Téléchargez gratuitement le guide des premiers pas

Plan de relance : par l'offre ou la demande ?

Krachs boursiers

Les crises économiques sont fréquentes. Elles sont liées à la nature même du capitalisme qui conduit à l'éclatement des bulles. De tout temps, des crises financières ou économiques ont ponctué la vie des économies. Ces crises peuvent être de quelques mois ou de quelques années, mais se traduisent le plus souvent par une intervention des Etats. L'Etat met alors en place un plan de relance afin de dégripper la machine économique et ainsi éviter la récession ou encore le chômage de masse.

Le plan de relance a été utilisé par tous les Etats dans le monde quelque soit leur orientation politique ou économique. Le plan de relance le plus connu est sans doute celui qu'ont mis en place les Etats-Unis pour relancer une économie en pleine récession après la crise de 1929. Au début des années 80 en France, un plan de relance par la demande fut également mis en place pour contrecarrer l'envolée du chômage due aux crises pétrolières.

L'Histoire nous a appris qu'un plan de relance doit être étudié en fonction du pays concerné. Un plan peut très bien réussir pour un pays et totalement échouer pour un autre. Ces réussites ou ces échecs tiennent notamment compte de la structure économique du pays ou encore de son degré d'ouverture par rapport aux autres économies.

Pour mener à bien un plan de relance, chaque état dispose de moyens puissants.

- le budget
L'Etat d'un pays dispose de ressources financières propres importantes. Ces ressources proviennent des impôts mais aussi de sa capacité d'emprunts sur les marchés. L'Etat peut donc accroître ses déficits ou profiter de ses excédents pour relancer la machine. Il peut alors s'agir d'investissements, d'augmentations des traitements des fonctionnaires, de réductions d'impôts, ou encore d'hausses des prestations sociales.
Les déficits générés impliquent toutefois que les Etats devront ensuite rembourser les nouvelles dettes contractées et payer les intérêts dus aux préteurs.

- la règlementation
L'Etat a un pouvoir règlementaire puissant et en France, l'Etat fixe le niveau minimal de rémunération des individus à travers le SMIC ou Salaire minimum interprofessionnel de croissance. L'Etat peut ainsi augmenter le SMIC de 10% en toute légalité.
Toutefois une augmentation rapide du SMIC peut provoquer une dégradation rapide de la santé financière des entreprises et conduire à des faillites, si la hausse est trop soudaine.

- la monnaie
Un outil puissant que les Etats utilisent quasi quotidiennement via les banques centrales est l'arme de la monnaie et du crédit. En abaissant les taux directeurs, un Etat favorise le crédit et donc l'investissement. Toutefois en cas de crise forte, l'arme des taux d'intérêts peut être insuffisante car les banques centrales ne peuvent durablement prêter à des taux très bas, voire nuls. Et dans tous les cas, elles ne peuvent prêter à des taux négatifs.

Les politiques de relance économique s'appuient sur une donnée essentielle : la loi de l'offre et de la demande. Ainsi toute relance passe, soit par la demande des consommateurs en accroissant leurs revenus, soit à travers l'offre en développant l'investissement. Bien sur, il est également possible de faire une relance mixte incluant des aides à l'investissement et à la demande.

Relance par la demande


Initiée par John Maynard Keynes (économiste britannique né le 5 juin 1883 éet décédé le 21 avril 1946), la relance sur la demande se base sur le coefficient multiplicateur de Keynes. Si vous donnez 10 à un citoyen, il les consommera, entraînera une nouvelle production de 10 qui nécessitera des employés qui seront payés en conséquence.

Déficit
budgétaire
$leTitre
Hausse des revenus
des ménages
$leTitre
Hausse de la
consommation
$leTitre
Hausse de la
production
$leTitre
Baisse du
chômage
$leTitre
Hausse des
revenus


La relance par la demande s'appuie donc sur le fait que l'argent versé aux particuliers sera consommé et entrainera un cercle vertueux de la production. L'Etat récupérera alors une partie des sommes engagées via les impôts.

Pour relancer la demande, plusieurs pistes sont envisageables à savoir :
- une baisse des impôts
- une augmentation des revenus (Smic, retraites, baisses des cotisations, dons, etc.)
- une baisse des coûts du crédit
- etc.

Les pistes sont nombreuses et se traduiront rapidement par une amélioration des conditions de vie des personnes ayant reçu ces aides. Toutefois, une relance par la demande implique un environnement particulier :

- les citoyens ne doivent pas épargner. L'augmentation des revenus ne doit pas se traduire par une hausse de l'épargne mais par une hausse de la consommation. Il est donc nécessaire de cibler les foyers les plus à même de consommer, les foyers les plus pauvres. Toutefois, la demande étant une affaire de confiance, rien ne prédit qu'une hausse des revenus mettra davantage en confiance les citoyens pour qu'ils consomment. Ils en profiteront peut être pour épargner.

- l'économie du pays doit être relativement fermée. Si les importations sont élevées, l'augmentation des revenus risque de se traduire, au moins dans un premier temps, par une hausse sensible des importations. La relance des années 80 en France s'est traduite par un déficit commercial record pour l'époque.

- les industriels doivent disposer de capacités de productions inutilisées. Si les industriels ne peuvent rapidement répondre aux besoins des consommateurs, la hausse des revenus risque de se traduire par une hausse des prix car la demande sera alors supérieure à l'offre.

La relance par la demande est donc une piste intéressante mais n'est pas exempte de critiques, tout comme la relance par l'investissement. Chaque plan a ses avantages et ses inconvénients.

Relance par l'offre


La relance par l'offre plus connue sous le nom de relance par l'investissement fut théorisée par Jean-Baptiste Say, théoricien français né le 5 janvier 1767, et décédé 14 novembre 1832. Pour lui, il est plus intéressant d'investir dans l'offre des entreprises car les consommateurs ne peuvent débourser que les revenus qu'ils ont alors que l'offre a moins de limites. Une hausse de la production entrainant naturellement une hausse de la masse globale des salaires grâce à une diminution du chômage.

Ce type de relance est une réponse macro-économique à plus long terme. Alors que le consommateur dispose immédiatement d'argent pour consommer dans un plan de relance par la demande -la baisse du chômage intervenant dans un second temps-, dans une relance par l'offre, le surplus de consommation ne pourra provenir que des salariés qui pourront faire des heures supplémentaires ou des salariés qui ne seront plus au chômage.


Téléchargez gratuitement le guide des premiers pas

La crise financière de 2008 pousse de nombreux pays à mettre en place des plans de relance. Le Royaume Uni se concentre ainsi sur la consommation, le pays étant fort peu industrialisé. L'Allemagne mise sur une relance mixte, tant l'industrie est forte mais la consommation en berne. La France se tourne vers une politique de relance par le seul investissement en prônant notamment 1.000 projets. La réussite de ces plans ne pourra se juger que dans plusieurs années, et chaque pays pourra très bien avoir eu raison. Il ne sert à rien d'investir dans l'industrie au Royaume Uni alors que c'est un pays de services. De même qu'investir fortement en Allemagne, ne pourra avoir que des effets bénéfiques sur une économie très industrialisée.