Institutions


FMI, le fonds monétaire international, pompier des Etats

Le FMI ou Fonds Monétaire International est l'une des institutions les plus décriées depuis les années 80, même si la crise financière de 2008-2009 semble lui redonner davantage de poids dans la refonte du système monétaire. Né en juillet 1944 avec les accords de Bretton Woods, le FMI avait alors pour objectif de stabiliser les échanges et le système monétaire après la Seconde Guerre Mondiale et la très grave crise qui aurait pu s'en suivre.

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Sommaire

  1. De la naissance aux années 70
  2. Les années 80 - 90
  3. Les années 2000
  4. Gouvernance

De la naissance aux années 70


En effet, tout le monde a alors en mémoire la grave crise de 1929. Celle là même qui s'est prolongée bien des années plus tard, et a même servi de terreau à l'arrivée du parti National Socialiste en Allemagne. Chaque pays s'était refermé sur soi et les mesures protectionnistes mises en place n'ont fait qu'allonger la crise économique de plusieurs années. Les Etats n'ont pas souhaité revoir planer le spectre de la crise financière après la fin de la seconde guerre mondiale. Ainsi le FMI a été chargé de distribuer les milliards de dollars de l'aide américaine aux pays européens notamment. Le FMI a aidé très clairement à la reconstruction de l'Europe mais aussi du Japon.

Le rôle du FMI est alors de stabiliser les prix et d'aider les pays dont l'économie ne permet pas de conserver des parités fixes par rapport à l'or ou au dollar. A l'époque, les monnaies ne pouvaient fluctuer que dans des fourchettes extrêmement limitées. Le FMI accordait alors à certains pays le droit de dévaluer ou de réévaluer leurs monnaies. Une économie qui n'est plus en adéquation avec sa monnaie peut sombrer dans la récession pour des raisons purement monétaire. Les dévaluations étaient donc la solution. Mais les déficits budgétaires américains fragilisent le système, et le FMI se doit en 1969 de créer une nouvelle monnaie qui s'appuie non plus sur le dollar, mais sur un panier de devises. Cette nouvelle monnaie, le DTS ou Droit de Tirage Spécial, permet d'assurer une meilleure stabilité monétaire et donne aux banques centrales la possibilité de diversifier leurs réserves. Les années 70 voient la fin du change fixe, et l'arrivée des taux de change flottant avec les accords de la Jamaïque. Autrement dit, chaque monnaie pouvait évoluer très fortement en quelques mois. Les rôles du FMI ont alors profondément évolué.

Les années 80 - 90


L'article 1 des statuts du Fonds Monétaire International pose ses buts "Encourager la coopération monétaire internationale; faciliter l'expansion et l'accroissement harmonieux du commerce mondial; promouvoir la stabilité des changes; aider à établir un système multilatéral de paiements; mettre temporairement, moyennant des garanties adéquates, ses ressources générales à la disposition des États membres qui font face à des difficultés de balance des paiements. Plus généralement, et conformément à ses autres buts, le FMI a pour responsabilité d'assurer la stabilité du système financier international." La stabilité n'est que l'un des aspects du FMI, et les années 80 désignent la décennie où le FMI a sans doute été le plus actif.

Pour faire face à plusieurs crises financières majeures, le FMI accorde de nombreux prêts aux pays concernés. Le point d’orgue est à mettre à l'actif du Mexique qui se déclare en cessation de paiement à compter de 1982. La situation est catastrophique et le FMI doit agir. Des prêts sont accordés mais non sans conditions. Le pays qui emprunte se doit d'appliquer un plan d'ajustements structurels majeurs. En effet, les problèmes de liquidités proviennent dans la plupart des cas d'éléments structurels et non conjoncturels. Ainsi le FMI veut réformer en profondeur des pays dont la philosophie et la culture sont rarement comprises correctement par l'institution. Ainsi chaque plan, qu'il porte sur un pays asiatique, d'Amérique Latine ou d'Europe, contient les mêmes solutions ou presque.

