Investir en mai, une bonne idée ?

Le mois de mai est un mois atypique dans le paysage boursier. Il est réputé, non pas pour ses excellentes performances, mais plutôt pour un début de cycle qui s'étend jusqu'au mois d'octobre. Ainsi, il n'est pas rare d'entendre l'expression Sell in may, and go away. Cet adage nous rappelle que chaque mois boursier n'est pas équivalent, et que statistiquement, certains mois sont bien plus rentables que d'autres pour un investisseur.

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En effet, la saisonnalité boursière existe. Elle est facile à détecter en analysant les performances des indices boursiers sur plusieurs années, et d'après ces mêmes études, le mois de mai est parmi les moins rentables. Le mois de mai est le début d'un cycle qui s'étend jusqu'à la rentrée. Sell in May, and go away Un cycle durant lequel les volumes d'activités se réduisent avec l'été, mais aussi un cycle où les annonces de résultats sont nombreux. Vendre en mai, et profiter des bonnes affaires de la rentrée est ainsi une technique utilisée par plusieurs investisseurs. Durant cette période, ils n'hésitent alors pas à placer leurs liquidités sur le marché obligataire. Ce style de gestion n'a de valeur que pour les investisseurs à court et moyen terme. Un investisseur de long terme se positionnant sur plusieurs années ne va pas se désengager d'un titre pendant quelques mois pour y revenir ensuite.

Le mois de mai est un mois très spécifique. C'est notamment durant cette période que les dividendes sont détachés des actions. Tout naturellement le cours des actions baisse alors du niveau des dividendes distribués. Pour les actionnaires, aucun soucis. Mais pour l'indice CAC 40, la baisse est automatique car la valeur des dividendes n'est pas réintégrée dans l'indice parisien. De fait, la simple distribution des dividendes entraîne une baisse du CAC 40. Il existe bien un CAC 40 avec dividendes réinvestis, mais il n'est pas médiatisé.

Le mois se mai se caractérise aussi par deux éléments quasi naturels. Il se situe après le mois d'avril, qui est le mois le plus performant de l'année. Tout naturellement, le mois de mai sera inférieur. De plus, le mois de mai est rempli de jours fériés. Certes, tous les jours fériés ne s'appliquent pas aux marchés boursiers, mais cela impacte tout de même les volumes d'activités. Ces volumes plus faibles entraînent une volatilité plus faible aussi.


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Le mois de mai se distingue aussi de part l'annonce des résultats des entreprises cotées. Durant tout le mois de mai, les sociétés publient leurs résultats détaillés de l'année passée, clôturée le 31 décembre. Trois cas de figures peuvent alors se présenter. Les résultats annoncés sont conformes aux prévisions. Qu'ils soient mauvais ou de qualité, les investisseurs ne sont pas surpris, et les résultats sont déjà dans les cours de bourse. Les résultats annoncés sont meilleurs que prévus. Cela peut arriver. C'est assez rare car les dirigeants ont tendance à annoncer à la hausse leur révision de bénéfices plutôt que d'attendre l'annonce définitive. Le cours profite de cette surprise, et il grimpe. Toutefois, les résultats peuvent aussi décevoir. Ici, les résultats annoncés sont inférieurs aux résultats prévus par les analystes. Le cours peut dévisser brutalement, en fonction du décalage entre les prévisions et la réalité. La saison des résultats est donc une période plutôt défavorable à l'ensemble du marché.

De façon plus anecdotique, le mois de mai a subi le 6 mai 2010, un flash krach de grande ampleur après la passation d'un ordre de 4 milliards de dollars réalisé de façon automatique.

La saisonnalité des marchés boursiers est une réalité. Il n'est bien évidemment pas utile de rester totalement à l'écart de la bourse de mai à octobre, mais il convient de bien comprendre les risques du mois de mai, et ainsi de ne pas être surpris par un éventuel décrochage des cours.