crédit, l'exception. Désormais, cette option qui était gratuite, se retrouve payante, mais vous gardez toujours l'opportunité de spéculer sur le marché sans même à devoir déboursé un centime. Le principe du SRD ou Service de Règlement Différé est simple. Le règlement et la livraison de l'opération ne se réalisent pas immédiatement, mais à la fin du mois boursier. Toutefois, les marchés financiers ne sont pas totalement fous, et prennent des mesures pour éviter les dérives. Ainsi, si vous n'avez pas à détenir les liquidités suffisantes à vos achats, vous devez détenir une couverture. Une somme qui permet à l'intermédiaire de se couvrir en cas de chute des marchés. L'intermédiaire doit être sur de pouvoir récupérer vos éventuelles pertes. Cette couverture est d'autant plus forte que vos actifs sont liquides. Ainsi, si vous détenez 10.000 euros en compte courant, livret, bons du trésors ou encore OPCVM monétaires, vous pouvez acheter jusqu'à 50.000 euros d'actions au SRD. Avec 10.000 euros d'obligations et d'OPCVM obligataires, 40.000 euros sont investissables. Avec 10.000 euros d'actions cotées ou d'OPCVM en actions, la somme maximum à investir sera de 25.000 euros. En effet, on estime que les titres pris en couverture peuvent eux aussi chuter, et ne pas assurer une couverture idéale en cas de baisse des marchés.

Ces éléments de couverture déterminent le niveau d'effet de levier maximal que vous pouvez engendré. En effet, en spéculant sur 50.000 euros alors que vous n'avez que 10.000 euros en liquidité, vos gains potentiels sont multipliés par 5... tout comme vos risques d'ailleurs. En spéculant simplement sur le SRD en lieu et place du marché comptant, vous pouvez donc quintupler la performance de votre portefeuille. Mais attention, qui dit effet de levier, dit prise de risques plus élevé. Prenons l'exemple le plus symptomatique. Vous avez 10.000 euros en liquidité, vous investissez pour 50.000 euros. Si après la première séance, le cours du titre chute de 2%, ce qui reste une baisse mesurée, vous perdez donc 2% de 50.000€, soit 1.000€. Mais sachant que vous n'avez que 10.000 euros de liquidités, vous perdez en réalité 10% de vos liquidités ! Comble de tout, vous n'avez donc plus que 9.000€ de liquidités contre 49.000€ d'investis. Votre couverture est donc défaillante. 49.000 / 9.000 = 5,44 fois, contre 5 fois autorisé. Le broker peut alors prendre la décision de déboucler une partie de votre position pour retrouver un effet de levier admissible. Nous ne pouvons donc que vous conseiller de ne jamais utiliser l'effet de levier maximal.

Les marchés financiers étant ce qu'ils sont, ce crédit ne vous est pas accordé à titre gracieux. Ainsi, une commission sera perçue par votre broker. Il s'agit de la commission de règlement différé. Elle reste faible, mais compte tenu des volumes parfois engagés et du temps de conservation de la position, elle peut s'avérer conséquente et réduire la performance obtenue. Elle se calcule le plus souvent au jour le jour, jusqu'au débouclage de votre position.

Une position prise sur le SRD peut être débouclée à tout moment. Dans tous les cas, avant la date de liquidation boursière - le 5ème jour de bourse précédent la fin du mois boursier -, vous devrez informer votre intermédiaire de votre décision concernant vos positions au SRD.

- Débouclage de la position : pour un achat à découvert, il vous suffira de vendre vos titres au SRD sur le marché, et de réaliser la plus ou moins-value réalisée;

- Lever la position : vous souhaitez conserver votre position, et à la date de liquidation vous détenez les liquidités nécessaires pour acheter en totalité en position. Vous levez alors les titres. Ils vous appartiennent alors totalement;

- Reporter la position : vous souhaitez conserver la position mais ne souhaitez pas débloquer vos liquidités pour les acquérir. Vous ne disposez peut être même pas des liquidités nécessaires si vous avez utilisé l'effet de levier. Vous pouvez donc reporter la position, ou la proroger jusqu'à la liquidation suivante. Ce report n'est pas gratuit, et vous devrez vous acquitter d'une commission de prorogation, qui est un pourcentage sur le montant de la position.

Ces obligations font du SRD un investissement que l'on peut réaliser puis oublier. Votre intermédiaire aura tôt fait de déboucler votre position, sans même vous demander votre avis, et ce quelque soit les moins values que cela pourrait engendrer. Mais une autre opération, dite à découvert (ou à crédit), peut engendrer bien plus de risques. Il est assez facile de comprendre que l'on peut acheter un bien à crédit. C'est le cas d'une grande partie du marché automobile. Mais sachez qu'en bourse, vous pouvez aussi vendre à crédit. Il s'agit de la vente à découvert. Vous vendez aujourd'hui un titre, que vous espérez racheter plus tard, à un cours inférieur. Les mêmes commissions s'appliquent que pour les achats à découvert mais les risques sont plus élevés. En effet, avec une vente à découvert, vous pouvez perdre bien plus que la somme vendue initialement. Un titre vendu à 10 euros, peut s'envoler à 100-200-300 euros. Alors que si vous achetez un titre 10 euros, vous perdez au maximum 10 euros.

Les achats et les ventes à découverts sont si risqués qu'ils ne sont pas ouverts à tous les investisseurs, ni même auprès de tous les brokers. Dans la même optique, toutes les valeurs ne sont pas ouvertes à ces opérations à crédit. Une valeur SRD doit ainsi avoir une capitalisation boursière d'au moins 1 milliards d'euros, et un volume d'échanges quotidien d'un million d'euro par jour. Si la capitalisation est respectée mais que les volumes sont plus faibles, mais supérieurs à 100.000 euros par jour, alors la valeur est dite SRD long seulement. Cela signifie que seuls les ordres d'achat à découvert sont acceptés, et non les ordres de ventes à découvert. De plus, les marchés financiers, ainsi que les brokers peuvent temporairement limiter l'effet de levier, voire interdire totalement les ventes à découvert.


Téléchargez gratuitement le guide Dopez vos plus-values

A noter également que le SRD ne peut être utilisé sur le PEA. Que les dividendes perçus alors que vous détenez les titres au SRD ne vous donne pas de droits fiscaux, et qu'en cas d'opérations financières du type OPA ou OPE, il n'est plus possible d'acheter ou de vendre les titres à découvert.

Le SRD est donc un formidable outil pour doper les performances de votre portefeuille. Toutefois, les risques pris sont bien supérieurs au marché Actions classique, et il conviendra de limiter l'effet de levier afin d'éviter un débouclage intempestif de votre position par votre broker.