Téléchargez gratuitement le guide des premiers pas

Krach boursier et complaintes en tout genre

Krachs boursiers

Le comportement humain est riche en particularismes et en bizarreries. Combien de conducteurs ont-ils clamé leur innocence devant l'agent de police en lui expliquant qu'ils n'avaient pas vu le feu rouge ? Combien de français ont-ils reporté l'échec de la France en Coupe du Monde sur l’entraîneur ? L'humain recherche toujours un responsable, un bouc émissaire, et si possible qui ne soit pas lui même. La Bourse n'échappe pas à ce phénomène.

En période de Hausse


La période de forte hausse qu'a connu la France en 1999 sur les valeurs de la Nouvelle Economie a amené sur le marché boursier de nouveaux investisseurs, comme les vagues de privatisations quelques années plus tôt. Ces particuliers, pas toujours aguerris aux mécanismes boursiers, investissaient, achetaient, vendaient, et pouvaient gagner plusieurs milliers d'euros en quelques semaines, jours voire heures pour certains. Tout semblait simple et facile. Vous achetiez, vous vendiez, vous gagnez ! La Bourse était devenue un jeu où l'on gagnait au grattage et au tirage.

1999-2000 a vu l'apparition de nombreux nouveaux sites de conseils boursiers. Le premier boursicoteur disposant d'un ordinateur, d'une connexion Internet et de quelques talents de rédaction pouvait créer son site et prodiguer ses conseils aux particuliers qui cherchaient sans cesse de nouvelles opportunités d'investissement.

Les soi-disants "délits d'initiés", "tuyaux" et autres "affaires à saisir" se passaient de main en main. Tout le monde avait des avis sur tout. Le moindre investisseur se sentait invincible après avoir fait quelques opérations rentables et prodiguait ses conseils à son entourage. Bien peu d'investisseurs se posaient les véritables questions : "Pourquoi le cours du titre monte-t-il autant ?" "Quel est le métier de l'entreprise ?".

Le nombre de comptes en ligne s'envole, les particuliers achètent, et gagnent des fortunes rapidement. Celui qui n'investit pas en bourse n'est pas "in", n'est pas "à la mode". L'important n'est plus de comprendre le fonctionnement de la bourse, et les métiers des entreprises mais d'être simplement présent en bourse et de gagner de l'argent.

Mais un jour...

En période de Baisse


Puis un jour, le "vilain marché" ralluma la lumière et les investisseurs se réveillèrent de ce doux rêve où l'indice battait record sur record. Et une question obsédante revena aux lèvres de nombreux investisseurs : "Mais que fait la société sur laquelle j'ai investi toutes mes économies ?". Et bien peu avaient une réponse claire.

Mécanismes boursiers mal compris ou mal pratiqués, méconnaissances des métiers des sociétés cotées, méconnaissances des risques liés à l'investissement boursier, oubli des règles de base... Des fortunes nouvellement créées, des économies de toute une vie, beaucoup d'investisseurs ont tout perdu. Mais l'humain a besoin de trouver un coupable, un responsable, un bouc émissaire. D'où l'apparition depuis quelques mois, semaines, de possibles plaintes annoncées auprès des différents acteurs de la Bourse.

les dirigeants : Premier coupable désigné, le dirigeant. Si le cours du titre chute, le dirigeant est coupable. C'est à lui qu'a été confié l'argent des actionnaires, c'est lui qui en est responsable directement. Mais sauf erreur de gestion manifeste, que reprocher à un dirigeant ? Certes certains ont pu faire des erreurs stratégiques mais le risque stratégique est un risque connu dans le monde de l'entreprise. On ne peut réussir à chaque fois. De plus, la baisse est généralisée et tous les dirigeants ne sont pas, loin de là, mauvais gestionnaires.

le Conseil d'administration : chargé de controler le dirigeant et de voter les décisions stratégiques, le conseil d'administration est aussi mis en cause. Mais de la même manière que le dirigeant, l'erreur est humaine.

les banques, les brokers, les sites de conseils : "les conseilleurs ne sont pas les payeurs". Cette maxime sera vraisemblablement prouvée une fois de plus. Certes, il y a pu avoir certaines manipulations liées à la présentation des différentes opérations financières mais dans la vaste majorité des conseils, le payeur reste celui qui clique sur le bouton "Acheter".

Il n'existe pas de reponsables à proprement parlé si ce n'est l'investisseur lui même. C'est de son propre chef qu'il a décidé d'acheter le titre. Même influencé, il reste maître de ses décisions.

Quelques règles de base


Beaucoup d'investisseurs auraient pu limiter leurs pertes en suivant quelques conseils de base.

Ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier : tout investir dans un seul secteur ou dans une seule valeur est une stratégie suicidaire. Une baisse du marché et le portefeuille fond comme neige au soleil. Ne pas hésiter à diversifier son portefeuille de façon sectorielle (automobile, pétrole, armement, high tech...).

Connaître l'entreprise : Trop d'investisseurs se contentaient d'investir dans des titres de la Nouvelle Economie sans même connaître le métier de l'entreprise. Certains métiers pouvaient être si "originaux" que l'on peut se demander comment ils ont pu bénéficier d'autant de fonds.

Ne pas hésiter à prendre ses pertes : Prévoir à l'avance le montant maximum que vous êtes prêt à perdre. Beaucoup d'investissements à très court terme se sont transformés en investissements à très long terme devant la baisse du cours du titre.


Téléchargez gratuitement le guide des premiers pas

Comprendre les mécanismes boursiers : Prendriez-vous le volant d'une voiture sans avoir quelques rudiments de conduite ? Iriez-vous aux Etats-Unis pour 6 mois sans parler anglais ?

La Bourse est un risque : Beaucoup l'ont oublié mais le CAC 40 n'est pas le Livret A. Vous pouvez gagner mais vous pouvez perdre.

Cette crise ne sera sans doute pas la dernière. Ce type de comportements a été fréquent depuis la création de la Bourse. Les effets ont toutefois été limités cette fois-ci. Pas de faillite de banque, pas de crise économique grave, pas de terreau pour les gouvernements extrêmistes... les marchés financiers apprennent.