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Pourquoi les entreprises s'introduisent en bourse ?

Introductions

L'introduction en bourse est une étape majeure dans la vie d'une entreprise. Toutes les entreprises n'ont pas vocation à s'introduire mais mais pour celles qui s'y destinent une introduction manquée peut remettre en cause la politique de rémunération de l'entreprise, voire déstabiliser le management en cas de crise boursière grave. Comment pensez-vous que des salariés non aux faits des pratiques de la bourse puissent supporter la chute de leur épargne salarial ? De nombreux salariés des sociétés cotées sont en effet de plus en plus actionnaires de leur entreprise. Une baisse du titre peut ainsi laisser penser que l'avenir de l'entreprise n'est plus assuré.

Mais ne dramatisons pas, l'introduction en bourse est aussi un excellent moyen de remobiliser le personnel autour d'un objectif commun qu'est la réussite de l'introduction puis l'évolution constante du cours de l'action. D'un côté le dirigeant cherchera à motiver ses salariés en leur distribuant des actions. De l'autre, il devra éviter de créer une démobilisation collective en cas d'effondrement du cours du titre. S'introduire en bourse n'est donc pas forcément la solution idéale pour toute entreprise. Découvrons pourquoi les sociétés désirent s'introduire toutefois sur les marchés.

Pour les investisseurs qui suivent de près les introductions, vous avez certainement remarqué que les raisons de l'introduction diffèrent d'une société à l'autre. L'introduction en bourse n'est effectivement pas un but en soi. Cette opération financière lourde a une raison plus ou moins objective et claire. Des entreprises masquent d'ailleurs parfois la raison réelle de l'introduction. Ces raisons peuvent être :

Sommaire

  1. Liquidifier un patrimoine
  2. Investissements à venir
  3. Se désendetter
  4. Déboucler un LBO
  5. Accroître sa notoriété
  6. Filialisation d'une activité stratégique
  7. Sortie d'un actionnaire minoritaire
  8. Préparer des opérations financières futures
  9. Récapitulatif

Liquidifier un patrimoine
Imaginez un entrepreneur qui a créé son entreprise il y a maintenant 10 ans. Son entreprise est à la fois son revenu et son patrimoine. Il a tout placé dans son entreprise depuis ces dix dernières années. Mais contrairement aux actions de sociétés cotées ou aux obligations, il sera difficile voire impossible à M. Dupont de vendre rapidement ses titres pour quelques raisons que cela soit. Il sera toujours tenu de trouver un nouvel actionnaire. Cette rechercheest longue et complexe. Avant de trouver le repreneur idéal, plusieurs mois pourront s'écouler. L'introduction en bourse de sa société lui permettra de vendre plus facilement ses titres à l'avenir, et donc verra son patrimoine plus liquide que par le passé. Il va de soi que cette liquidité n'est bien souvent qu'illusoire car pour certaines valeurs ne s'échangent que quelques titres quotidiennement. Toutefois la mise sur le marché d'une partie de son patrimoine permettra à M. Dupont de diversifier son patrimoine en obtenant des liquidités. Il peut par exemple envisager de céder dès aujourd'hui une part du capital de l'entreprise lors de l'introduction puis programmer des cessions successives sur les années à venir.

Cette raison peut se comprendre pour l'entrepreneur mais risque d'inquiéter les futurs investisseurs. Ces derniers hésiteront peut être à investir dans une société où le dirigeant-fondateur souhaite se retirer de la gestion.

Investissements à venir
L'entreprise décide d'augmenter son capital pour financer de nouveaux investissements. Les anciens actionnaires ne souhaitent pas ou ne peuvent pas participer à cette augmentation, l'introduction est donc décidée afin de lever des fonds sur le marché. C'est l'un des cas les plus fréquents lors des introductions en bourse. Plus les besoins en capitaux de l'entreprise sont élevés, plus l'introduction en bourse devient la solution idéale. Encore faut-il que les investissements prévus par la société ne soit pas démesurément risqués auquel cas l'introduction a toutes les chances d'échouer. La réussite de l'introduction dépendra donc de la nature des investissements, et des objectifs poursuivis. Une entreprise désireuse d'investir pour doper la productivité de ses usines apportera plus de sécurité à ses futurs actionnaires qu'une société qui souhaite se lancer sur un marché inconnu.

