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Investir comme Peter Lynch

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Né le 19 janvier 1944, Peter Lynch fut sans doute l'un des gestionnaires de fonds les plus suivis de la planète finance. Auteur à succès avec des ouvrages tels que Et si vous en saviez assez pour gagner en Bourse ? Beating the Street ou encore One up on Wall Street, son expérience au sein du Fonds d'investissement Fidelity Magellan fit de lui ce qu'il est communément fréquent d'appeler un gourou.

Pour se permettre de donner des règles d'investissement, il convient d'avoir une expérience certaine et reconnue par d'autres professionnels. Il n'est pas dur de prodiguer ses conseils, mais pour être écouté, il est nécessaire d'abord d'avoir prouvé ses compétences. Peter Lynch a clairement prouvé ses compétences. En mai 1977, il occupe pour la première fois un poste de gestionnaire de fonds. Le Fonds Fidelity Magellan. Ce fonds est encore très peu connu et ne gère que peu d'argent. Il quittera ses fonctions en 1990, et après seulement 14 années à la gestion de ce fonds, Fidelity Magellan aura atteint les 14 milliards de dollars d'actifs, et surtout, ce qui est encore plus exceptionnel, une rentabilité de 29% par an sur toute la période. De façon régulière, presque chaque année, il arrivera à battre son indice de référence. Le Fidelity Magellan devient le plus gros fonds d'investissement dans le monde sous sa direction. La seule taille de son portefeuille oblige Peter Lynch à détenir de nombreuses lignes. Plus de 1.000 lignes de titres composent son fonds, bien que la philosophie de Peter Lynch ne se trouve pas dans la diversification à tout crin. Il se retirera en 1990 mais sans arrêter de nous prodiguer plusieurs de ses règles d'investissements.

L'un des principes qu'il a essayé de faire transparaître à travers ses ouvrages et ses écrits se base sur le fait que le quidam, l'investisseur lambda est en mesure de battre les institutionnels ou encore les fonds d'investissements. Selon Peter Lynch, la très grande latitude du particulier sur le choix de ses investissements lui permet de s'aventurer vers des actions non exploitables ou non significatives par un fonds d'investissement. Prenons l'exemple d'une PME de 10 millions d'euros cotée en bourse. Un fonds s'il souhaite se positionner devra au moins acquérir 5 à 10% des parts. Un niveau souvent trop élevé pour une institution qui souhaite juste investir son argent sans intervenir sur la gestion de l'entreprise. De plus, cette somme de 500.000 à 1.000.000 euros reste très faible eu égard à la somme globale investie par le fonds. Si le titre double ou triple, le gain ne sera que de quelques millions sur plusieurs d'investissements. Une goutte d'eau. Le gestionnaire de fonds ne cherchera donc pas à investir dans une small caps où le triptyque travail / risque / rentabilité est si faible. En effet, le temps investi pour choisir une small caps et se positionner est autant de temps perdu pour investir dans une blue chips où le fonds pourra tout à loisir investir plusieurs centaines de millions d'euros sans voir le marché déstabilisé par cet achat. Le nombre de valeurs à disposition des particuliers par rapport aux institutionnels peut donc être bien supérieur, et par là même le nombre d'opportunités. De plus, la prise de décision sera sans doute plus rapide et les contraintes moins élevées. Le particulier n'a pas à suivre une orientation précise de ses placements. Il n'est pas contraint par l'obligation de n'acheter que des actions asiatiques ou françaises. Son choix est vaste et sans limite, si ce n'est celle de sa capacité de compréhension des marchés et de travail. Bien que cette idée selon laquelle le particulier détient un avantage concurrentiel par rapport à l'institutionnel est fréquemment critiquée, Peter Lynch en a fait sa marque de fabrique.

De la même manière que les défenseurs de l'analyse fondamentale, Peter Lynch propose aux investisseurs d'humer le quotidien, de penser investissement en sirotant un café ou en achetant un jouet pour son enfant. Pour lui, la vie de tous les jours est faite d'idées d'investissements. Une grande part de l'activité d'un pays est faite par la consommation de détail, autrement dit, la consommation des particuliers. En détectant un jouet à succès, un produit qui s'étend sur le territoire, ou alors une nouvelle application dont on entend que du bien à la machine à café, le simple particulier peut se faire investisseur. Investir aujourd'hui dans les sociétés qui sont en très de faire leur succès. Entre l'amorçage du succès dans une niche, et sa prise en compte par les institutionnels, il peut s'écouler plusieurs mois, voire année. Ainsi, un produit très connu et approuvé par une niche ultra restreinte peut du jour au lendemain se faire connaître au grand public, et ainsi voir ses ventes s'envoler, et ses bénéfices avec. L'institutionnel n'est pas forcément au fait de toutes les nouvelles tendances, mais votre vécu, vos expériences quotidiennes, peuvent vous mettre face à un tel succès. Le détecter et en profiter deviendra ainsi l'un de vos leitmotiv. Le consommateur devient investisseur.

