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Idées reçues sur la Bourse

Premiers Pas

La Bourse reste un domaine bien méconnu des français. Seuls quelques millions de français investissent en Bourse et la plupart du temps à travers des Sicav et FCP. Les investisseurs particuliers n'ont donc qu'une vision très parcellaire des marchés financiers. Cette vision et cette méconnaissance entrainent tout naturellement des préjugés et des idées reçues sur la Bourse. Ces idées se retrouvent même dans les médias où certains journalistes ne sont en rien spécialisés.

Vous retrouverez ci-dessous une liste d'idées reçues sur la Bourse. Ces idées reçues sont erronées mais elles continuent à être propagées.

La Bourse est un jeu à sommes nulles


Sous ce vocable un peu mathématique, une réalité pour certains : ce qui est gagné par les uns, est perdu par les autres. Autrement dit, si un actionnaire gagne de l'argent, un autre va en perdre. Et bien non. Contrairement à certains marchés, comme celui des devises, le marché des actions peut être gagnant pour la très grande majorité des actionnaires. Certes quand il y a un acheteur, il y a forcément un vendeur, mais ce vendeur détient l'action. Il perd effectivement le potentiel de croissance de l'action, mais ne perd pas d'argent. Tous les actionnaires d'une même entreprise peuvent donc gagner de l'argent.

Les licenciements augmentent la valeur des entreprises


Le terme licenciement boursier désigne des licenciements qui ne seraient dictés que par des intérêts purement financiers et boursiers. Ces licenciements sont très mal perçus par les salariés mais aussi la société dans son ensemble. En réalité, les licenciements sont avant tout dictés par des raisons économiques. Certes ces raisons peuvent être liées à la rentabilité insuffisante de l'entreprise, mais il ne s'agit pas à proprement parlé de licenciements boursiers. De plus, il est fréquent de lire que les licenciements font s'envoler les cours de bourse. Ce n'est pas tant le licenciement qui augmente le cours de bourse mais les mesures de restructuration prises par le président pour relancer son entreprise. Ainsi, des plans de licenciements peuvent conduire à la baisse du cours de l'action. Le plan de restructuration peut en effet afficher au grand jour les faiblesses de l'entreprise, et ainsi voir le cours de bourse chuter.

Investir en bourse demande beaucoup d'argent


Se lancer dans la bourse n'est pas limité aux seules grosses fortunes. Avec 1.000-1.500 euros, il est possible pour un particulier d'investir en Bourse. Certes, vous pourrez ouvrir un portefeuille avec seulement 1 euro mais vous n'aurez alors pas la possibilité d'acheter des actions. La Bourse est donc plus demandeuse de temps que d'argent. Il est souvent recommandé aux particuliers d'investir de façon périodique en bourse. Chaque mois, il est peut être intéressant de placer 100 euros supplémentaires à votre investissement initial.

La Bourse ne sert à rien


Une célèbre premier ministre française a déclaré un jour : "La Bourse, j'en ai rien à cirer". Cette phrase a fait rire les français mais a choqué les professionnels des marchés boursiers. En effet, la bourse est un lieu de financement pour les entreprises, les collectivités locales mais aussi les Etats. Les marchés boursiers et financiers permettent ainsi aux entreprises de se financer et de se développer. Les entreprises ne sont alors plus dépendantes des seules banques. Plus les financements sont diversifiés, plus l'entreprise a de poids dans les discussions avec ses intermédiaires. La Bourse a donc permis à des millions d'investisseurs de développer des entreprises innovantes qui sont aujourd'hui autant de leaders mondiaux ou régionaux.

La Bourse est défavorisée sous les gouvernements socialistes


Il est fréquent d'entendre que la Bourse apprécie les gouvernements de droite alors que les gouvernements socialistes voire communistes font fuir les investisseurs. Or les gouvernements et les présidences socialistes françaises se sont traduits par de très fortes hausses de l'indice CAC 40. 1981 a vu certes le départ de milliers d'investisseurs de France mais le retour à la réalité capitaliste les a fait revenir. Cet état de fait s'explique principalement par le faible impact de chaque gouvernement sur le monde économique. Les décisions politiques jouent plus souvent à la marge et ne touchent qu'un ou deux secteurs.

