Macroéconomie


Que se passe t-il quand ... ?

La bourse est sujette à de nombreuses influences. L'annonce de mauvais chiffres d'une entreprise peut faire plonger le cours de tout un secteur. Au contraire, une baisse des taux et les marchés boursiers peuvent s'envoler. Le parallèle avec le célèbre effet papillon peut s'appliquer. Le battement d'ailes d'un papillon en Asie peut provoquer un cyclone en Amériques. Ce phénomène s'explique par la forte interaction des acteurs dans la nature. Il en est de même en bourse. La défaillance d'un fournisseur peut causer de sérieux problèmes pour le client. Ce dernier risque alors d'annoncer un résultat net en baisse et ainsi provoquer toute la baisse du secteur, s'il s'agit d'une entreprise bien positionnée. Il est donc utile de connaître les principales réactions des acteurs financiers vis-à-vis de différents phénomènes, de la hausse du dollar jusqu'à la baisse des taux en passant par une pénurie de pétrole.

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Alors que se passe-t-il quand ...

  1. ... le dollar grimpe
  2. ... le prix du pétrole monte
  3. ... les taux d'intérêt d'un pays baissent
  4. ... un raider célèbre prend une participation dans le capital d'une société
  5. ... les salariés d'une entreprise ne participent pas à l'introduction
  6. ... une société annonce de lourdes pertes
  7. ... Wall Street ouvre
  8. ... une monnaie est dévaluée
  9. ... deux sociétés d'un même secteur fusionnent

... le dollar grimpe ?
L'Euro permet aux pays européens de se protéger contre les fluctuations monétaires au sein de l'Union Monétaire Européenne, mais les fluctuations à l'extérieur des frontières bien que diminuées subsistent. Ainsi l'impact du dollar reste prédominant.

Prenons l'exemple d'une société française qui exporte aux Etats-Unis. Si le dollar passe de 1€ à 1,2€, le bien d'origine française qui sera vendu aux Etats-Unis sera sensiblement moins cher. En supposant que le bien soit vendu 10.000€ en France, avec un dollar à 1€, cela équivaudrait à 10.000$. Mais avec un dollar à 1,2€, le montant diminue à 8.333,33$ ! Cet impact est d'autant plus fort que la monnaie internationale, avec laquelle la majorité des opérations est traitée, est le dollar. Ainsi une hausse du dollar, favorisera les exportateurs français mais posera des problèmes aux importateurs, ces derniers achetant en dollars. Une hausse du dollar provoquera irrémédiablement une hausse des prix du pétrole, et donc des prix de l'essence.

Le dollar a un impact clair sur le résultat de bons nombres de nos fleurons européens. Ces entreprises multinationales mais dont le siège est situé en Europe voient leurs résultats directement impactés par une hausse ou une baisse du dollar. Le cas le plus symptomatique est sans doute Airbus qui exporte une grande part de sa production en dehors des frontières européennes.

... le prix du pétrole monte ?
La pénurie annoncée du pétrole, les tensions au Moyen-Orient, les catastrophes naturelles et le prix du pétrole s'envole. L'essentiel des industries est extrêmement dépendante des prix du pétrole. Soit à travers le pétrole en lui même, tel que pour les sociétés de transport. Soit à travers les dérivés du pétrole tel que le plastique. Les sociétés ont alors le choix entre répercuter cette hausse sur leurs clients, ce qui n'est pas toujours concevable. Ceci implique une hausse de l'inflation. Soit l'entreprise limite l'impact de cette hausse sur ces clients, et l'inflation reste maîtrisée, en contrepartie d'une réduction des marges.

Les réels gagnants d'une hausse des prix du pétrole sont à la fois les pays producteurs, représentés en partie par l'OPEP, qui voient leur PIB fortement grimper, ainsi que les compagnies pétrolières qui voient leur chiffre d'affaires suivre la courbe du Brent. Le pétrole étant une activité gourmande en ressources mais avec de forts coûts fixes, les bénéfices des pétroliers s'envolent à l'instar de leur chiffre d'affaires. Les pétroliers peuvent alors utiliser cette vaste trésorerie pour racheter leurs propres actions, ou encore pour s'investir dans des secteurs énergétiques en devenir comme l'éolien et le solaire.