Le détail des investissements sera donc nécessaire pour que les potentiels actionnaires puissent prendre ou non position sur l'opération.

Se désendetter
Certaines sociétés avouent clairement que l'objectif de l'introduction est le désendettement de l'entreprise. Cette raison est assez mal accueillie en règle générale par le marché. Les nouveaux actionnaires sont considérés comme de simples apporteurs de capitaux, en remplacement des banques. Il convient alors de se demander pourquoi une entreprise privilégie une ressource coûteuse (les actions) au détriment d'une ressource financière peu chère (l'endettement). Le marché des actions est en effet un marché plus onéreux pour l'entreprise, les actionnaires exigeant une rentabilité plus élevée que les créanciers.

Toutefois, un désendettement bien maîtrisé pourra se traduire par une amélioration très sensible de la rentabilité de l'entreprise. La structure financière d'une société peut en effet lourdement obérer la performance de l'activité. En recapitalisant l'entreprise, les frais financiers s'en trouvant diminuer, le résultat distribuable s'en trouvera naturellement augmenter. Les investisseurs se positionneront alors sur l'introduction si le potentiel de hausse du résultat peut les rémunérer.

Déboucler un LBO
Un LBO est une opération financière complexe qui consiste à s'endetter lourdement pour racheter une entreprise. Le cash flow généré par l'entreprise servira alors à rembourser la dette contractée, via des dividendes élevés. Lors des opérations de LBO (Leveraged Buy Out), les actionnaires qui y ont participé pour des raisons spéculatives souhaitent céder leurs actions plus ou moins rapidement. Dans la plupart des cas, les autres actionnaires de la société ne peuvent racheter ces titres. L'investisseur n'a donc d'autre choix que de vendre ses actions sur le marché primaire. L'introduction en bourse est une porte de sortie classique pour un LBO mais loin d'être automatique. En effet, le LBO est une opération complexe souvent mal comprise par les investisseurs. L'introduction peut alors échouer malgré les bons fondamentaux de l'entreprise. Les financiers privilégient le débouclage via une revente à d'autres financiers ou encore à la vente à un industriel.

Accroître sa notoriété
Il est fréquent de lire qu'une entreprise souhaite s'introduire en bourse pour accroître sa notoriété. Cette raison est d'autant plus vrai pour les sociétés s'introduisant sur les marchés étrangers, du type Nasdaq, qui permet une notoriété rapide au niveau mondial. Le principe de la double cotation s'explique souvent par cette recherche de notoriété. L'entreprise cherche avant tout à se faire connaître auprès de sa clientèle mais également auprès de ses autres partenaires. Une société cotée est rassurante vis à vis de ses fournisseurs, créanciers ou encore futurs investisseurs. En s'introduisant en bourse, la société s'ouvre de nouvelles perspectives de croissance en se faisant connaître auprès d'un plus large public.

Dans la plupart du temps, la seule introduction en bourse n'aura pas d'impact sur la clientèle. Si l'entreprise vend ses produits à des particuliers, la cotation ou non du titre, n'aura qu'un impact très limité. Au contraire, une société vendant en BtoB attirera une nouvelle clientèle.

Filialisation d'une activité stratégique
Depuis une dizaine d'années, les sociétés se recentrent sur leur métier d'origine, the core business, au détriment d'activités périphériques déclarées comme étant non stratégiques. Ainsi, certaines sociétés ont regroupé au sein de filiales une activité spécifique afin de l'introduire plus facilement en bourse par la suite. On peut notamment citer le cas de Rhône Poulenc, qui a souhaité se désengager du secteur chimique en mettant sa filiale Rhodia sur le marché, ou bien encore d'Alcatel qui a voulu simplifier son image en dissociant clairement Alcatel (télécommunications), et Alstom (transport). plus récemment, Vivendi et Vivendi Environnement. Ce type d'introductions permet à la fois aux investisseurs de se positionner sur un marché plus ciblé, et aux entreprises d'accroître plus facilement leurs capitaux. Les actionnaires historiques ne sont pas dilués par une énième augmentation de capital, et malgré tout, la filiale bénéficie de capitaux supplémentaires.