Zéro impôt pour les plus-values boursières


On entend souvent "Il faut taxer les plus values boursières !". Cette phrase laisserait sous entendre que ces dernières ne subissent aucune taxation. Or, les plus-values boursières sont déjà imposées : impôt sur les plus values, CSG, CRDS... et cela sur les plus-values nettes après les frais de courtage, les droits de garde, etc. Pour certains, ces taxes ne sont pas suffisantes mais elles représentent toutefois un tiers de la plus value réalisée. De plus, en cas de moins-values, l'investisseur ne pourra pas les diminuer pas de ses impôts liés aux autres revenus.

Le cours de bourse peut mettre en faillite une société


Le cours de bourse reflète à un instant t la santé économique d'une entreprise. Si l'entreprise est en très mauvaise posture, son cours de bourse s'effondrera. Mais cela ne fonctionne pas dans le sens inverse. Ainsi si un cours de bourse s'effondre pour des raisons autres qu'économiques, l'entreprise n'a aucune raison de faire faillite. Un cours de bourse qui s'effondre ne se traduit en aucun cas par la faillite de l'entreprise. Toutefois un cours faible peut entraîner des difficultés pour la société de se financer convenablement dans l'avenir.

Tant qu'on ne vend pas, on ne perd pas


Cette maxime est le plus souvent utilisée par les personnes sans connaissance boursière ou débutant en bourse. Si vous achetez une action 10 euros, et qu'elle ne cote plus que 5 euros, vous avez perdu 5 euros. Certes votre moins-value n'est pas concrétisée, mais elle est latente. Si vous aviez attendu, vous auriez pu acheter 2 actions à 5 euros, plutôt qu'une à 10 euros. De plus, rien ne dit que l'entreprise remontera un jour à 10 euros. Elle peut très bien continuer à chuter. Plusieurs investisseurs n'hésitent pas ainsi à vendre leurs titres si les moins-values latentes atteignent les 10-20% afin d'éviter de plus lourdes pertes à l'avenir.

La Bourse est un casino


La Bourse est souvent représentée comme un simple jeu où l'investisseur peut tout perdre en 5 minutes ou faire fortune en 10. Il s'agit là d'un mythe populaire. Un portefeuille savamment diversifié ne se traduira pas par une ruine en quelques heures, et ce même portefeuille ne vous rendra pas riche dans la minute. Se construire un patrimoine est une démarche longue qui pourra vous conduire, alors, à la fortune. Alors qu'il est aisé de franchir la porte d'un casino pour jouer 100 euros, la Bourse est un lieu où l'on investit. On n'investit pas sur un coup de dés sur telle ou telle valeur mais pour des raisons précises, propres à chaque investisseur.

Le CAC 40 est représentatif des entreprises françaises


Le CAC 40 est l'indice phare de la Bourse de Paris. Il est composé des 40 valeurs choisies par les 100 premières plus fortes capitalisations boursières de la Bourse. L'entreprise n'est pas obligatoirement française. Ainsi le CAC 40 peut se composer d'actions étrangères. Le CAC 40 n'est représentatif que de lui même. D'une part, les grosses entreprises ne sont que l'un des éléments du tissu économique français et toutes les grandes entreprises ne sont pas cotées en Bourse. C'est par exemple le cas d'Auchan, une entreprise phare dans le domaine de la distribution. D'autre part, le CAC 40 n'est pas non plus représentatif de la bourse car il ne concerne que 40 valeurs sur plusieurs milliers de sociétés cotées.


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La Bourse est peuplée de spéculateurs


Il serait vain de démentir cette idée reçue. Toutefois il convient de la nuancer. La Bourse est certes faite de spéculateurs mais aussi et surtout d'investisseurs à long terme. Les particuliers privilégient ainsi l'investissement de long terme pour se constituer un patrimoine. Les spéculateurs eux assurent la liquidité du système. L'investisseur à long terme peut ainsi vendre rapidement ses titres quand il le décide. On est loin du marché de la voiture d'occasions où le vendeur se doit de trouver un acheteur. La Bourse facilite cette rencontre et le spéculateur favorise les échanges entre les acheteurs et les vendeurs.

Ne sont listés ici que quelques idées reçues. Il en existe une multitude. La Bourse est encore trop peu connue dans le détail par le grand public mais aussi les médias pour mettre fin à ces préjugés.