Le FMI prône ainsi une ouverture massive des frontières de chaque pays aidé. Pour le FMI, le commerce international est une étape majeure dans le développement économique d'un pays. Ainsi, le FMI n'hésite pas à obliger les pays à rediriger leur production agricole vers des denrées très recherchées sur le marché mondial au détriment de denrées utiles au marché locale. L'objectif est ici d'accroître les devises rentrant dans le pays afin d'acquérir les biens nécessaires à son développement. Pour le FMI, il est plus rentable de produire du coton par exemple; de le vendre 10, plutôt que de mettre en place une culture vivrière. Le montant des exportations servira alors selon le FMI à acquérir ces cultures vivrières et à investir dans l'industrie. Mais cette trop forte ouverture s'est traduite par une très forte dépendance des pays aux fluctuations des marchés. Ainsi le suivi strict de certaines règles du FMI ont conduit à des famines. En cas de baisses du prix des matières premières exportées, le pays ne pouvait plus acheter les denrées alimentaires nécessaires à la population, et encore moins investir. Afin de se développer, un pays doit asseoir son économie sur ses ressources propres. Se recentrer avant de s'exporter. Mais les politiques du FMI étaient toutes autres.

Le FMI est aussi un fervent défenseur des politiques anti-inflations. Des politiques de rigueur sont alors mis en place et les budgets publics sont sévèrement réduits. Les secteurs publics sont privatisés car le secteur privé est considéré comme plus productif. Le pays s'ouvre aux capitaux de tous les investisseurs, et rapidement le contrôle du pays n'est plus sous la main de la population et de l'Etat. Ces profonds changements ont mis à mal bien des économies. En effet, des changements aussi radicaux ne doivent s'envisager que dans la durée, sur plusieurs années, voire décennies. On ne passe pas d'une économie agricole à une économie de service à marche forcée. De plus, de tous temps, les économies se sont constituées d'agricultures fortes destinées au marché domestique avant de s'ouvrir à l'étranger. Le FMI a depuis une réputation des plus sulfureuses et est très critiqué par les associations altermondialistes.

Les années 2000


La crise des subprimes s'est propagée et a finalement touché tous les pans des économies dans le monde, et les Etats n'y ont finalement pas échappé. Le ralentissement des économies laisse souvent apparaître des
gouffres que l'on ne voit pas lorsque les croissances sont fortes. Ainsi le Fonds Monétaire International a été obligé d'aider massivement plus Etats européens afin de leur éviter une situation de cessation de paiement. Tout d'abord l'Islande en 2008. L'effondrement des banques a causé l'effondrement de l'Islande dont l'économie était en grande partie basée sur le secteur bancaire. Puis vient la Roumanie en 2009, et la Grêce en 2010 dont les déficits réels étaient en réalité bien supérieur aux déficits annoncés. Cette période a permis au FMI de reprendre une place prépondérante au sein des pays développés.


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Gouvernance


Le FMI est dirigé par un conseil d'administration de 24 membres avec à leur tête un président. 185 pays constituent actuellement le FMI et il est dirigé par Dominique Strauss-Kahn. La France a facilité cette nomination à la tête du FMI. La démocratie au FMI est avant tout financière car les votes sont fonction de la participation financière de chaque Etat. Les Etats-Unis, et l'Europe disposant de plus de 15% des droits de vote, ils sont à même de bloquer chacune des décisions.

La crise financière de 2008-2009 a remis le FMI sur le devant de la scène. Ainsi le Fond Monétaire International est l'un des outils utilisés par le G20 afin de stabiliser le système monétaire et de relancer la "machine". Le budget du FMI a ainsi presque doublé dépassant les 500 milliards de dollars. Mais le FMI évitera t-il les errements du passé pour réinstaurer la croissance dans le monde ?