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Investir à l'étranger, beaucoup de risques ?

Bourse pratique

Bien que la place parisienne compte plusieurs centaines de sociétés cotées, et des milliers d'autres titres, les investisseurs français peuvent avoir pour certains des envies d'ailleurs. Investir à Londres, à Wall Street ou même encore en Chine, sont des opportunités aujourd'hui offertes aux français. Autrefois cantonné au seul marché français, le particulier peut désormais placer son argent sur des valeurs étrangères .Google, Alibaba ou encore Ford ne sont plus seulement des sociétés étrangères mais peuvent représenter une part de votre patrimoine. Les bourses étrangères font rêver et c'est une excellente façon pour un investisseur français de diversifier son portefeuille, et ainsi réduire les risques liés à un portefeuille trop géographiquement centré sur la France.

Cette diversification utile s'accompagne toutefois d'une multitude de risques que l'investisseur devra connaître et comprendre. On n'investit pas à Wall Street comme on achète des titres en France.

le risque de change
Le Franc français a disparu avec l'avènement de l'Euro, monnaie unique européenne. La création de cette monnaie a permis à plusieurs dizaines de millions d'européens de partager la même monnaie, et par là même, de faciliter leurs échanges commerciaux. Plus besoin de changer de devises pour acheter ses cigarettes en Espagne, ou son alcool en Italie. Il s'agit certes là d'exemples anecdotiques, mais la mise en place de la monnaie unique a profondément changé les relations des entreprises européennes entre elles. Il n'est ainsi plus rare qu'une entreprise allemande achète ses matières premières en France pour les revendre en Espagne, et ce sans aucun risque de change.

Cet Euro permet aussi à tous les investisseurs européens, de placer leur argent, dans n'importe lequel des pays de l'Union sans risquer de voir une partie de sa plus-value disparaître avec le taux de change. Cette avancée se cantonnant toutefois à la seule Europe, si vous désirez investir aux Etats-Unis, au Japon, ou encore en Australie, le risque de taux de change n'est pas négligeable. Ainsi, même si vous achetez les actions d'une valeur américaine réalisant 100% de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis, vous serez directement exposés au taux de change euro / dollar. Un dollar en forte chute et au moment de la conversion, la plus-value devient moins-value.

C'est l'un des risques les plus importants dans la notion d'investissement à l'étranger. Elle est d'ordre macro-économique, un niveau que l'investisseur moyen n'aborde pas forcément quand il se cantonne à son marché boursier local.

le risque politique
La situation politique de la France est ce qu'elle est, mais elle est tout de même stable depuis plusieurs décennies. Les élections s’enchaînent et le risque politique est quasi nul. Peu de chance de voir apparaître un coup d'Etat ou un homme politique qui décide tout à coup de nationaliser la totalité des entreprises privées. A l'étranger, ce risque existe. Les coups d'Etats sont encore courants dans certains pays, et les changements politiques majeurs affectent fréquemment plusieurs pays. Il n'est ainsi pas rare de voir, à la suite d'une élection, une vague de nationalisations majeures touchée le pays. Vos investissements sont alors en danger. Le risque politique est toutefois aussi nul qu'en France dans bons nombres de pays disposant d'une place boursière de renom, comme les Etats-Unis, le Royaume Uni ou encore le Japon. Les risques sont autrement plus conséquents si vous vous positionnez sur des places boursières exotiques, ou encore en Amérique Latine ou dans les pays de l'ex bloc soviétique.
Un changement politique et vos avoirs peuvent se retrouver bloquer plusieurs mois, avant que la situation ne se décante. Ce risque est donc loin d'être anodin.

le manque d'informations
L'Autorité des Marchés Financiers oblige les entreprises cotées à fournir un nombre incalculable de documents aidant en cela la protection des épargnants. Ces documents qui peuvent certes contenir des omissions restent plus que fiables pour évaluer une entreprise. La plupart des pays
développés exige le même type de document, que sont le document de référence, les rapports semestriels ou trimestriels. Mais certains pays sont bien moins regardants en matière des règles comptables utilisées pour établir ces documents. Ainsi, la Chine, et ses méga introductions de plusieurs milliards, s'est déjà retrouvée confrontée aux problèmes de manipulations comptables destinées à gonfler le bilan de sociétés. Avec tous les risques que cela engendre pour les investisseurs. Ce risque est non nul dans les pays comme les Etats-Unis -rappelons nous de l'Affaire Enron-, mais il reste très limité. Pour certains pays, la manipulation comptable est devenue presque un art.

