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Le questionnaire de l'investisseur : le passeport pour investir

Bourse pratique

Depuis le 1er novembre et la mise en place de la directive dite MiFid ou Markets in Financial Instruments Directive, chaque broker se doit à la fois de connaître ses clients de façon plus précise mais aussi d'étudier leur situation financière eu égard à leurs connaissances. Les particuliers ne sont ainsi plus totalement égaux devant le monde de l'investissement boursier. Alors que certains auront accès à un large panel d'outils et de marchés, d'autres devront se contenter du seul marché actions.

En effet, lors de toute ouverture de compte-titres, mais aussi pour les comptes déjà ouverts, chaque investisseur se doit de remplir un questionnaire complet sur ses connaissances et sa situation financière. L'objectif est simple : éviter d'éventuelles pertes non supportables et protéger l'épargnant de lui-même. Avec la crise financière de 2008, et la ruine de plusieurs particuliers, les autorités boursières ont privilégié la sécurité des investisseurs à la liberté à tout crin.

Votre broker, une fois le questionnaire rempli par vos soins, pourra déterminer votre profil et vous accorder ou vous refuser certaines pratiques. Ainsi si vos connaissances sont extrêmement limitées, il y a fort à parier que vous ne puissiez acheter que des actions, sans avoir accès à la vente à découvert, au SRD, ou encore aux produits dérivés. Au contraire, un investisseur féru depuis plusieurs années se verra proposer de nombreux marchés, bien plus complexes et risqués que le simple marché Action. Il est en effet dangereux pour un particulier de s'investir sur un marché sans qu'il n'en comprenne les rouages.

Ce questionnaire a toutefois un défaut majeur : l'investisseur est laissé seul devant celui-ci, et peut répondre de façon totalement trompeuse. Rien ne prouve qu'un futur client investit réellement depuis plus de dix ans de façon très active sur les marchés, malgré ses réponses. Il peut en effet se renseigner avant pour connaître les réponses exactes aux questions, ou encore faire répondre un ami investisseur. Il va sans dire que les autorités de marché cherchent à limiter les risques pris par les investisseurs. Si ces derniers souhaitent toutefois prendre des risques, rien ne les en empêche.

Chaque broker a développé son propre questionnaire mais plusieurs questions reviennent fréquemment. Voici quelques unes des questions les plus fréquentes :

- Quel est votre niveau boursier sur différents marchés (US, etc.) et différentes pratiques (SRD, vente à découvert, etc.) ?
La vente à découvert ou l'achat à effet de levier sur le marché Actions sont des pratiques dangereuses, surtout en périodes de turbulences boursières. Vos réponses vont permettre d'affiner votre niveau de levier sur le SRD par exemple.

- Estimez votre niveau de connaissance suivant différents produits (actions, warrants, etc.)
N'espérez pas opérer sur le Forex si vous précisez que vous n'avez aucune connaissance sur le marché des devises.

- Quelle est votre fréquence d'investissement (1 ordre par an, etc.) par marché ?
Un investisseur actif aura vraisemblablement une connaissance plus fine des marchés financiers, qu'un particulier qui intervient deux fois par an.

- Quels sont vos revenus ? Quel métier exercez-vous ? Quel est le montant de votre patrimoine ?
Le broker mettra alors en rapport votre portefeuille boursier avec vos revenus et patrimoine. Un investissement boursier se doit être un complément, et non, essentiel. En effet, si vous profil tend à prouver que vous aimez les risques, le broker pourra être tenté par réduire vos possibilités si vos revenus sont faibles.

- etc.

Le broker a le choix dans les questions qu'il pose. Vraisemblablement il profite de ce questionnaire obligatoire pour obtenir le maximum d'informations sur ses clients. Informations qui pourraient être utilisées à des fins commerciales. La MiFid précise en effet que le questionnaire a pour objectif d'avoir une parfaite connaissance de son client pour le broker. Toutefois, il est bien précisé que ces questionnaires ne seront aucunement transmis aux services fiscaux.


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L'absence de réponse à ce questionnaire vous empêchera donc d'ouvrir un compte titres. Il a donc un caractère obligatoire. Toutefois, au vu des questions posées, il ne représente que les interrogations que doit se poser chaque investisseur avant d'ouvrir un compte. Ce questionnaire formalise les questions que chaque investisseur s'est déjà posé : ai-je les compétences pour investir en bourse ? n'est-ce pas trop risqué d'investir sur tel produit ? Il ne s'agit là que d'un formalisme supplémentaire, mais qui prend tout son sens, s'il permet d'éviter que certains particuliers prennent des risques incongrus sur les marchés.