Afin d'apporter un avantage supplémentaire au particulier face à l'institutionnel, Peter Lynch propose également de s'intéresser aux secteurs les plus ennuyants, rébarbatifs, compliqués à expliquer, difficiles à prononcer qu'ils soient. Cette règle s'applique tout aussi bien au secteur mais également au nom de la société. Tout dans la communication doit faire fuir l'investisseur institutionnel, et les analystes financiers. Prenons l'exemple d'un repas de famille. L'oncle expliquera facilement à son petit neveu qu'il a investi dans Renault ou BNP, mais rarement dans une société de pompes funèbres ou encore dans le recyclage des bouteilles PET. Ces secteurs, mais aussi étrangement les noms compliqués, font fuir les investisseurs. Quelque soit les fondamentaux de l'entreprise, si le secteur n'est pas attirant d'un point de vue communication, la valeur sera délaissée. Quand un fonds d'investissement met en avant ses participations, il se fera plus facilement comprendre s'il détient 1% de Facebook ou de Google que 10% d'un spécialiste de la transformation d'algues en compost. De fait, ces titres sont peu suivis par les analystes financiers. N'espérez donc pas voir fleurir une analyse par jour de ces valeurs. Si déjà vous trouvez un entrefilet dans votre hebdomadaire financier préféré, ce sera le maximum. De fait, ces valeurs se retrouvent totalement déconnectées de leur valorisation réelle. Peter Lynch fait alors le pari que la croissance aidant, ces titres autrefois délaissés ne pourront plus l'être avec le chiffre d'affaires qu'ils commencent à générer. Investir dans une PME inconnue pour revendre le titre d'une multinationale. Voici toutes les possibilités offertes aux particuliers.

Au même titre qu'un Warren Buffett, Peter Lynch ne court pas après la plus-value rapide. Il recherche la très grosse plus-value de long terme. La plus-value dont vous avez toujours rêvé mais que lui a plusieurs fois réalisé. Pour se faire, l'investisseur devra laisser courir ses profits et ses placements. On n'investit pas pour 2 à 3 ans. Peter Lynch considère même qu'il est impossible de prévoir à aussi court terme. Lui place sur 10, 15, 20 ans. Du très long terme donc. Le seul moyen selon lui de privilégier les fondamentaux de l'entreprise et non les soubresauts boursiers. Autant dire que le market timing avec Peter Lynch n'est pas à l'ordre du jour. Il ne cherche pas à acheter au plus bas à tout prix pour revendre au plus haut. Il cherche à acheter avant tout une société, et non un titre financier, dans l'espoir de le revendre une ou deux décennies plus tard à un cours sans commune mesure avec son cours d'achat. Il se pose ainsi la question de savoir pourquoi vendre une société dont les fondamentaux sont encore totalement conformes à vos prévisions, et ce quelque soit le cours du titre. Il appelle aussi à ne pas paniquer lors des crises boursières. Ces dernières ne sont que périodiques, et sur le long terme, leur influence reste limitée.