De plus, à moins de parler couramment la langue du pays dans lequel vous souhaitez investir, vous ne disposerez que de peu d'informations sur l'actualité des sociétés cotées. Une entreprise brésilienne par exemple va communiquer en portugais et en anglais. Elle ne va pas traduire systématiquement tous ses documents en français. Nous ne pouvons que vous conseiller de vous tenir éloigner des pays pour lequel vous ne maîtrisez pas la langue.

la méconnaissance du marché
La place boursière de Paris et celle de Francfort ne fonctionnent pas de la même façon. Il est déjà complexe de participer à certaines opérations en France, tant l'opération nécessite un formalisme particulier (introduction par exemple). Autant, cela peut devenir mission impossible si vous ne connaissez pas parfaitement le fonctionnement du marché sur lequel vous désirez vous positionner. Une erreur simple et l'introduction sur laquelle vous désiriez investir vous échappe, ou pire encore, vous perdez de l'argent en n'ayant pas répondu favorablement dans les délais à une OPA. Mais tout comme le marché français peut s'apprendre, les marchés étrangers peuvent aussi s'apprendre et se comprendre. Les sites Internet des places boursières les plus renommées sont particulièrement fournies en documentations. Attention toutefois, une connaissance pointue de la langue de Shakespeare sera exigée. La plupart des places boursières traduise en effet leur site en anglais, en plus de l'afficher dans la langue nationale.

les frais de courtage
Depuis maintenant plus d'une décennie, les brokers dans le monde ont affiché des tarifs toujours plus bas. La déréglementationet la fusion des places boursières ont aidé à ce phénomène qui poussent aujourd'hui certains brokers à proposer des tarifs inférieur à 1 euro par ordre. Un montant bien en-deçà ce que pouvait espérer obtenir un particulier au XXème siècle. Ainsi, il n'était pas rare à l'époque de voir une grande part de sa plus-value disparaître dans les seuls frais de courtage. La spéculation était alors limitée aux seuls traders. Le particulier devant se contenter de l'investissement à long terme.

Aujourd'hui, un particulier peut acheter et vendre pour un coût plus que minime sur la place boursière dans le pays où ils ont ouvert leur compte. Mais attention, investir à l'étranger ne vous permettra pas d'obtenir les mêmes conditions tarifaires. En plus, des frais prélevés par votre propre broker, ce dernier vous facturera également les frais d'un broker local qui transmettra effectivement votre ordre. En d'autres termes, oubliez le 1 euro par ordre. Les frais de courtage pour une opération boursière à l'étranger sont bien supérieurs aux frais prélevés pour un ordre boursier en France. Ces frais peuvent vous inciter très fortement à vous tourner vers un investissement de long terme, délaissant la spéculation à très court terme.

le décalage horaire
Un risque bien souvent oublié, est celui lié au décalage horaire. Hors les places boursières européennes, la plupart des bourses à travers le monde se situe dans des créneaux horaires différents. Ainsi, il existe un décalage horaire important entre la France et les Etats-Unis, ou encore plus par rapport à Tokyo. Au moment où la séance de Paris s'apprête à se terminer, Wall Street ouvre, et Tokyo ouvre bien après la fermeture de Paris, en pleine nuit pour nous, français. Autrement dit, le trading et les places boursières étrangères font rarement bon ménage pour qui ne souhaitent pas décaler ses horaires. De fait, si vous désirez être très actif sur le marché, nous ne pouvons vous recommander que de vous positionner sur des places européennes, ou tout du moins sur Wall Street qui clôturent à des heures sommes toutes décentes (vers 22h). Si au contraire, vous privilégiez l'investissement à long terme, le décalage horaire importe peu. Une ou deux crises pourront toutefois vous obliger à veiller tard pour suivre vos titres.

les spécifications du pays
Outre le risque politique et des fonctionnements différents de places, chaque pays a sa propre législation, et les lois concernant les investisseurs étrangers peuvent être plus que déroutantes pour un néophyte. Ainsi, dans beaucoup de secteurs d'activités, en Chine, il est interdit à un investisseur étranger de détenir des titres. Ces derniers ne peuvent être détenus que par un résident chinois. Les groupes chinois transgressent cette règle en proposant à l'introduction des holdings chinois détenant des parts dans des sociétés chinoises. Les holdings chinois ne devant pas répondre aux mêmes obligations légales, ils peuvent émettre des actions en direction des investisseurs étrangers. Le risque peut être ainsi grand pour l'investisseur étranger qui ne détient pas directement d'actions dans la société désirée, mais dans une holding, qui elle détient les actions.


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D'autres spécificités peuvent apparaître qui ne font qu'accroître le risque d'investir à l'étranger par rapport à un investissement domestique. Il conviendra de vous renseigner sur chaque pays dans lequel vous désirez vous placer.

Investir à l'étranger est une grande opportunité pour votre portefeuille. Vous pouvez ainsi profiter de la croissance mondiale qui est depuis plusieurs années, bien au-delà de la seule croissance française. Toutefois, si vous ne pouvez y investir correctement en action, mieux vaut vous diriger vers une OPCVM où le gérant sera plus à même d'investir sur la zone géographique de votre choix.