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Journaliste financier, un métier pivot

Métiers de la Finance

Un investisseur dispose de trois moyens majeurs d'informations. D'une part, les entreprises. Ces dernières communiquent leurs derniers chiffres et les lancements de produits à venir. D'autre part, les institutions financières. Qu'ils s'agissent de banques, de sociétés de bourse, de brokers ou d'investisseurs institutionnels, tous peuvent informer le particulier de l'évolution attendue de telle ou telle valeur. Mais il reste un élément essentiel dans le dispositif d'informations de l'investisseur : le journaliste financier.

Le journaliste financier a pour fonction de trier, regrouper, canaliser, simplifier ou encore analyser l'information qu'il reçoit directement des entreprises et des banques dans le but de les transmettre à ses lecteurs. Il ne se contentera pas de relire les dépêches des grandes agences de presse, mais fera un travail de fourmis pour déceler l'information pertinente et réellement intéressante pour l'investisseur. Cette analyse est d'autant plus poussée, si le journaliste financier a aussi un rôle de conseils au sein du quotidien ou de l'hebdomadaire. Ses relations avec le monde financier et économique sont donc très étroites. Son carnet d'adresses est aussi important que ses compétences boursières.

Mais le métier de journaliste financier et économique a profondément été modifié ces dernières années avec l'avènement d'Internet. La vitesse de l'information ayant été multipliée par 10, le temps d'analyses et de tris se retrouve parfois réduit par rapport au temps consacré au toujours plus d'informations. Le média financier repoussant en réalité le tri de l'information sur son lecteur. La rumeur s'en retrouvera alors diffusée et le démenti placé en page 10. Les canaux de diffusions sont aujourd'hui si nombreux qu'il est aisé pour un investisseur de se retrouver noyé dans un flot d'informations issues de la télévision, la presse, le Net, la radio ou encore des lettres confidentielles de conseils boursiers. Cette concurrence acharnée a d'ailleurs conduit bons nombres de sites Internet mais également de titres de presse a revoir leur formule, voir a cessé d'exister, comme cela fut le cas pour la Vie Financière ou plus récemment le Journal des Finances. Le métier de journaliste financier se fait donc aujourd'hui dans un climat compliqué, et son adaptabilité n'en est que plus nécessaire.

Les journalistes financiers et économiques ne sont pas tous similaires. La plupart sont salariés d'un seul organe de presse, mais certains sont pigistes et proposent leurs services à divers médias. D'autres travaillent dans des journaux financiers, pendant que certains sont salariés par des grands groupes de presse généralistes. D'autres enfin se doivent de respecter une écriture dite Web alors que d'autres ont tout loisir de partager leurs analyses pointues à la télé. A chaque journaliste, et à chaque média, des compétences particulières. On n'exigera pas d'un journaliste à l'écrit qu'il ait d'excellentes compétences à l'oral, et inversement. Par contre, la langue de Shakespeare sera systématiquement demandée, tant l'économie mondiale est influencée par les Etats-Unis. De plus, l'actualité impactant directement les horaires des journalistes, il n'est pas impossible que le journaliste financier soit obligé de calquer ses horaires de travail sur les horaires des places boursières étrangères. De part sa spécificité de journaliste financier, ce dernier se devra d'avoir les compétences nécessaires à l'analyse poussée d'une entreprise à travers ses chiffres. On ne peut être journaliste financier si l'on ne sait pas comprendre un bilan. Cette multitude d'éléments fait que les formations menant au métier de journaliste financier sont nombreuses. Ainsi, il peut venir d'une formation classique de journaliste. Il développera ensuite ses compétences en matière financières. Il peut être aussi issu de grandes écoles de commerces ou de mastères spécialisés en Finance, avec des talents d'écriture certains. Tout ceci le conduira à obtenir des salaires plus élevés que le journaliste généraliste.

En France, une association a été créée il y a maintenant plus de 55 ans pour regrouper les journalistes financiers. Il s'agit de l'AJEF pour Association des Journalistes Economiques et Financiers. Elle regroupe à ce jour environ 200 membres, et l'on estime qu'il existe 1.500 journalistes financiers dans les médias spécialisés en France, et de nombreux autres dans les médias généralistes. Cette association travaille d'une part à aider les journalistes financiers dans leur travail, en leur apportant des connaissances pointues sur des sujets très particuliers, mais aussi cherche à éviter les dérives déontologies du métier. En effet, l'influence d'un journaliste économique sur les marchés financiers peut être très élevée. Un journaliste de renom conseillant une valeur à l'achat peut expliquer l'envolée de cette dernière de 10-15-20%. Plusieurs journalistes conseillant une introduction en Bourse peuvent aussi très fortement faciliter l'opération financière auprès des particuliers. Tout cela fait peser un risque fort de corruption sur les journalistes. Plusieurs règles déontologies s'appliquent selon les pays. Ainsi, les journalistes doivent rédiger des déclarations d'intérêts. Il en est de même pour les journaux qui les emploient. Un journaliste ne peut conseiller le titre Alcatel à l'achat, si lui même détient des titres. Dans le même esprit, les médias étant détenus souvent par des capitaines d'industries, le moindre article de presse dans le même secteur d'activités peut prêter à discussion. L'indépendance est alors un facteur clé de succès pour le journaliste financier.


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Mais un journaliste financier n'a pas vocation à rester à vie journaliste financier. Il peut bien évidemment se tourner vers d'autres domaines ou encore prendre la direction d'une rédaction. Il peut aussi rejoindre la communication financière des entreprises, et promouvoir une entreprise auprès des autres journalistes. Son salaire évoluera en conséquence.

Mais le métier de journaliste financier reste un métier passionnant qui vous fera côtoyer de nombreux acteurs du monde économique. Du grand patron au simple ouvrier, du petit actionnaire particulier au grand investisseur institutionnel. Un métier où votre liberté de penser sera mise à rude épreuve mais où la satisfaction n'en sera que plus grande.