Une hausse des prix du pétrole expliquée par une pénurie d'offre, peut aussi se juguler en partie grâce à une... hausse de la production. En effet, il existe de part le monde, plusieurs réserves pétrolières conséquentes mais non utilisées car trop coûteuses. Une hausse du prix du baril de pétrole entraîne alors une rentabilité suffisante pour des réserves qui étaient abandonnées avec un baril à 10$. C'est notamment le cas du pétrole de schiste ou encore du pétrole issu de plateforme pétrolière.

... les taux d'intérêt d'un pays baissent ?
Les taux d'intérêts sont l'un des instruments les plus utilisés par les gouvernements et les banques centrales pour juguler l'évaporation des capitaux, et/ou pour favoriser l'investissement. Une baisse des taux d'intérêts pourra conduire à d'importants transferts d'argent vers des pays offrant une rentabilité supérieure, un taux d'intérêt supérieur. Ce problème peut être plus que largement compensé par la reprise de l'investissement. Plus le taux d'intérêt est faible, plus les entreprises ont intérêt à investir massivement en s'endettant. Elles n'ont pas d'intérêt à court terme à laisser leurs liquidités rémunérées à un taux d'intérêt faible. Cet investissement massif incite les entreprises à embaucher, et le cercle vertueux de la croissance est relancé. Certes le raisonnement est simpliste, mais valide.

La Banque Centrale devra ainsi constamment jongler entre une hausse des taux directeurs pour éviter la surchauffe de l'économie (forte baisse du chômage, hausse des salaires, accroissement des coûts), et une baisse pour éviter une décroissance (investissement limité, préférence pour d'autres pays). Les conférences et réunions des banques centrales sont ainsi attendues avec beaucoup d'impatience par les investisseurs.

... un raider célèbre prend une participation dans le capital d'une société ?
Quand un investisseur connu ou plus généralement toute personne connue dans les milieux boursiers pour ses compétences, annonce le franchissement d'un des seuils de participation, le titre a tendance à s'envoler. Les investisseurs sont un peu comme des "moutons de Panurge".

Si un raider, un investisseur, un arbitragiste prend une participation notable dans une société, c'est avec l'objectif de réaliser "au moins" une plus-value. De fait, ce dernier considère que la société à son cours actuel est sous-évaluée. Plus la décote est forte, plus le titre s'envole.

La prise de participation par ramassage de titres de Bolloré sur Pathé a été suivie d'une hausse du titre de plus de 20% en deux jours ! La réaction du marché est proportionnelle à la réputation du trader. Ainsi Vincent Bolloré a profité du débouclage de sa participation dans Bouygues (plus-value de 100%) pour acquérir des titres Pathé. Au seul nom de Bolloré, les investisseurs se sont précipités sur le titre. Il en est de même sur la rumeur de rachat de Grandvision par Pinault à fin 1998 où le titre a gagné plus de 40% en quelques séances. Mais attention, l'annonce du dépassement de seuil d'une société peut intervenir alors que le raider a déjà commencé à revendre ses titres. Ainsi l'annonce par Bolloré de sa prise de participation dans Eurotunnel s'est produite alors que le breton était déjà en train de revendre ses titres et de réaliser une jolie plus-value.

Il est intéressant de suivre les prises de paroles et de participations de certains arbitragistes. Ces derniers peuvent se placer sur des sociétés utilisant mal leur trésorerie, et exigent de la part de la direction, de rendre une part de cette trésorerie aux actionnaires ou d'en trouver une meilleure utilisation. Mécaniquement, la baisse d'une trésorerie pléthorique entraîne la hausse de la rentabilité par capitaux employés.

... les salariés d'une entreprise ne participent pas à l'introduction ?
L'introduction en bourse est un moment crucial dans la vie d'une entreprise. Cette dernière doit se parer de tous ses plus beaux atours afin de se vendre plus facilement à des investisseurs toujours plus exigeants. Alors que pourraient penser ces mêmes investisseurs si les salariés de l'entreprise ne participent pas à l'introduction ? Simple. Ils se diront simplement "Comment se fait-il que les salariés n'aient pas suffisamment confiance en leur société pour y placer leur économie ?". Le succès d'une introduction peut ainsi dépendre de l'accueil qu'elle aura reçu auprès des salariés.

Dans le même esprit, une introduction qui s'explique par la cession d'actions des dirigeants pose des questions. Pourquoi les dirigeants vendent-ils leurs titres ? Pourquoi ne procèdent-ils pas à une augmentation de capital ?