Pour un investisseur, il peut être intéressant de se positionner sur ce type d'opérations. Il vous sera plus facile de valoriser l'entreprise. Attention toutefois à ce que la société mère n'est pas un pouvoir trop conséquent sur sa filiale. La mise en bourse de quelques pourcents ne permettra pas aux nouveaux actionnaires de porter leurs voix lors du conseil d'administration. Dans la plupart des cas, cette filialisation se traduira à terme par une une perte totale de contrôle de l'ancienne société mère.

Sortie d'un actionnaire minoritaire
Ce cas est peu fréquent. Il se trouve le plus souvent sur les marchés peu liquides. Un actionnaire minoritaire souhaite vendre sa participation à un prix qu'il considère comme juste. Les autres actionnaires ne souhaitent pas ou ne peuvent pas lui racheter ses titres. Il cherche un nouvel actionnaire pour ses actions mais sans succès. De fait, il est en droit de procéder lui même à l'introduction en bourse en cédant ses propres titres sur le marché. Cette introduction très simplifiée permet à l'actionnaire minoritaire de céder ses titres et aux investisseurs de se positionner sur des sociétés originales qui n'auraient sans doute jamais envisagé de s'introduire en bourse. En contrepartie, la nouvelle société introduite ne cherchera que peu à développer ses relations avec ses nouveaux actionnaires, n'ayant pas décidé elle-même de s'introduire. Les échanges risquent d'être plus que limités, et les actionnaires minoritaires n'auront que très peu de poids sur la stratégie. Ces investissements sont donc à réserver aux plus avertis.

Préparer des opérations financières futures
Acquérir de nouvelles sociétés est une opération financière qui peut s'avérer très coûteuse pour l'entreprise. Les sociétés non cotées n'auront d'autres choix que de piocher dans leur trésorerie, augmenter leur capital, ou encore faire appel aux banquiers. Une société cotée aura une solution toute trouvée qui se traduira par une diminution sensible du coût de l'opération. Ainsi, en lieu et place d'un rachat classique, la société proposera à la société cible des actions de sa propre société. Cette opération financière appelée Offre Publique d'Echange permet à une entreprise cotée de grossir sans débourser un centime. L'acquisition se traduit alors par une augmentation de capital, et les actionnaires de la société cible recevront en échange de leurs titres des actions de la société acquéreuse. Une façon de limiter très fortement le coût d'un rachat.

Récapitulatif


Les tableaux ci-dessous sont tirés d'un rapport annuel de l'AMF. Ils découlent d'une étude réalisée sur un certain nombre de sociétés. Y sont notées les motivations et les réticences des entreprises vis-à-vis d'une introduction en bourse. On peut observer notamment que la perte éventuelle du pouvoir n'est pas une réticence forte de la part des entreprises. La part des actions introduites est en effet bien en-deçà d'une quelconque minorité de blocage dans la plupart des cas. Le coût de l'opération est au contraire un frein important. Introduire une société en bourse, et surtout maintenir cette cotation peut être très coûteuse pour une société. Le dirigeant doit avoir une stratégie de long terme pour sa société sur les marchés boursiers. Il n'y va pas juste pour augmenter son capital puis ne plus s'occuper de ses nouveaux actionnaires.

Motivation des sociétésRéticence des sociétés
Notoriété74,5%Suivi des cours34,7%
Financement62,3%Coût32,7%
Plus-values25,5%NC29,6%
Succession23,5%Dividende20,3%
Patrimoine4%Pouvoir11,3%


Une fois l'introduction réalisée, la satisfaction est quasi-totale concernant le facteur "Notoriété". Au contraire, la satisfaction liée au "Financement" est plus partagée. Les dépenses liées à la publicité faite autour de l'introduction aura des retombées immédiates sur l'image de marque de l'entreprise.

SatisfactionPeu élevéeElevée
Notoriété6,1%71,4%
Cours de l'action13,3%65,3%
Plus-value27,5%48%
Financement40,8%39,8%
Patrimoine33,7%37,7%
Conseils des intermédiaires financiers37,7%28,5%



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Les entreprises et leurs dirigeants ont donc de multiples raisons de s'introduire en bourse. En tant qu'investisseur, vous devrez étudier avec soin les motivations de la direction de se rapprocher des marchés financiers. Des motivations contraires à l'investisseur peuvent ainsi vous conduire à ne pas participer à une introduction pourtant jugée intéressante.