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Gérer un portefeuille Actions

Il ne suffit pas d'acheter des actions pour devenir un investisseur averti. Vous devrez gérer ensuite votre portefeuille dans son ensemble, afin d'en connaître au mieux les risques. Un seul mot d'ordre : DI-VER-SI-FIEZ ! La diversification vous permet, en ne mettant pas tous vos oeufs dans le même panier, de limiter le risque global que vous prenez.

Mais comment diversifier votre portefeuille ? Cette question revient à vous demander comment vous construire un bon portefeuille, c'est-à-dire un portefeuille qui vous permet d'obtenir une bonne rentabilité en prenant un minimum de risques. Il n'y a pas de règle absolue dans la diversification, car la diversification retenue dépend des préférences et des anticipations de chacun. C’est pourquoi vous devez cerner votre profil d’investisseur. Un bon portefeuille est celui qui correspond le mieux à vos objectifs.

Une fois que vous connaissez votre profil, vous pouvez en déduire ce qu'il vous faut mettre dans votre portefeuille. Reste à répartir le tout convenablement. Il existe actuellement deux approches pour construire un portefeuille : l'approche top-down (littéralement: "du haut vers le bas", et l'approche bottom-up (littéralement: "du bas vers le haut").

L'approche top-down


Présentation générale
Cette approche est la seule dont la pertinence a été démontrée par la théorie financière. Elle consiste à s'intéresser d'abord à la répartition globale du portefeuille entre les différentes possibilités de placement, puis, dans chaque catégorie, à sélectionner les titres qui conviennent le mieux. Par exemple, on peut décider d'affecter 20% des fonds à des actions asiatiques, 50% à des actions françaises, et 30% à des actions américaines. Cette diversification géographique n’est pas facile pour le petit épargnant, tant en raison du manque d’information que des coûts d’intervention sur une bourse étrangère. Il peut cependant investir à bon compte sur des valeurs étrangères cotées à Paris.

Au sein de chaque zone géographique, on réalise ensuite une nouvelle répartition par secteur d'activité. Par exemple, la moitié des fonds affectés aux actions américaines le sera sur les valeurs de l'informatique, 25% sur les valeurs de la pharmacie, et autant sur des banques.

Enfin, pour chaque secteur, on s’efforcera d’identifier les valeurs qui sont le plus susceptibles de progresser.

C'est cette approche qui est le plus souvent utilisée par les banques pour leurs clients, et que vous retrouverez dans la presse spécialisée.

Exemple pratique de construction d’un portefeuille d’actions
Avant toutes choses, vous devez réfléchir à l’évolution de la conjoncture économique et financière, non seulement au niveau national, mais aussi au niveau européen et mondial. Au niveau de la bourse, deux facteurs essentiels jouent favorablement : la baisse des taux d’intérêt, et la hausse des bénéfices des entreprises.

Le raisonnement est le suivant : toute baisse des taux rend moins cher le crédit, les consommateurs et les entreprises vont donc pouvoir emprunter plus facilement pour consommer ou investir, ce qui sera favorable à l’activité, et donc aux bénéfices des entreprises. Si ceux-ci augmentent, les dividendes distribués vont aussi augmenter. Il faut par conséquent acheter des actions qui vont rapporter plus du fait de la hausse des dividendes, et vendre les obligations qui rapporteront moins du fait de la baisse des taux. Ce raisonnement est en fait une anticipation des différents intervenants en bourse : ils se bâtissent un scénario relatif à l’évolution future de l’économie mondiale, et en déduisent ce qu’il faut vendre ou acheter, puis passent à l’acte.

C’est aussi ce que vous devez faire : pour vous aider, vous disposez de nombreuses sources d’informations dans la presse, à la télévision ou ailleurs.

Prenons un exemple de scénario. Vous pensiez que la création de l’euro permettra de bénéficier de bas taux d’intérêt, en même temps qu’elle favorisera la concurrence en Europe. La baisse des taux relancera la consommation et l’investissement, tandis que la concurrence accrue avantagera certaines entreprises, tandis que d’autres, trop petites pour survivre seules, se feront racheter par les plus performantes, qui chercheront ainsi à grossir plus vite. La relance de la consommation et de l’investissement va se traduire par une hausse des ventes des entreprises, donc de leurs bénéfices et, in fine, de leurs dividendes.

Le rachat de certaines entreprises se fera certainement à un prix très intéressant pour les détenteurs d’actions, il y a donc des perspectives de plus-values intéressantes. Cependant, vous pensez que les effets positifs de l’euro se feront surtout sentir sur les plus grandes économies d’Europe participant à la monnaie unique : l’Allemagne, la France, et l’Italie.

Par conséquent, il faut acheter en priorité des actions de la zone euro, et plus particulièrement des actions d’entreprises allemandes, françaises et italiennes. Mais lesquelles devez-vous privilégier ? Pour répondre à cette question, il vous faut maintenant analyser les conséquences de votre scénario pour savoir comment vous allez répartir les fonds entre les différentes actions.

