Téléchargez gratuitement le guide des premiers pas

Mes premiers (faux ?) pas

Premiers Pas

Les premiers pas en Bourse, les premiers ordres passés, l'ouverture du compte titres sont des étapes essentielles à un bon parcours boursier. Tout comme une introduction ratée peut entamer la confiance des investisseurs sur un titre, un début difficile en bourse peut refroidir le plus motivé des investisseurs. Un élément essentiel, mais trop souvent oublié, est une connaissance minimale des mécanismes financiers. Beaucoup d’investisseurs qui ont ouvert un compte titres avec les privatisations de 1987 ou les Emprunts d’Etat de Balladur, n’ont que des notions très vagues du fonctionnement de la Bourse. Avant d'investir le premier centime, il faut prendre soin de comprendre les termes les plus courants afin d'éviter les erreurs grossières.

Nous avons interviewé Sébastien Dufil (ndlr : cofondateur d'Edubourse) pour qu'il nous en apprenne plus sur ses débuts en bourse.

Comment vous est venu cette passion pour la Bourse ?
J’ai découvert l’univers de la finance et de la bourse avec les émissions de fin de journal de René Tendron. L’entendre énumérer ces listes de sociétés dont j’ignorais jusqu'à l’activité me fascinait. Comprendre pourquoi un titre pouvait monter ou chuter en quelques séances me restait toutefois incompréhensible.
Dès 16 ans, j’ai commencé à trader virtuellement. De façon extrêmement simple, j’achetais des titres (souvent des mines d’or, les plus sujettes à variation à l’époque). Je récupérais les cours via le quotidien « Le Parisien » et j’investissais pour plusieurs milliers de francs, sans aucun frais et sans impôt. Le bonheur ! Dès le lendemain, je revendais mes titres. Si le cours avait monté, je prenais ma plus-value virtuelle. Si le cours avait baissé, j’essayais de me persuader qu’en fait je ne les voulais pas vraiment. Bref, de très belles performances à l’époque.

Quel âge aviez-vous lors de vos premières opérations ?
Ne souhaitant pas bénéficier d’une éventuelle émancipation, j’ai attendu, patiemment, mes 18 ans afin de réaliser mes premières opérations. Dès l’ouverture de mon premier compte chèques, puis d'un compte titres, je passais mes premiers ordres à l'agence bancaire auprès de ma conseillère clientèle peu habituée à l’époque et surtout peu compétente.

Quels ont été vos critères d’achats ?
Dès mes premiers achats, j’ai partagé équitablement mon portefeuille entre de l’Euro Disney et de l’Eurotunnel. Deux valeurs qui à l’époque étaient encore synonymes de forts rendements sur le long terme. Les dettes et autres problèmes de croissance n’avaient pas été encore envisagés.
Pourquoi ces deux valeurs ? principalement pour des raisons de rendements. J’avais à l’époque une optique très patrimoniale (privatisations, emprunts d’Etats). J’évitais soigneusement les valeurs spéculatives avec lesquelles je gagnais des millions… virtuellement. Eurotunnel et Euro Disney correspondaient à ces objectifs de long terme.

Quel intermédiaire financier aviez-vous choisi pour vos achats ? et pourquoi ?
Mes premiers investissements ont été réalisés sur un compte titres ouvert à la suite de mon compte chèques, auprès d’une banque classique. En 1993, les brokers On Line et Internet n’avaient pas fait leur apparition, et seules les grandes banques (ou les sociétés de bourse) proposaient l’accès aux marchés boursiers.

Comment ont évolué vos premiers investissements ?
Mes deux valeurs phares se sont orientées, après plusieurs mois, durablement à la baisse. Chaque mois était synonyme de nouvelles baisses. J’étais découragé mais je n’envisageais nullement de céder mes titres. Les séances se suivaient et se ressemblaient sans que les cours de mes valeurs n’aient plus aucun intérêt pour moi.
Une énième augmentation de capital d’Eurotunnel me décida à prendre mes pertes, à la fois sur Eurotunnel et sur Euro Disney. Ces premières pertes ont été difficiles à prendre mais m’ont permis de rebondir sur d’autres valeurs, à potentiel positif.

Avez-vous souvenir d’une erreur, liée à votre méconnaissance des mécanismes boursiers, qui vous a coûté cher ?
Peu de temps après l’épisode « Euro », Métropole TV, plus connu sous le nom de M6, lance son introduction en bourse. Très motivé par cette introduction, je prends contact avec ma conseillère clientèle de cette grande banque. Cette dernière, toujours ravie de générer des frais de courtage, m’encourage à augmenter mon prix d’achat pour participer à l’introduction. Ne connaissant pas les modalités exactes de l’ordre, et Edubourse n’existant pas encore, je décide de suivre son conseil et d’augmenter mon prix de 10 francs (un peu au hasard il est vrai). Quelques jours après, l’introduction se déroule avec succès. Le taux de service est raisonnable mais j’apprends que je n’ai obtenu aucun titre. Je vérifie les modalités ainsi que mon prix, et je constate qu’il s’agissait d’une OPF, offre qui n’accepte pas un ordre différent du prix fixé par la société. Le conseil de ma conseillère m’a empêche d’obtenir une plus-value plus qu'acceptable.


Téléchargez gratuitement le guide des premiers pas

Et maintenant, où en êtes-vous ?
Après quelques années d’investissements divers et variés (Second Marché (ndlr : le Second Marché a été fondu dans l'Euronext d'Eurolist), Hors Côte, day-trading), la crise asiatique de 1998 et le krach de certains valeurs ont eu raison de mon portefeuille qui avait bien gonflé au fil des ans. Depuis, la Bourse est redevenue ce petit monde virtuel de mon adolescence.

Que diriez-vous à une personne qui souhaiterait se lancer en Bourse aujourd’hui ?
Apprendre les mécanismes boursiers et connaître le métier de l’entreprise. Trop d’investisseurs achètent encore un titre juste sur rumeurs sans même comprendre le métier de l’entreprise.

Nous remercions Sébastien Dufil pour avoir répondu sincèrement et honnêtement à nos quelques questions.