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Loi d'Okun, concept macroénomique sur la relation Croissance Chômage

Macroéconomie

Le taux de chômage est autant devenu une inquiétude quotidienne pour bons nombres de français qu'un objectif politique fort. En effet, réduire le taux de chômage est aujourd'hui le leitmotiv des programmes politiques de tous bords. Depuis plusieurs années maintenant, il n'est pas rare d'entendre qu'en France, il est nécessaire d'atteindre au moins 2% de croissance pour commencer à voir le chômage refluer. Mais d'où sort ce chiffre ? Comment est -il calculé ? Est-il fiable ?

Ce chiffre n'est en rien donné au hasard. Il est le résultat d'un concept macroéconomique usité depuis plusieurs décennies : la loi d'Okun. Développée en 1962 par Arthur Okun, un économiste américain, la loi d'Okun ou Intuition d'Okun met en relation linéaire le taux de croissance du PIB d'un pays et l'évolution de son taux de chômage. Ainsi, pour lui, le taux de chômage ne reflue pas tant qu'un niveau de croissance du PIB n'est pas atteint. Une fois ce taux franchi, le taux de chômage baisse linéairement. Selon lui, un taux moyen de croissance du PIB de 3% est nécessaire pour voir le taux de chômage diminuer. Arthur Okun est loin d'être un économiste original aux Etats-Unis. Bien que sa loi est simpliste, elle n'est que très peu critiquée. Economiste, professeur à l'Université de Yales, Arthur Okun fut un conseiller économique du Président Kennedy. C'est d'ailleurs sous ses conseils, que JFK décida de pratiquer une politique de baisses des impôts afin de doper la croissance, et réduire le taux de chômage.

La loi d'Okun repose sur deux éléments, qui détermine en grande partie la croissance minimale nécessaire à une stabilisation du taux de chômage. D'une part, la croissance de la population active. D'autre part, l'évolution de la productivité.

Evolution de la population active
Dans la plupart des pays, la population active croît. Cela signifie que le nombre de travailleurs potentiels va en augmentant. Ainsi, avant même de penser à réduire le chômage, les gouvernants de ces pays doivent absorber l'augmentation de la population active. Toutefois, il est plus aisé de doper la croissance avec une population active en hausse. Ces derniers seront plus à même de consommer et donc à faire croître le PIB. Une population active en baisse pourra avoir un impact non négligeable à court terme sur l'évolution du taux de chômage, mais à long terme, les inconvénients sont bien supérieurs aux avantages.

La France est un pays où la population active croît relativement fortement, comparativement aux autres pays européens. De plus, la différence de croissance entre la France et l'Allemagne, explique en partie la dissymétrie existante entre l'évolution du taux de croissance du chômage.

Certains théoriciens, se reposant sur la loi d'Okun, expliquent ainsi qu'il pourrait être souhaitable de juguler la démographie. Ces théories malthusiennes visent à réduire la population, active ou non, afin d'éviter d'épuiser les ressources de la planète, et dans notre cas, afin de réduire le taux de chômage.

Hausse de la productivité du travail
Autant certains pays voient leur population active réduire, autant la productivité du travail augmente quasi continuellement sur l'ensemble de la planète. Avec un même niveau de ressources, on produit davantage aujourd'hui qu'hier, et moins aujourd'hui que demain. Cette recherche de la productivité est poussée par une concurrence toujours plus accrue entre chaque acteurs. Tout naturellement, la hausse de la productivité conduit l'entreprise à ne pas embaucher malgré une hausse de la production. La main d'oeuvre nécessaire aujourd'hui à la construction d'une automobile est bien inférieure à ce qu'elle était il y a seulement dix ans. De fait, la croissance du PIB doit aussi absorber cette hausse de productivité avant de voir le taux de chômage réduire.

Cette hausse continuelle s'explique par les progrès techniques mais aussi par une meilleure formation des personnels ou encore par la courbe d'apprentissage. Elle est quasi immuable et une baisse de productivité serait très mal perçue par les économistes.

Même la réduction du temps de travail qui a aidé en partie à la baisse du taux de chômage s'est traduite par une hausse de la productivité horaire de la main d'oeuvre. Autant dire qu'il n'existe pas de recettes miracles pour réduire le taux de chômage.


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La loi d'Okun peut se résumer en deux chiffres. D'une part, un taux de croissance du PIB minimal à atteindre pour réduire le taux de chômage. D'autre part, un coefficient dit coefficient d'Okun. Ce coefficient permet de connaître, a priori, la réduction du taux de chômage en fonction d'une hausse de la croissance supérieure au taux minimal exigé. Plus simplement, le coefficient d'Okun permet de savoir si l'économie réagira rapidement à une hausse de la croissance. Ce coefficient s'est nettement amélioré en France. Ainsi, la baisse du taux de chômage est bien plus forte aujourd'hui pour 1 point de croissance qu'il y a quelques décennies. Ceci s'explique en grande partie par une meilleure flexibilité du monde du travail. Il est plus aisé d'embaucher mais tout autant de licencier. Toutefois, ce coefficient reste bien en deca des Etats-Unis. L'économie américaine est en effet très prompte à réagir rapidement à l'évolution de la croissance du PIB.

La loi d'Okun est parfois critiquée, notamment à cause de la variabilité du coefficient d'Okun. Toutefois, elle reste un concept macroéconomique simple et admis quasiment par tous. Elle est aujourd'hui utilisée par les gouvernants pour se fixer des objectifs de croissance.