Cette stratégie de long terme vise à profiter au mieux des valeurs qu'il appelle des Tenbagger ou 10-bagger. Il s'agit des valeurs dont le cours a été multiplié par dix entre l'achat et la vente. Il est bien évidemment totalement impossible de connaître à l'avance de tels titres, mais il est intéressant de savoir comment vos titres peuvent le devenir. Les fondamentaux sont essentiels avec les 10-baggers. Une société peut faire illusion quelques années, mais sûrement pas plusieurs décennies. Elle devra donc présenter un bilan plus que solide. De plus, Peter Lynch est contre la vente trop rapide d'un titre. Ce n'est pas parce qu'un titre a déjà doublé qu'il faut le vendre. Il faut le vendre si ses fondamentaux ne vous semblent plus correspondre à vos prévisions. Pour lui, la plupart des investisseurs ne décèle pas de tenbaggers car bien qu'ayant détenu ces titres en portefeuilles, ils les ont revendu trop tôt. Peter Lynch ne précise pas la durée de détention d'un titre pour qu'il devienne un tenbagger. Certains ne mettront sûrement que quelques années, d'autres une décennie, d'autres encore n'y arriveront jamais. Mais dans tous les cas, Peter Lynch recommandent de ne jamais vendre trop tôt. Pour lui, vendre trop tôt consiste à "arracher ses fleurs et arroser les mauvaises herbes"
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Peter Lynch ne choisit pas ses valeurs au hasard. Pour les sélectionner, et éventuellement dénicher une 10-bagger, Peter Lynch se base sur l'analyse fondamentale. N'étant pas un adepte du market timing, l'analyse technique ne fait pas partie de ses outils de prédilection. Il étudie ainsi les bilans des entreprises et leurs métiers. Il ne préconise pas à l'investisseur d'aller dans le détail très approfondi des comptes des entreprises mais au moins de suivre quelques règles strictes en matière comptable. Ainsi Peter Lynch recherche des sociétés générant des flux de trésorerie réguliers et en hausse constante. Ces flux pourront ainsi faciliter la distribution de dividendes à destination des actionnaires. Il préférera une société générant un bénéfice de 10 en hausse de 20% par an, plutôt que de se positionner sur un titre qui a exceptionnellement obtenu un bénéfice de 30. Plus curieusement, Peter Lynch propose aussi de pas aller vers une société dont les bénéfices croissent de façon trop élevée. En effet, selon lui, une croissance des bénéfices de plus de 30% attirera inévitablement les concurrents, et aura ainsi un impact quasi immédiat sur les bénéfices de l'entreprise. Il privilégie ainsi le ratio PEG ou Price Earning Growth au simple PER ou Price Earning Ratio. En effet, le seul ratio mettant en rapport les résultats par rapport au cours de bourse n'apporte que peu d'informations à long terme. Il préfère le PEG qui apporte la dimension de croissance des bénéfices. Un PER élevée peut être acceptable si la croissance des bénéfices est aussi attendue en forte hausse mais ce n'est en rien systématique. Un PER élevé avec une croissance faible peut ainsi coûter bien plus cher à l'investisseur qu'un PER faible avec une croissance forte.

D'autres points sont aussi suivis par Peter Lynch. Ainsi pour les consommateurs / investisseurs, il préconise d'étudier le poids de ce produit vedette par rapport au reste du chiffre d'affaires. Ainsi, même si vous détectez un produit qui pour vous sera rapidement un succès, si ce dernier ne représente que 5% du poids total du chiffre d'affaires, son impact restera plus que faible par rapport au CA dans son ensemble. Le ratio dette sur fonds propres est aussi primordial. Plus la société est saine de dettes, moins ses chances de faire faillite sont fortes. De plus, ses marges de manoeuvre sont bien plus grandes que pour une entreprise très endettée. Peter Lynch fixe un seuil maximal de dettes correspondant au tiers des fonds propres. Une forte évolution des stocks marque aussi un frein à l'investissement. L'entreprise n'est alors plus en mesure de vendre les biens qu'elle produit, avec le coût inhérent à la gestion de ce stock. Une évolution défavorable des stocks peut ainsi signifier que l'entreprise ne trouve pas de second souffle pour développer son activité. Dernier point et non des moindres dans l'analyse fondamentale, le métier ou plus exactement sa place sur le marché. Une société largement leader sur un marché voire en quasi-monopole aura plus de facilité à accroître son prix de vente, et ainsi répercuter les hausses de prix des fournisseurs à ses clients. Cette possibilité n'est offerte qu'à très peu d'entreprises. Sur le long terme, il est préférable de se tourner vers ce type d'entreprises qui dégagent des marges plus élevées.


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Deux autres petites astuces à ne pas oublier également. Suivre les rachats de titres par l'entreprise elle même ou par ses fondateurs. Un fondateur qui achète des actions de la société qu'il a créé montre là son optimisme face à l'entreprise. Il en est de même pour une entreprise ne trouve pas d'investissements suffisamment rentables et qui préfère acheter ses propres titres. Dernière astuce, ne suivez pas aveuglément les conseils boursiers des professionnels. Faites vos propres choix, selon vos expériences.

Peter Lynch est un homme à comprendre, et dont les règles sont assez claires à comprendre. Toutefois, ne vous attendez pas à obtenir les mêmes performances que son fonds. D'une part, il a profité d'un bouleversement du monde financier, et d'autre part, il n'est resté que 14 ans à la tête de son fonds. Au moment de sa retraite, combien de titres détenus depuis plus de dix ans détenait-il ? Son comportement reste malgré tout à suivre pour qui serait attiré par l'investissement de long terme.