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Obligations convertibles, mixer sécurité et rentabilité

Obligations

Les périodes de crises sont là pour nous rappeler que la bourse n’est pas simplement un jeu où tout le monde gagne. C’est avant tout et surtout des choix personnels qui peuvent influencer la valeur de votre patrimoine au bout d’une décennie. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’important n’est pas tant de sélectionner l’action la plus rentable, mais plutôt de savoir si oui ou non on doit privilégier les obligations aux actions, ou encore les Livrets d’épargne à l’immobilier. Le choix de l’obligation convertible est donc l’un de ces choix stratégiques qui influencent grandement la rentabilité d’un patrimoine.

Mise en place par une loi du 25 février 1953, une obligation convertible est un instrument financier combinant à la fois des avantages et des inconvénients des obligations et des actions. Cette obligation convertible ou OC permet donc de sécuriser son investissement tout en profitant d’une éventuelle hausse de l’action. Ainsi tout détenteur d’une OC bénéficie, tout au long de la durée de vie de l’obligation, d’un coupon. Ce coupon, le plus souvent annuel, est calculé sur le nominal de l’obligation, qui peut être fort différent de son cours ou de son prix de remboursement. Le taux d’intérêt fourni par l’émetteur de l’obligation est inférieur à une obligation classique. Ainsi il n’est pas rare qu’une OC distribue des coupons inférieurs d’un tiers à une obligation classique. Cette différence s’explique par la possibilité de convertir l’obligation en actions. En effet, une OC permet à son détenteur de convertir, à tout moment, l’obligation qu’il a, en actions de l’entreprise émettrice. Il ne s’agit nullement d’une obligation mais d’une possibilité. L’entreprise émettra alors une nouvelle action pour la livrer à l’obligataire en contrepartie de son OC. Les caractéristiques de cette conversion sont précisées sur le document d’émission de l’OC, document visé naturellement par l’Autorité des Marchés Financiers.

Les caractéristiques de la conversion précisent notamment :
le prix de conversion : prix auquel l’obligataire pourra convertir son obligation en actions. Ainsi l‘obligataire pourra transformer son obligation en action au prix de 15 euros par action par exemple;

la parité de conversion : il s’agit du nombre d’actions qu’un obligataire pourra obtenir en contrepartie de ses obligations convertibles. Cette parité évoluera avec le temps à cause des modifications sur le nombre de titres composant le capital social. Ainsi, si à l’origine, la parité est d’une action pour une obligation, elle pourra se transformer en une obligation pour 1,1 action par exemple;

l’éventuel remboursement anticipé : l’émetteur d’une obligation ne peut la rembourser qu’au moment de l’échéance de cette dernière. Toutefois, certains émetteurs précisent que le remboursement peut se faire avant l’échéance, selon certaines conditions. Ainsi l’émetteur d’une obligation convertible peut rembourser les obligataires si l’action dépasse un certain seuil. L’obligataire aura alors la possibilité de convertir son obligation ou de se faire rembourser au prix de remboursement de l’obligation, proche ou égale à sa valeur d’émission.

Ces caractéristiques ne doivent pas faire oublier les caractéristiques classiques de l’obligation à savoir l’échéance, le montant de la valeur d’émission, du nominal et du remboursement, le taux d’intérêt, etc. La solvabilité de l’émetteur est aussi un critère important à prendre en compte. Plus la société est mal notée par les agences de notation, plus le niveau d’intérêt qu’elle devra proposer aux investisseurs sera élevé.

Les obligations convertibles se catégorisent selon leur sensibilité à l’évolution de l’action. Cette sensibilité dépend en grande partie de la date d’échéance. Plus celle-ci est courte, plus la prime de conversion s’envole ou s’effondre. Prenons le cas d’une obligation de 500 euros. Cette dernière permet d’acquérir 10 actions à un cours de 120 euros. L’obligation sera remboursée dans 7 ans, et un taux d’intérêt de 5%. La valeur d’émission correspond aussi à la valeur nominale et à la valeur de remboursement. Ainsi, à l’échéance, l’investissement de 50 euros en obligation pourra se traduire par une action de 120 euros.
Plusieurs scénarios possibles, scénarios qui placeront l’OC dans telle ou telle catégorie, et seront plus ou moins probables en fonction de la date d’échéance de l’obligation.

