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Flash Crash de 2010, le résultat du trading haute fréquence ?

Krachs boursiers

Les krachs font peur à bons nombres d'investisseurs. En quelques jours, un titre ou un marché peut s'effondrer de 10-15-30%. Les krachs ont jalonné l'histoire des marchés boursiers. Ils ont conduit plusieurs investisseurs à la ruine mais ils sont aussi indispensables pour purger le marché de ses excès. Un krach peut aussi être un point d'entrée des plus intéressants pour un actionnaire à long terme. Les valeurs étant massacrées, le cours peut devenir attractif pour un investisseur qui privilégie le long terme au très court terme.

Le krach classique s'étale sur quelques jours ou quelques mois, mais un autre krach a fait son apparition très récemment sur le marché : le flash crash. Comme son nom l'indique, le flash krach marque une très violente chute des cours en quelques minutes. La violence du choc est telle qu'un indice peut perdre 10% de sa valeur en moins d'une heure. Sur les actions, la chute est encore plus vertigineuse et se chiffre en 30-40-50% de baisse. Mais, bonne nouvelle, de par l'origine du flash crash, ses effets sont annulés aussi vite qu'ils sont apparus. En effet, le flash crash s'explique le plus souvent par une erreur informatique. Ainsi, un trader vend 100.000 contrats futures alors qu'il souhaitait n'en vendre que 1.000. Dans certains cas, la défaillance du système informatique peut conduire à transmettre sur le marché des ordres qui auraient du rester fictifs. Les raisons sont nombreuses mais elles ont toutes un point commun, le fond d'investissement, la banque ou le trader concerné inversera très rapidement sa position. Ainsi, si le trader a placé un ordre de vente de 100.000 contrats futures, il placera rapidement un ordre contraire, et le krach sera suivi d'une très forte hausse des cours. Autant dire que le flash crash est spectaculaire mais ses effets sont rapidement annulés. Si vous ne suivez pas les cours en temps réel tout au long de la journée, vous ne découvrirez le flash crash qu'en fouillant dans les échanges quotidiens.

Un des flash krachs les plus symboliques fut sans doute celui du 6 mai 2010 -rappelons toutefois que ces krachs restent encore des épiphénomènes-. Le contexte économique du 6 mai 2010 est plus que défavorable au marché. La crise grecque continue d'alimenter les craintes des opérateurs, et le risque de défaut de la dette est de plus en plus élevé. Les créanciers de la Grèce seront-ils remboursés ? La réponse n'est plus évidente. Autant dire que l'environnement ne pouvait qu'amplifier les effets du flash crash. Mais alors que le Dow Jones perdait déjà 2,5%, la perte s'est accélérée et en quelques minutes, l'indice américain s'effondre de 10% entraîné par cela par l'effondrement de plusieurs actions US, telles que Procter & Gamble. La volatilité s'envole. Mais quelques minutes après, le DJ rebondit fortement, mais cette hausse ne tient pas. L'indice chute avant pour rebondir à nouveau, et pour enfin de stabiliser. Tout cela s'est passé en moins de vingt minutes. Ce 6 mai 2010, le Dow Jones a clôturé à 10.520,32 points après avoir touché un plus bas à 9.787,17 points !

Cette baisse fut sans précédente dans sa rapidité. Les autorités de marchés se sont penchés sur le problème et ont ouvert une enquête. La SEC ou Securities and Exchange Commission -l'équivalent de l'AMF pour les Etats-Unis- se doit de trouver les raisons de cet effondrement. Mais avant même que l'enquête ne s'achève, certains marchés comme le Nyse et le Nasdaq décident d'annuler plusieurs ordres après leur exécution, tant ils ne correspondaient pas à la volonté des opérateurs. La crise grecque peut-elle expliquer à elle seule ce phénomène ? Rapidement, l'idée est battue en brèche. Un trader est alors pointé du doigt. Ce dernier aurait fait une erreur de saisie sur le titre Procter & Gamble. L'action a effectivement dévissé mais après vérification par Citigroup, la banque a confirmé qu'aucune erreur n'avait été faite. Les pistes mènent alors vers d'autres traders ou fonds mais les démentis se succèdent. Il faudra donc attendre le 1er octobre 2010 et le rapport de la SEC pour en savoir plus, soit près de 5 mois après le flash crash.

Le rapport de la SEC met sous les feux des projecteurs un ordre de quelques 75.000 contrats futures portant sur l'indice S&P, les fameux contrats E-Mini. Un ordre de vente portant sur 75.000 contrats qui plus est selon des modalités où seul le volume compte. Le prix ou encore le délai d'exécution n'est pas précisé. Autant dire que l'ordre a avalé une grande partie du marché, et a provoqué un effondrement du prix du contrat future entraînant avec lui, les autres valeurs. Les traders s'inquiétant de la baisse des contrats futures, et surtout, les systèmes automatisés qui se sont déclenchés pour vendre les actions, et d'autres contrats à terme. L'emballement était lancé. Seule une action humaine pouvait arrêter le processus.

Mais d'où peut bien provenir un ordre de vente représentant 1/3 du marché des E-mini ? Un trader aurait-il commis une erreur de saisie ? Non. Le coupable aurait pour nom THF pour Trading Haute Fréquence. Cet ordre serait effectivement sorti de la boite noire des algorithmes de trading qui aujourd'hui représentent la majorité des ordres sur le marché. Ces systèmes permettent de passer plus de 1.000 ordres à la seconde dans des volumes plus qu'importants. La banque gagne alors sur les micro plus-values et les anomalies de marché. Le volume transformant la très petite plus-value en gros bénéfices. Le trading haute fréquence est ainsi devenu avec ce krach le symbole même de la spéculation et de ses dérives. D'autres exemples de dérive du trading haute fréquence ont été mises à jour depuis cet évènement, et les gouvernants n'hésitent plus à mettre en place des taxes pour limiter le phénomène


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L'extrême volatilité des marchés et la déconnexion totale entre les volumes échangés quotidiennement et la valeur économique des biens échangés sont devenues telles que les marchés boursiers peuvent provoquer la ruine d'un pays. Un meilleur contrôle des marchés et les outils nécessaires pour distinguer le bon grain de l'ivraie sont encore à créer. Un vaste chantier pour les gouvernants et les marchés boursiers dans l'avenir.