Téléchargez gratuitement le guide des premiers pas

Pourquoi ne pas s'introduire en bourse ?

Introductions

Alors que l'introduction en bourse semble être le Saint Graal de bons nombres de chefs d'entreprises, d'autres sociétés aiment à être discrètes, à ne pas se faire remarquer, et à faire leur petit bonhomme de chemin sans s'afficher en bourse. Les avantages d'une introduction en bourse ne sont plus à lister tant ils sont nombreux et connus. La simple présence d'une société en bourse rassure les fournisseurs et apportent une visibilité accrue vis à vis de la clientèle. Mais plusieurs sociétés ont décidé volontairement de ne pas s'introduire. Non pas qu'elles n'en aient pas les possibilités, mais elles ne le souhaitent pas. Pourquoi donc ne pas vouloir s'introduire en bourse ? Les raisons sont nombreuses.

Rester discret
La discrétion et la confidentialité sont souvent les armes des entreprises dans la course à la concurrence mondiale. La moindre stratégie dévoilée et un concurrent peut vous prendre de vitesse. L'introduction en bourse implique de nombreuses contraintes. Ainsi, l'entreprise doit informer régulièrement les investisseurs sur ses comptes mais également sur sa stratégie. Il peut alors être aisé pour un concurrent de décortiquer avec soin le rapport annuel de l'entreprise et d'y déceler les pôles de croissance et les points faibles de la société. Rien ne l'empêchera ensuite de l'attaquer sur ses points faibles.

La diffusion du bilan et des comptes de résultats est une obligation légale. Que vous soyez coté ou non en bourse. Toutefois, en pratique, bons nombres de sociétés ne diffusent pas ces informations. Alors certes, elles encourent des poursuites civiles et pénales, mais dans les faits, les amendes restent légères et les poursuites pénales inexistantes pour les sociétés en bonne santé. Ainsi, un grand nombre de dirigeants ne communique pas sur leurs comptes.

Alors que les bilans et comptes de résultats doivent être publiés par tous, la stratégie du groupe reste une chose confidentielle. Mais pour les sociétés cotées, elles se doivent d'expliquer aux investisseurs et à leurs actionnaires, quelle orientation a été choisie. De fait, les concurrents disposent d'informations intéressantes comme le montant des investissements réalisés dans tel ou tel secteur d'activités. En pratique, les grandes sociétés ne dévoilent pas précisément ces éléments.

Limiter les démarches administratives
Outre les obligations d'informations financières, les sociétés se doivent de respecter un formalisme plus ou moins lourd suivant le marché concernant la mise en forme des données qu'elle procure. Ainsi, il n'est pas rare que l'entreprise doive modifier en profondeur sa façon de générer ses comptes pour répondre aux normes internationales les plus pointues. De plus, point question pour l'entreprise de diffuser son rapport annuel en retard, elle devra communiquer avec ponctualité afin d'éviter toute désaffection de ses investisseurs.

Répondre aux demandes d'une multitude d'actionnaires
Gérer une société non cotée ne se fait pas de la même façon qu'une société cotée. La première ne devra répondre de ses actes qu'auprès d'une poignée d'investisseurs, et non d'une multitude d'investisseurs ayant des objectifs différents. Prenons le cas d'une entreprise familiale. Avant son introduction, elle a une trentaine d'actionnaires, tous plus ou moins liés à la famille d'origine. Certains y ont travaillé, d'autres non, mais tous ont un attachement particulier avec cette entreprise. Le nouvel actionnaire qui pour certains ne connaît l'entreprise que depuis quelques jours n'a pas ce même attachement. Il n'hésitera pas à vendre ses titres si la stratégie ne lui convient pas. Le dirigeant devra donc à la fois satisfaire les actionnaires historiques et les nouveaux actionnaires. Un exercice parfois délicat.

Les nouveaux actionnaires sont souvent friands de plus values rapides et de rentabilité. Une trésorerie excessive ou des immobilisations jugées trop élevées, et ces nouveaux actionnaires pourraient être amenés à faire pression sur le management pour céder le siège social ou encore pour redistribuer une partie de la trésorerie. Autant d'éléments qui privilégient la rentabilité à court terme à la stratégie à long terme. Le dirigeant d'une entreprise non cotée aura tendance naturellement à orienter sa stratégie vers le long terme.

Eviter les coûts financiers
S'introduire en bourse n'est pas un acte gratuit. Les acteurs en jeu sont nombreux et chacun veut sa part du gâteau. L'entreprise récoltera certes de nouveaux capitaux, et encore, uniquement en cas d'augmentation de capital, mais les banques d'affaires, Euronext, et autres institutions percevront leurs dîmes dans tous les cas de figures. Ainsi pour préparer le dossier et préparer l'introduction, la société devra faire appel à une banque d'affaires ou à un spécialiste des introductions. De plus, vous devrez communiquer massivement pour attirer les investisseurs. Ces derniers n'iront pas vers vous naturellement. Vous devez faire connaître un minimum votre société pour que les investisseurs achètent vos titres. Par la suite, une fois cotée, le coût n'est pas nul. Ainsi, plusieurs sociétés n'hésitent plus à se retirer de la cote si le coût est supérieur aux bénéfices attendus.

Le coût peut même devenir prohibitif si suite à des mauvaises conditions de marché, l'entreprise doit retirer son introduction après avoir fait toutes les démarches nécessaires. Les introductions ne sont bien souvent que reportées mais de nouvelles dépenses devront alors être engagées.


Téléchargez gratuitement le guide des premiers pas

Un coût plus élevé que la dette
Les actionnaires sont plus exigeants que les banquiers. Ils prennent davantage de risques. Ainsi alors qu'en cas de difficultés financières, l'actionnaire n'a le droit à rien, le banquier n'hésitera pas à récupérer les biens qu'il a permis de financer. Les actionnaires exigent donc une rentabilité plus élevée que le simple banquier. De fait, une entreprise qui est en mesure d'emprunter correctement auprès des banques, aura davantage intérêt à s'endetter qu'à accroître ses capitaux propres. Attention toutefois à ce que les dettes ne soient pas trop élevées par rapport aux capitaux propres.

Eviter les tensions auprès des salariés
Autant un dirigeant connait l'évolution de son chiffre d'affaires bien avant ses salariés, autant un dirigeant ne peut contrôler le cours de bourse de son titre. Ainsi, en cas de baisse du chiffre d'affaires, le dirigeant pourra communiquer tranquillement auprès de ses salariés pour leur expliquer d'éventuelles restructurations. Autant, il ne pourra pas prévoir une baisse soudaine des cours. Le cours peut totalement être déconnecté de la réalité économique de l'entreprise, et il est alors difficile pour le dirigeant d'expliquer que l'entreprise est en bonne santé alors que le cours chute. Et ce, d'autant plus si les salariés sont également actionnaires de l'entreprise. Il conviendra donc de discuter très longuement avec les salariés afin d'éviter que le cours de bourse n'influence leur moral ou encore la qualité de leur travail.

Pour vivre heureux, vivons caché. Plusieurs sociétés et non des moindres, ont choisi ce proverbe pour continuer à croître. La Bourse n'est en rien obligatoire pour se développer même si elle peut en accélérer fortement la croissance. La bourse, oui, mais pas à tout prix.