- Au moment de l’émission
Le prix de conversion étant très supérieur au prix de l’obligation, l’obligataire n’a aucun intérêt à convertir de suite. De fait, la prime de conversion est quasi nulle. L’OC a donc un profil Taux ou Obligataire;

- 4 ans avant le remboursement
Le cours du titre peut avoir évolué de trois façons différentes. Soit le cours n’a pas bougé ou a chuté, et la prime de conversion est nulle ou presque. Si le cours a augmenté, la probabilité pour que le cours dépasse le cours de conversion avant l’échéance est forte. La prime de conversion influence donc directement la valeur de l’OC, mais le cours reste inférieur au prix de conversion. L’OC est donc jugée Mixte;

- A l’approche de l’échéance
Une nouvelle fois, la catégorie de l’obligation convertible dépend de la valeur de l’action. Si cette dernière est supérieure au prix de la conversion, l’OC aura un caractère Action très fort. La moindre évolution du prix de l’action se traduira sur le prix de l’obligation. Au contraire, si le cours de l’action est très inférieur au prix de conversion, l’OC n’aura plus qu’un caractère obligataire, et l’OC se rapprochera peu à peu de sa valeur de remboursement prévue initialement. L’OC ne sera plus sensible aux évolutions de l’action.

L’investisseur peut donc trouver dans l’obligation convertible de nombreux avantages pour des inconvénients limités. Inconvénients qui sont liés au prix de l’action. Si le prix de l’action est inférieur au prix de remboursement, l’investisseur aura perçu des coupons inférieurs au marché; Si le prix de l’action est supérieur au prix de remboursement, il n’aura pu bénéficier à plein de la hausse des cours du titre. Les fonds apprécient particulièrement les obligations convertibles car elles leur permettent de limiter leurs risques de façon simple. Attention, il est préférable pour un particulier d’acquérir une obligation convertible au moment de l’émission et non pendant la durée de vie. Une OC proche du cours de conversion peut avoir un prix totalement déconnecté de sa valeur de remboursement prévue. Ainsi si l’action chute, l’obligataire voit son investissement s’effondrer. Laforte relation entre l’obligation et l’action se traduit d’ailleurs dans la cotation même de l’OC qui s’exprime en euros et non en pourcentages.

Pour l’émetteur d’une telle obligation, les avantages sont nombreux. Ainsi, il peut obtenir un financement à meilleur marché qu’une obligation classique. L’obligation classique dégage en effet un taux d’intérêt plus élevé qu’une obligation convertible. L’émetteur ne peut convaincre les souscripteurs éventuels qu’avec son taux d’intérêt et non par une éventuelle conversion. En cas de conversion à l’échéance, la société émettrice n’est pas non plus perdante et voit ses fonds propres s’accroître alors qu’à l’origine, il s’agissait d’une dette. L’émetteur bénéficie en effet des conditions de marché pour transformer sa dette en fonds propres.

Comme toute valeur mobilière, les revenus liées aux obligations convertibles sont imposables. Quand l’obligation n’est pas convertie, la fiscalité classique des obligations s’applique. Après la conversion, les actionnaires sont alors imposés sur les plus-values au moment de la vente de ces actions. Cette plus-value se calcule entre le prix de vente de l’action, et le prix de l’émission de l’obligation convertible, et non le prix de l’action au moment de la conversion. La fiscalité sur la conversion est donc reportée au moment de la cession des actions. En ce qui concerne les dividendes, l’action nouvellement convertie bénéficie du dividende en cours si elle a été convertie avant la fin de l’exercice. Un actionnaire pourra obtenir un dividende versé le 3 mars et représentatif de l’exercice de l’année précédente, s’il a converti son OC avant le 31 décembre de l’exercice précédent. S’il a converti le 10 janvier par exemple, malgré la distribution le 3 mars, il ne pourra obtenir ce dividende.

D’autres types d’obligations hybrides ont été développés pour répondre aux besoins des investisseurs et des émetteurs. Ainsi il existe l’ORA ou Obligation Remboursable en Actions, où l’obligation est automatiquement remboursée en actions et ce quelque soit le cours de l’action. L’obligation à bon de souscription d’actions combine une obligation avec la possibilité d’acquérir des actions. L’OCEANE est une forme d’obligations convertibles très en vogue. L’émetteur peut décider de livrer une action née d’une augmentation de capital ou de l’autocontrôle ou encore d’un rachat de titres en bourse. Ainsi, alors que dans une obligation convertible classique, l’obligataire reçoit une action nouvelle en cas de conversion, dans le cadre d’une OCEANE, il peut recevoir une action détenue depuis plusieurs mois par l’entreprise. Aucune dilution des anciens actionnaires.


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L’obligation convertible peut être ainsi une bonne façon d’intervenir sur le marché actions tout en limitant son exposition au risque. Certes l’émetteur peut faire faillite, mais c’est aussi le cas des émetteurs d’actions. Au pire, l’investisseur risque donc d’avoir une performance inférieure au marché obligataire. Il vous conviendra donc d’étudier avec soin les caractéristiques des obligations convertibles, et des actions sous jacentes afin de sélectionner l’OC qui correspond le mieux à vos attentes.