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La retraite par capitalisation, l'avenir des retraites ?

Macroéconomie

Le financement des retraites est un sujet qui passionne plusieurs centaines de millions de gens à travers le monde. Certes cela reste un problème de pays riches, car n'oublions pas que la retraite est encore un système minoritaire sur la planète. Soit parce que l'espérance de vie est très courte, soit parce qu'il parait impossible d'arrêter de travailler et de percevoir une pension pour bons nombres d'économies en développement. La retraite est donc un problème de pays riches mais un problème important.

La quasi totalité du système de retraite en France est basé sur le système de répartition. La solidarité permet à tous de percevoir une retraite même si l'on n'a jamais cotisé. Cette solidarité est ainsi inter-générationnelle car les générations actives actuelles versent des cotisations, cotisations qui seront reversées immédiatement aux populations retraitées. Autrement dit, les sommes collectées ne génèrent que très peu d'intérêts car elles sont reversées en totalité aux retraités. Ce système pose toutefois plusieurs problèmes. L'assiette de calculs des cotisations implique un rapport cotisant / retraité relativement stable. Or depuis plusieurs années, ce rapport ne cesse de chuter, le nombre de retraités lié au baby boom explosant. En 2004, il existe 1,84 cotisant pour 1 retraité; en 2035 1,12 cotisant pour un retraité selon la CNP. Cette difficulté crée des tensions sociales entre les jeunes générations qui ont l'impression de cotiser à une retraite que jamais ils ne toucheront. Dans le même temps les retraités critiquent la faible revalorisation des pensions malgré l'augmentation du coût de la vie.

Cette assurance vieillesse n'est pas nouvelle en France. Elle a été instituée par les ordonnances de 1945 après la seconde guerre mondiale. Elle existe aussi aux Etats-Unis malgré tout ce qu'on peut lire et concerne une grande part des américains. Créée lors du New Deal des années 30, le système de répartition n'a pas obtenu le même succès que le système de capitalisation qui est largement privilégié outre atlantique. L'Allemagne a aussi introduit une dose de capitalisation en 2001. En France, au contraire, nous avons ouvert un fond de réserves destiné à financer l'écart cotisant / retraité en 1999, même si depuis nous avons ouvert le PERP.

Le système de capitalisation est souvent mis en exergue tout à la fois par ses promoteurs qui souhaitent pouvoir gérer l'argent collecté (jusqu'à 20 ans de cotisations moyennes en vitesse de croisière), et pour ses détracteurs qui prédisent la disparition de la solidarité et la fin d'un système de retraite pour tous. La retraite par capitalisation consiste pour un individu à cotiser aujourd'hui pour sa retraite future. Autrement dit, pour avoir une retraite, le salarié devra cotiser volontairement ou non dès aujourd'hui. Les sommes collectées durant sa période d'activité travailleront pour lui et permettront de dégager une rente viagère dans l'avenir. Il est déjà possible pour un français de cotiser pour sa retraite, à travers le Préfon ou le PERP. Ces deux dispositifs permettent d'améliorer la pension de retraite à venir mais en aucun cas ne se substitue au système de retraite par répartition qui est obligatoire.

La principale critique contre la retraite par capitalisation est liée aux dérives que l'on peut observer aux Etats-Unis. Aux Etats-Unis, il n'est nullement obligatoire de cotiser et rien ne garanti la retraite. En effet, quelqu'un peut très bien avoir la totalité de ses actifs en actions au jour de sa retraite, voire après son arrêt d'activité. Si la bourse s'effondre, il se retrouve alors avec une grande part de ses économies disparaître. Cette situation s'explique par la culture financière américaine, bien loin de la culture française. Nos expériences sur le système de capitalisation sont plus cadrées. Ainsi le PERP fonctionne selon un principe règlementaire très précis. Ce système pourrait être un jour généralisé et obligatoire si la France venait à passer à un système de retraite par capitalisation.


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Les PERP garantissent en effet les actifs en fonction de l'âge de départ en retraite. Si vous êtes à moins de deux ans de votre retraite, au moins 90% de votre épargne retraite est garantie. Autrement dit, plus l'âge de la retraite avance, plus votre épargne est garantie. On peut imaginer qu'à 25 ans, l'ensemble de vos cotisations sera investi en actions, puis passeront petit à petit vers des placements plus sécurisants jusqu'à aller vers de l'emprunt d'Etat ou des sicav monétaires. Selon la législation actuelle, entre 10 et 20 ans de l'âge du départ à la retraite, votre PERP doit être garanti à 40%; de 5 à 10 ans, 65%; de 2 à 5 ans, 80%, et enfin moins de deux ans 90%. Ainsi en cas de grave crise financière, au grand maximum, vous perdez 10% de votre épargne, épargne qui continuera toutefois à générer des intérêts tout au long du versement de votre rente mensuelle. Le PERP est donc bien loin de la culture américaine même si un souscripteur peut demander à refuser la garantie.

Le PERP étendu pourrait donc être l'outil financier qui permettrait tout à la fois d'investir fortement dans notre tissu industriel tout en garantissant le financement des retraites à venir. Toutefois le système devra être obligatoire, et nécessitera des ajustements pour permettre à tous de percevoir une pension.