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Krach de 1987 ou le lundi noir

Krachs boursiers

Lundi 19 Octobre 1987 : le DJIA s'effondre de 22,6%, contre "seulement" 12,8% au plus fort de la crise en 1929. Plusieurs centaines de milliards de dollars disparus en quelques heures, des investisseurs ruinés en une séance, des programmes informatiques qui vendent à tour de bras... Le krach de 1987 est sans doute le premier krach de notre ère informatique. Mais quelles ont été les causes de ce krach, ses caractéristiques, les façons d'y remédier et ses conséquences ?

Avant le 19 Octobre 1987


Les années 80 ont été synonymes de l'argent roi, des junk bonds et des golden boys. L'argent coule à flot, le robinet du crédit est ouvert aux particuliers, aux entreprises, et aux investisseurs. Ces derniers achètent à crédit des actions qui ne cessent de monter. Ces années de croissance boursière ont été dopées par une excellente tenue de l'économie américaine. Mais cette croissance était basée en partie sur l'endettement des ménages, et des entreprises.
Le 25 août 1987, le DJIA touche ses plus hauts historiques à 2.722,42 points, soit une hausse de 826,40 points depuis le 31 décembre 1986, une progression de 43,6% en seulement 9 mois !

Le Lundi Noir


Le 19 Octobre 1987, le DJIA perd 22,8% et entraîne dans sa chute l'ensemble des grands indices mondiaux. Mais pourquoi ce lundi ? Quelques jours plus tôt, avant le week end, deux statistiques majeures sont annoncées :

un déficit commercial US inattendu. Ce déficit commercial plus élevé que prévu met l'accent sur le fait que les Etats Unis "vivent au-dessus de leurs moyens".

et dans une moindre mesure, le relèvement des taux d'intérêt de la BundesBank. Une hausse des taux d'intérêt implique effectivement dans une économie de croissance que les Banques Centrales veulent éviter la surchauffe de l'économie et augmenter le prix de l'argent, d'où un ralentissement du crédit.

Le vendredi précédent le krach, le 16 octobre, l'indice DJIA chute de 108,4 points. Le week end de deux jours n'a pas arrêté cette pression baissière. A l'ouverture du lundi, les investisseurs tentent de se désengager du marché actions. Devant cette forte chute, les systèmes informatiques ou "boîtes noires" vendent automatiquement les positions surveillées et ne font qu'accroître la baisse.
A la clôture, 600 millions de titres ont été échangés, et plusieurs centaines de milliards de dollars se sont évaporés. Beaucoup d'observateurs ont voulu mettre la cause de ce krach sur les systèmes de ventes automatiques. Des études américaines tendent à prouver le contraire en insistant sur le fait que certaines places ne disposant pas de ces systèmes ont perdu davantage que le DJIA. Toutefois, cet argument semble peu fondé tant les marchés US sont suivis par les autres places dans le monde.
Certes les systèmes de trading informatisés ne sont pas la cause de ce krach mais ils peuvent expliquer une partie des 508 points de baisse.

Dans le monde, le krach US se répercute immédiatement sur les autres places boursières. Ainsi l'indicateur instantané en France a chuté de 9,5% en clôture, alors que le Nikkei 225, moins sujet aux variations américaines, perd 14,90%.

Les réponses au krach


Le krach de 1929 a servi à limiter les conséquences du krach de 1987. Le krach de 1929 s'est transformé en crise économique. Pas le krach de 1987.

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Les Banques Centrales et la Réserve Fédérale ont largement ouvert le crédit pour éviter une asphyxie de l'économie par un manque de liquidités. En 1929, les économies se sont refermées sur elles mêmes en restreignant le crédit, ce qui a accru la crise économique. En ouvrant le "robinet du crédit", les banques centrales ont limité les conséquences.
De plus, autant le DJIA avait été prompt à chuter, autant il a été prompt à rebondir. Le mardi 20 octobre, le DJIA gagnait 102,30 points et le mercredi 21 octobre 186,9 points !

Les pertes de ce krach ont été effacées pour le DJIA à partir de septembre 1989. Toutefois les autorités de marché n'ont pas oublié cette forte baisse. En 1988, le Nyse, New York Stock Exchange, décide de mettre en place des coupe circuits destinés à cesser toute négociation en cas de baisse supérieure à 10%.