... une société annonce de lourdes pertes ?
L'annonce de lourdes pertes s'accompagne le plus souvent d'une annonce d'un plan social. Certains verront dans la bourse un être asocial qui se délecte des licenciements. En effet, au premier abord, les marchés semblent apprécier les lourdes pertes et les licenciements. Mais pourquoi ? Tout simplement parce que les marchés anticipent. Les lourdes pertes avaient été anticipées et l'annonce d'un plan de restructuration rassure le marché sur le devenir de la société. Si au contraire le plan de restructuration n'est pas jugé suffisant, le titre continuera de chuter.

Le titre peut également continuer à chuter car le marché n'avait pas anticipé de tels problèmes. Ainsi, en 1998, l'annonce d'un plan de licenciement deux fois supérieurs aux estimations au sein de Boeing a causé la panique chez les investisseurs, et le titre a fortement chuté suite à l'annonce. L'évolution du titre dépend donc en grande partie des anticipations du marché.

La bourse ne se félicite en rien de voir une entreprise licencier, mais elle apprécie de voir que la société verra sa rentabilité augmenter à horizon 2 ans ou tout simplement le spectre de la faillite s'éloigner.

... Wall Street ouvre ?
Les bourses européennes tentent de plus en plus de se dissocier de Wall Street. Il n'en reste pas moins qu'à l'ouverture de Wall Street, à 15h30, heure française, les marchés sont fébriles. En cas de forts mouvements de la bourse américaine, les bourses européennes risquent toutes de suivre. La bourse de Tokyo a elle toujours eu moins d'importance, en France, que les bourses américaines. Mis à part le fait que les horaires de cotations sont totalement déconnectées (Tokyo est ouvert pendant que Paris est fermé), les économies sont par trop différentes pour pouvoir être comparables.

Wall Street est encore à ce jour le symbole de la première puissance mondiale.

... une monnaie est dévaluée ?
La dévaluation d'une monnaie est à la fois une bonne et une mauvaise chose. La dévaluation ou baisse brutale de la valeur de la monnaie décrétée par la Banque centrale ou le gouvernement du pays, est due le plus souvent à de graves problèmes de déficits de la balance des paiements du pays. En dévaluant sa monnaie, la Banque Centrale espère voir s'accroître sensiblement les exportations (les produits fabriqués dans le pays deviennent meilleur marché à l'étranger), ralentir les importations (les prix des produits importés s'envolant). Cet afflux de devises permettra de faciliter à court terme le retour à l'équilibre de la balance monétaire. Le décrochage de la livre sterling du SME en 1992 qui s'est accompagné d'une dévaluation a ainsi dopé l'économie.

Il n'est désormais plus possible pour les pays membres de l'union monétaire en Europe de dévaluer leurs monnaies. Le niveau de l'Euro est ainsi identique que vous soyez riche ou pauvre, importateur ou exportateur. Ceci implique une plus grande rigueur dans la tenue des comptes. L'arme de la dévaluation n'est plus à disposition des pays membres. Cette arme est à double tranchant. En accroissant le coût des importations, la dévaluation peut aussi entraîner de nouvelles dévaluations.


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... deux sociétés d'un même secteur fusionnent ?
Les rumeurs de fusions sont plus nombreuses que les fusions elles mêmes. De ce fait, les investisseurs restent de plus en plus prudents vis à vis de ces annonces. La réaction des marchés diffère en fonction des sociétés qui fusionnent, et des objectifs poursuivis dans l'opération. En pratique, les opérations de rachats (OPA, OPE...) sont favorables pour les actionnaires de la société rachetée. Ces derniers obtiennent le plus souvent de confortables primes pour accepter de céder leurs titres. Cette prime est d'ailleurs plus élevée pour les OPA que pour les Offres Publiques d'Echange. On constate ainsi que la richesse créée à court terme par la fusion est transférée aux actionnaires de la société cible au détriment des actionnaires de la société initiatrice de l'offre. Mais que ce soit une fusion ou un rachat pur et simple, le vainqueur, et le seul, est bien celui qui met la main sur la société quelque soit le prix auquel il achète. Pour la société cible, le rachat hostile est un constat d'échec pour la direction qui n'a pu protéger son entreprise par une meilleure valorisation du cours de bourse.

L'économie se complexifie et chaque nouvelle doit être étudiée avec attention. Il n'y a plus de "si il se passe cela, le cours monte ou baisse". Il est de plus en plus difficile d'appliquer des schémas préétablis. Chaque information devra donc être étudiée avec son environnement.