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Investir comme un japonais

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Chaque nationalité épargne différemment. Ainsi un français n’épargnera pas et n'investira pas de la même façon qu'un américain ou qu'un japonais. Cela s'explique en grande partie par leur culture. Un américain par exemple est très attirée par le risque et le marché des actions. Au contraire, un français privilégiera l'assurance-vie. Au Japon, les habitants sont connus comme étant de très gros épargnants. En 2009, chaque japonais détenait une épargne de 79.539 euros, contre seulement 40.025 euros pour chaque français. Cette très grosse épargne s'explique en partie par un coût de la vie très élevé. Mais les japonais épargnent-ils en réalité autant que cela ?

Depuis les années 90, le Japon est dans une profonde crise économique. La bulle immobilière et boursière qui a éclaté n'en finit plus d'avoir un impact sur le Japon d'aujourd'hui. A un rythme de croissance des plus limités, le Japon affiche une dette publique de 240% du PIB, et une dette privée de 160% du PIB. Le Japon est même tombé au 3ème rang mondial des économies derrière la Chine et les Etats-Unis. Le taux de chômage reste faible à 4%, mais cela s'explique principalement par une décroissance démographique. La population ne cesse de vieillir, et le taux de fécondité n'est que de 1,4 enfant par femme. Les événements récents n'ont pas aidé davantage le pays avec l'arrêt brutal des centrales nucléaires décrété suite à la catastrophe de Fukushima. Ajouté à cela une inflation nulle depuis des années, et un déficit budgétaire de 10%, et vous comprendrez mieux le marasme qui peut envahir les japonais.

Avec une croissance faible et une déflation, la plupart des théoriciens laisse à entendre que le taux d'épargne des ménages sera élevé. Or, on constate depuis les années 90, une baisse sensible et régulière du taux d'épargne nette des ménages japonais. Certes en valeur absolue, ce montant reste élevé, mais en pourcentage la baisse est énorme. Ainsi de 12,9% de taux d'épargne nette en 1994, ce niveau est tombé à 6,8% en 2000 puis à 1,4% en 2005. Il est aujourd'hui de 1,8. Un taux très en-deçà d'autres pays comme l'Allemagne et ses 9,2%, l'Espagne avec ses 4,3% et même les Etats-Unis et ses 5,2%. L'épargne brute japonaise s'affiche même fortement inférieure à la France, avec un taux de 7,6% en 2011, contre 16,2% pour la France.

La forte épargne des japonais en valeur absolue a été utilisée de longues années par le Japon pour émettre toujours plus de dettes. En effet, pendant des décennies, le gouvernement japonais n'avait aucun de mal à émettre de nouvelles obligations d'Etat tant les japonais souscrivaient massivement à ces émissions. Moins de 6% des obligations d'Etat japonaises étaient ainsi détenues par des investisseurs étrangers. Le Japon pouvait ainsi afficher des taux d'intérêts très bas. Aucun besoin d'attirer des capitaux étrangers.

Mais depuis peu, les japonais se détournent des obligations émises par leur pays, et se tournent vers des obligations plus rentables, avec un risque peu élevé. Ainsi, la France est devenu un pays qui attire massivement les capitaux japonais. Des taux d'intérêts faibles, une quasi déflation, un risque plus limité que l'Italie, et un rendement supérieur à l'Allemagne font de l'obligation française, un placement recherché par les japonais qui recherchent avant tout une sécurité, et depuis peu un rendement plus élevé.


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Les japonais investissent peu. La répartition de leur épargne démontre ce phénomène. Ainsi, en 2009, 54,6% de leur actif financier est composé de liquidités et de comptes de dépôts. Autrement dit, des placements avec zéro risque mais également une rentabilité plus que faible. Les japonais n'aiment pas la prise de risque. Ils détiennent certes des actions, mais seulement 7,3% (contre 18% pour la France, un pays déjà peu enclin à prendre des risques). Les OPCVM sont aussi peu choisis avec seulement 3,7%. Autrement dit, investir comme un japonais démontre une attirance pour les titres peu risqués et une très forte liquidité. Les obligations d'Etat font ainsi parties de leur préférence, et même si le rendement devient un facteur déterminant dans la sélection des obligations, la sécurité est encore essentielle. De plus, les japonais reste doté d'un fort patriotisme, en continuant à souscrire massivement aux obligations d'Etats japonaises.

Le patriotisme financier des japonais est souvent mis en avant par nos gouvernants. En effet, une population qui investit massivement dans sa propre économie permet à leur pays de ne pas être trop dépendant des marchés financiers et des investisseurs étrangers. Un élément important à un moment où les agences de notation font la pluie et le beau temps.