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Gordon Shapiro, une méthode de valorisation rapide

Monde de l'entreprise

La valeur d'une action à un instant t dépend de l'offre et de la demande. S’il y a de nombreux acheteurs, le cours montera, et il chutera si le nombre de vendeurs s'envole. Mais ces acheteurs et vendeurs n'agissent pas aveuglément. Ils ont estimé la valeur théorique de l'entreprise avant de prendre position. Ainsi, un investisseur ne se placera pas sur une valeur qu'il juge surévalué. Mais comment juger de cette surévaluation ?

Une multitude de méthodes de valorisation est à la disposition des investisseurs. Au fur et à mesure des développements de la finance, le besoin de valorisation des actifs s'est fait croissant et une myriade de méthodes fut créée. La méthode de Gordon Shapiro est l'une des plus emblématiques dans la catégorie des flux. En effet, bons nombres de méthodes se basent sur le patrimoine de l'entreprise, ou sur des données historiques. La méthode de Gordon Shapiro se base elle sur l'avenir de l'entreprise.

Créée en 1956, la méthode de Gordon Shapiro du nom de ces deux auteurs, estime que la valeur actuelle d'un actif financier correspond à la somme des flux que percevra son détenteur. Autrement dit, la valeur d'une action est la valeur actualisée des dividendes à recevoir. La méthode de Gordon Shapiro ou dite de croissance perpétuelle, se calcule donc ainsi :

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Px : prix théorique de l'action
D : premier dividende à venir
k : taux de rentabilité demandé par les investisseurs
g : taux de croissance attendu des dividendes

Trois aspects doivent être retenus pour cette formule. D'une part, l'absence d'horizon. Le calcul se fait à l'infini. On estime que chaque année, la croissance attendue du dividende se répétera. D'autre part, la non-prise en compte des plus-values. En effet, selon les théoriciens, les plus-values dégagées ne sont pas significatives à très long terme. Dernier point, le taux de rentabilité attendu doit être constamment supérieur au taux de croissance des dividendes.

Autant il peut être aisé d'estimer le taux de rentabilité exigé, autant la croissance attendue des dividendes peut modifier rapidement la valorisation d'une action. Prenons l'exemple d'une action distribuant un dividende de 22,50 € par an, et dont le taux de rentabilité exigé est de 15%. Dans le cas où l'on s'attend à un taux de croissance des dividendes de 10%, la valeur théorique de l'action sera de : 450 euros. Si ce taux de croissance s'abaisse à seulement 9%, la valorisation chute à 375 euros.

Pour établir ce taux de croissance, l'investisseur pourra utiliser les dernières évolutions du taux de croissance et utiliser les prévisions des analystes qui sont parfois limitées à 2 ou 3 années. Utiliser une donnée de 2-3 années sur une durée infinie démontre les limites d'une telle méthode.

Cette méthode est pourtant utilisée quotidiennement par les analystes et les banques introductrices pour calculer la valorisation d'une action lors d'une introduction en bourse. Toutefois, cette méthode n'est pas utilisée seule. Elle doit être mise en place dans un environnement sectoriel. Ainsi elle est utile pour comparer plusieurs valeurs du même secteur. De plus, il est nécessaire de la coupler avec d'autres méthodes de valorisation comme le PER ou celle de l'Actif Net Comptable Corrigé.


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Les méthodes de valorisation restent des méthodes à moyen - long terme. Ainsi le taux de croissance des dividendes d'une entreprise n'évolue pas toutes les 5 minutes comme le cours d'une action peut le faire. Elle doit donc être étudiée pour du long terme.

La méthode de Gordon Shapiro est donc utile car utilisée. Mais elle porte en elle, ses propres limites. N'hésitez pas à lire les documents d'introductions des entreprises afin de voir son application mais surtout ne vous limitez pas à une seule méthode.