Le choix des secteurs à privilégier

Ce choix dépend du scénario de base que vous avez élaboré. Reprenons le scénario décrit ci-dessus. La baisse des taux va d’abord favoriser les entreprises qui empruntent massivement. C’est en particulier le cas des banques, qui empruntent pour prêter à leurs clients. Ce secteur sera donc à privilégier, d’autant que l’avènement de l’euro va accélerer les fusions paneuropéennes dans ce secteur. La hausse de la consommation va profiter aux entreprises qui produisent ou qui vendent des biens de consommation : il faudra donc privilégier le secteur de la production de biens de consommation, et celui de la distribution. La reprise de l’investissement va augmenter les ventes des entreprises produisant des machines, livrant des usines clés en mains ou encore qui vendent des gros systèmes informatiques. Le secteur des biens d’équipement et de l’informatique d’entreprise sera donc à suivre. Enfin, la possibilité de rachat d’entreprises conduira à rechercher à des "cibles" potentielles.

En résumé, vous savez que vous devez vous intéresser aux actions d’entreprises appartenant aux secteurs suivants : banque, biens de consommation, biens d’équipement, distribution et informatique. Mais quelles actions choisir ?

Le choix des valeurs dans chaque secteur

Dans le secteur de la banque, vous allez vous intéresser aux établissements dont les résultats sont les plus sensibles aux variations de taux. Vous allez aussi privilégier des petites banques bien gérées qui pourraient être rachetées par des banques étrangères. A cet égard, la France devra être privilégiée, en raison de la petite taille et de la faible rentabilité de ses établissements bancaires.

Dans le secteur des biens de consommation, les entreprises fabriquant de l’électro-ménager, et dont les produits devraient rencontrer un grand succès, retiendront votre attention.

Pour les biens d’équipement, les entreprises allemandes du secteur, très en pointe en la matière, devront être suivies avec attention.

Du côté de la distribution, vous choisirez des enseignes connues, et/ou dont les résultats devraient croître le plus fortement. Les ensignes françaises sont les plus intéressantes.

Pour l’informatique, les entreprises les plus intéressantes seront celles qui sortiront -ou viennent de sortir- un nouveau système très recherché, ou qui disposent de bons atouts dans l’ingénierie.

Remarque sur le choix du support d’investissement

Il existe plusieurs manières de s’intéresser à une entreprise : ses actions, dont nous parlons dans cette fiche, mais aussi ses obligations convertibles, ses bons de souscription. Le choix du support dépend essentiellement de votre profil d’investisseur, et notamment du risque que vous êtes prêt à prendre. Sachez donc qu’il est tout-à-fait possible, plutôt que de se constituer un portefeuille d’actions, de se constituer un portefeuille à la répartition identique, mais composé de n’importe quel type de produit dont la performance dépend du cours des actions.

L'approche bottom-up


Présentation
L’approche bottom-up consiste à faire exactement l'inverse de ce qui a été fait précédemment. Certains fonds américains l'utilisent, et font ce que l'on appelle du "stock-picking" : ils choisissent des titres selon les opportunités, en fonction de leurs caractéristiques particulières, sans se préoccuper de la répartition globale de leur portefeuille entre différentes catégories. Même si elle n'est pas (encore ?) reconnue par la théorie financière, cette pratique ne semble pas -à priori- plus mauvaise que l'autre. A chacun de choisir son camp selon son tempérament !

Exemples
La société X a fait beaucoup de pertes au cours des exercices précédents, mais un plan de restructuration a été mis en place et les nouveaux dirigeants sont convaincants dans leur objectif d’un retour à une rentabilité élevée. A titre spéculatif, vous décidez d’acquérir quelques titres de cette valeur dite "de retournement", afin de parier sur le succès de la stratégie menée par les dirigeants, et donc sur la hausse future du titre.

L’entreprise Y, autrefois spécialisée dans la récupération et la revente de métaux, a fait évoluer son activité vers leur mise en valeur par le biais d’une filière complète de recyclage. Elle passe donc d’une activité à faible valeur ajoutée à une activité plus rentable et en forte croissance. Son titre change alors de statut boursier, et devient une valeur de croissance, ce qui justifie un prix plus élevé.

La société Z est une petite PME leader sur son secteur en France. Mais des entreprises étrangères pourraient bien s’y intéresser : vous pariez donc sur une OPA, et décidez d’acheter quelques titres.


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On pourrait multiplier les exemples à l’infini, tellement les situations peuvent être différentes. Au travers de ces trois exemples, vous comprenez néanmoins que, d’une manière générale, le stock-picking consiste à anticiper un changement significatif dans la situation des entreprises mises en portefeuille, ou à tirer parti d’une anomalie du marché (faible PER injustifié, forte baisse du cours inexpliquée du point de vue fondamental, etc.).