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Investir comme Wilbur Ross

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Toutes les sociétés ne vivent pas un long fleuve tranquille et beaucoup se rapprochent du gouffre financier qui les fera définitivement plongé. Mais alors que de telles sociétés sont fuites par bons nombres d'investisseurs, certains s'y délectent au point d'en faire fortune. Ainsi, pour Wilbur Ross, une société même placée sous le Chapitre 11 de la loi des faillites américaine peut redevenir créatrice de valeur comme par le passé. Il voit ainsi dans les faillites, le moyen de se placer à bon compte sur une entreprise, et non comme un investissement perdant.

Wilbur Ross est né aux Etats-Unis, le 28 novembre 1937, dans une famille aisée, mais ce n'est qu'en 1997 qu'il prend la direction d'un fond d'investissement dépendant de la banque Rothschild. Toutefois, il était loin d'être un inconnu. Dès les années 70, Wilbur Ross faisant figure de spécialiste des entreprises en faillite et en redressement. Il a d'ailleurs été le conseiller de Bill Clinton, alors président des Etats-Unis, mais aussi de Rudolph Giuliani, alors maire de New York.

En 2000, alors âgé de 63 ans, il crée son fonds WL Ross & Co. Connu depuis par ces multiples réorganisations de secteurs entiers, ce fonds est considéré comme un fonds vautour car s'intéressant aux sociétés proches de la faillite. Il utilise le Chapitre 11 de la loi américaine qui vise à aider les entreprises à se restructurer afin d'éviter le Chapitre 7, à savoir la liquidation. Le statut de debtor-in-possession ou DIP permet ainsi à une société de poursuivre son activité, sans être obligée de régler ses créanciers. Ce statut a évité bons nombres de faillites aux Etats-Unis, et a permis de relancer plusieurs géants de l'industrie américaine comme General Motors.

Ses compétences étaient déjà reconnues bien avant la création de son fonds mais ses premiers faits d'armes avec le WL Ross & Co se font rapidement connaître. Il restructure ainsi profondément le secteur sidérurgique américain, et crée l'International Steel Group, en regroupant plusieurs aciéristes au bord de la faillite. Le redressement est un succès, et il revend l'ensemble au groupe Mittal en 2005. Il réitérera cette même stratégie avec l'International Textile Group et l'International Automotive Components. Wilbur Ross appliquera ses méthodes au secteur bancaire, notamment lors de la crise financière qui perdure depuis 2008. Il sera ainsi l'un des investisseurs de la Bank of Ireland en 2011, et lui évitera une nationalisation. Il cédera sa participation en 2014. Il se positionne aussi dans le capital de Virgin Money afin de l'aider dans sa stratégie d'acquisitions.

Souvent critiqué de par sa stratégie - il coupe souvent sévèrement dans les activités déficitaires des sociétés dans lesquelles il se positionne -, il n'en demeure pas moins l'une des plus grandes fortunes de la planète avec 3 milliards de dollars. Son recovery fund est ainsi appelé par des sociétés qui ne voient plus d'autres solutions que la faillite.


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La stratégie de Wilbur Ross n'est pas applicable pour un simple investisseur financier ou pour un particulier. Mais cette stratégie n'a rien d'exceptionnelle pour un entrepreneur. En effet, elle consiste à sélectionner avec soin les entreprises en redressement et de l'aider à se réorganiser. Bernard Tapie était ainsi en France un exemple de ce style d'entrepreneurs. Il investissait sur des sociétés que l'on disait condamnées et tentait, avec plus ou moins de succès, de les sauver de la faillite. Mais ces stratégies de reprises restent souvent très mal perçues par le grand public. Soit la reprise est un échec, et souvent on mettra à l'index le repreneur. Soit la reprise est un succès et on critiquera le prix payé, souvent ridicule, du repreneur.

Investir comme Wilbur Ross n'est donc pas offert au particulier moyen. Toutefois, rien ne vous interdit de choisir des valeurs particulièrement chahutées en bourse, voire proches du dépôt de bilan, dont les cours se sont effondrés, dans l'espoir de les voir rebondir. Contrairement à Wilbur Ross, vous n'aurez malheureusement aucun poids sur la stratégie de la société. Il vous faudra donc faire confiance à l'équipe dirigeante, et accepter qu'en cas d'échec, votre investissement sera perdu en totalité.