Analyse fondamentale


Privatisations et particuliers, une longue histoire

Les privatisations sont sans nul doute l'une des opérations financières qui a le plus favorisé l'actionnariat public dans les années 80. Les entreprises nationalisées, après la seconde guerre mondiale et au début des années 80, se sont retrouvées sur le marché au plus grand bonheur de leurs futurs actionnaires. Les années 90 et 2000 ont aussi apportées leur lot de privatisations dans tous les secteurs d'activités.

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Qu'est-ce-qu'une privatisation ?


En opposition à la nationalisation, la privatisation consiste en une mise sur le marché de titres détenus par l'Etat. Autrement dit, l'actionnariat de l'entreprise publique change. Anciennement 100% d'origine publique, la composition de l'actionnariat évolue et accueille désormais des actionnaires privés -particuliers, entreprises, etc.-. Il existe différents types de privatisations. La privatisation partielle consiste en la cession de titres détenus par l'Etat. L'Etat, le plus souvent, conserve une minorité de blocage destinée à bloquer certaines décisions de l'entreprise. Ainsi, l'entreprise ex publique bénéficie des capitaux privés mais l'Etat peut empêcher certaines orientations stratégiques. Dans la privatisation totale, le contrôle n'est plus exercé par l'Etat mais par les seuls actionnaires. L'Etat n'est plus du tout actionnaire.

Comment l'Etat privatise ?


La privatisation ne consiste pas forcément en une mise globale de 100% des titres sur le marché en une seule fois. Les entreprises publiques étant souvent des géants dans leur secteur, une privatisation globale pourrait être difficile à mettre en oeuvre. Ainsi pour privatiser, l'Etat pourra :

Fusionner une entreprise d'Etat avec une entreprise privée.
Le controle de l'Etat sur la nouvelle entité baisse naturellement et peut tomber sous les 50%. Si une entreprise publique fusionne avec une société privée de taille supérieure, l'Etat détiendra alors moins de 50% de l'ensemble, et l'ancienne entreprise publique devient une entreprise privée, même si l'Etat détient une part non négligeable du capital de la nouvelle entité;

Ouvrir le capital d'une entreprise d'Etat en vendant les titres sur le marché.
L'Etat présente l'entreprise publique, détaille ses objectifs, ses fondamentaux, et propose ses actions à l'ensemble du marché boursier, particuliers compris. Ainsi, n'importe qui peut acquérir des titres de cette société nouvellement privatisée. Ce type de privatisations est très recherché car l'Etat fixe souvent un prix inférieur à la réelle de l'entreprise pour favoriser sa mise sur le marché;

Ouvrir le capital d'une entreprise d'Etat en vendant les titres à une autre entreprise ou à des institutionnels.
Une privatisation limitée aux seuls investisseurs institutionnels ou encore aux entreprises peut s'expliquer par la complexité des métiers de l'entreprise publique, ou encore de l'intérêt stratégique à confier les rênes de l'entreprise à un autre groupe du même secteur. Pour les entreprises publiques mal au point, la valorisation sera plus intéressante pour l'Etat si des investisseurs institutionnels s'investissent pour relancer l'entreprise. Les particuliers sont privilégiés principalement pour les entreprises publiques en bonne santé financière;

Augmentation de capital réservée.
Faciliter l'actionnariat salarié en permettant aux salariés de détenir des titres d'une entreprise d'Etat. Ainsi, le personnel de l'entreprise publique, n'est plus seulement salarié, mais il détient aussi une part du capital de l'entreprise. La part des salariés au capital reste toutefois minoritaire, surtout compte tenu de la taille des entreprises publiques.

Avantages liés aux privatisations


Afin d'attirer l'attention des français vers les sociétés privatisées, plusieurs avantages leur sont proposés. Ces avantages bien que non automatiques sur toutes les privatisations ont permis de créer un intérêt fort pour les particuliers.

Frais de courtage à l'achat offerts
Alors que les frais de courtage peuvent grever de façon importante la performance d'un investissement, les frais de courtage à l'achat sont offerts lors d'une privatisation. Ainsi au moment de la souscription de titres liés à une privatisation, l'investisseur n'aura qu'à débourser le montant des actions, et non d'éventuels coûts supplémentaires. Cet aspect est notamment important dans les opérations très attendues, où l'investisseur ne pourra obtenir que quelques actions.

Gratuité des droits de garde pendant 18 mois
Beaucoup de particuliers cèdent leurs titres après quelques jours de détention pour réaliser de substantielles plus-values. Afin de transformer cet actionnariat volatil en actionnariat stable, les droits de garde sont offerts pendant les 18 premiers mois de détention. Ainsi, dès que vous détenez des titres achetés lors d'une privatisation, plus de 18 mois, alors les droits de garde ne sont plus dus. Attention toutefois. Si par la suite, vous achetez des titres de sociétés privatisées, vous n'aurez pas le droit à cet avantage. Il n'est offert qu'aux personnes qui ont souscrit initialement à la privatisation.

Attribution d'action gratuite
Au bout de 18 mois, les détenteurs qui ont conservé leurs titres peuvent bénéficier d'actions gratuites. Le plus souvent 1 pour 10 détenus. Le risque, à l'issue de cette distribution gratuite, est de voir de fortes ventes de titres. En effet, les actionnaires n'ont alors plus rien à attendre en conservant leurs titres plus longtemps.

Rabais sur le prix public
Les particuliers bénéficient d'un rabais sur le prix offert. Ainsi les particuliers payent leurs titres moins chers que les institutionnels. Ce rabais est uniquement destiné à attirer les particuliers en proposant des conditions tarifaires avantageuses. Les institutionnels eux investiront à cause des qualités intrinsèques de l'entreprise.

Taux de service non appliqué
Pour la première catégorie de réservation, les souscripteurs reçoivent un nombre d'actions fixe. Le taux de service ne s'applique qu'au dessus d'un minimum de titres. Ainsi, les particuliers sont garantis d'avoir une ligne de titres suffisante. Si un particulier demande 100 titres, et que le premier seuil de réservation est fixé à 50, il recevra 50 titres. Les 50 titres restant seront servis en fonction d'un taux de service dépendant de l'offre et de la demande.


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Ordres familiaux
Le particulier a la possibilité de regrouper sur un seul compte l'ensemble d'un même foyer fiscal. Ainsi un couple peut très bien acheter sur un seul compte à leur nom et au nom de leurs enfants. Cela est un bon moyen d'augmenter le nombre d'actions souscrites et d'avoir des lignes suffisamment intéressantes pour être conservées à long terme. Une petite ligne est coûteuse à long terme à cause des droits de garde notamment.

Au fil des années, les privatisations ont montré leur caractère pédagogique et rémunérateur. A n'en point douter, il sera intéressant de suivre de près les privatisations à venir. Outre les capitaux qu'elles ramènent à l'Etat français, elles améliorent les relations entre les français et les marchés boursiers.