Macroéconomie


L'économie de l'Internet

Internet est un outil formidable de communication et d'échanges à travers le monde. Mais c'est aussi un des secteurs de l'économie où les taux de croissance sont des plus volatiles. En quelques années, avec un bon "produit", certaines start-ups sont devenues des entreprises très rentables. D'autres, au contraire, ont sombré dans l'anonymat avec plusieurs millions de pertes à la clé pour les capitaux risqueurs.

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Internet s'industrialise en France. Finie l'époque des business plan fait sur un coin de table. Aujourd'hui, Internet est régi par les memes notions économiques que l'économie traditionnelle. Mais quels sont les business models qui existent actuellement ? Comment un site arrive t-il à survivre ou se développer ?

Sommaire

  1. Les différents Business Models
  2. le B to C
  3. Quelques réussites
  4. Quelques échecs

Les différents Business Models


Comme toute entreprise, un site génère des coûts. Ces coûts sont de toute nature : charges informatiques (les frais d'hébergement du ou des serveurs), frais de personnels (ingénieur, webmaster, commerciaux), taxes et impots divers, location de bureaux, etc... Pour financer ces différentes charges, tout site doit générer du chiffre d'affaires.

Un site Internet peut s'adresser à deux sortes de clients, à savoir :

le consommateur lambda (vous, moi, tout le monde)
Un terme anglais désigne ce business model comme le B to C : Business to Consumer. Le site Internet s'adresse à un client dans le but de lui vendre des services, des produits, ou tout simplement de l'information.
On peut citer des sites comme Boursorama, Amazon ou bien encore Free.fr

d'autres entreprises (SARL, SA, SCI, etc)
Les services et produits d'un site Internet peuvent intéressés uniquement les entreprises. On parle ici de B to B : Business to Business. Ainsi des sites spécialisés dans l'Intranet, l'aide aux PMI ou bien la vente de matériels de bureaux.

A l'origine de l'Internet français, nous avons évolué d'un paysage essentiellement composé de sites B to C à des sites davantage B to B. En 1999-2000, il était assez facile de générer beaucoup de chiffres d'affaires publicitaires sur un site Internet. Depuis les choses ont bien changé.

Mais comment, aujourd'hui, un site B to C (comme Edubourse) peut-il générer suffisamment de chiffres d'affaires ?

le B to C


Prenons l'exemple concret d'Edubourse. Créé en 1998, votre site préféré (non ? :-) est passé d'un chiffre d'affaires réalisé à 100% par la publicité à moins de 30%. Il était donc nécessaire d'évoluer vers d'autres sources de rémunérations.

Publicité au CPM
Après une très forte baisse des budgets publicitaires en 2001 et 2002, les prix ont également fortement chuté. Ainsi le CPM, indicateur clé en publicité sur Internet, est passé de 40-50€ à moins de 2-3€ dans certains cas (moins de 1€ pour certains annonceurs comme les Casinos).
Le CPM, le coût par mille, correspond à la somme à laquelle les publicités sont vendues. Ainsi, à chaque fois que 1.000 bannières publicitaires sont vues, le site perçoit le montant du CPM.

Sur ce montant, il convient de supprimer le montant de la régie publicitaire. Les sites n'ont pas pour métier de vendre de la publicité, et la plupart du temps, ils confient ce role à une régie publicitaire (Real Media par exemple) qui prélève un montant de 30 à 40% du montant total.

Depuis deux ans, le CPM a été sévèrement concurrencé par le CPC et le CPA.

Publicité au CPC
Le CPC ou Coût par Clic rémunère le site Internet à chaque clic. Ainsi à chaque fois que le visiteur clique sur une bannière, un bouton, le site perçoit un montant fixe. Il va de soi que si le visiteur clique 20 fois sur la meme publicité, le site ne percevra qu'une seule fois le montant du clic.
Le CPC est compris entre 5 cts d'euros à 30 cts d'euros.

Publicité au CPA
Le CPA permet aux annonceurs de ne payer que si ils obtiennent les coordonnées du visiteur. Un visiteur voit une bannière publicitaire (le site ne perçoit rien). Il clique dessus (il ne perçoit rien). Il visite le site en question (il ne perçoit rien). Il laisse ses coordonnées pour davantage d'informations (là le site perçoit).

Le CPA est très fluctuant. Il va de 0,5€ pour une simple inscription à une newsletter à 15€ pour certains formulaires très spécifiques.

l'Affiliation
De nombreux sites marchands ont lancé des systèmes d'affiliation. Ainsi un webmaster peut s'affilier à un gros site (tel Amazon) et proposer à la vente des livres. A chaque livre vendu, le site perçoit un pourcentage de la vente (5% à 15%). Outre une rentrée d'argent, l'affiliation permet aux sites Internet de rendre un service supplémentaire à leurs membres/visiteurs.

la vente de services
Dans le domaine de la Bourse en Ligne, de très nombreux sites proposent à leurs membres des conseils boursiers payants, des alertes SMS ou bien encore la possibilité de passer des ordres. Tous ces services, payants, permettent d'accroître le chiffre d'affaires d'un site.

La vente de conseils boursiers n'est toutefois pas la panacée universelle. Beaucoup de sites boursiers ont fermé leurs portes malgré des conseils de bonne qualité. L'internaute reste encore un peu frileux pour acheter du service sur le Net. Quant à ceux qui prodiguaient de mauvais conseils, même sans la chute de la Bourse, ces sites n'auraient pas survécu longtemps.

Suite à la forte baisse de la publicité On Line, de nombreux sites ont diversifié leurs sources de revenus. Ceux qui n'ont pas réussi cette mutation ont fini par mettre la clé sous la porte.

Quelques réussites


Devenir riche en deux mois, c'est désormais chose "impossible" sur le Net. Un site doit faire ses preuves avant d'intéresser les capitaux risqueurs ou la Bourse.

Toutefois en quelques années d'existence, l'Internet a connu de très belles réussites.

Boursorama
Créé en 1998, Boursorama a été développé par les fondateurs de Finance-Net. Dès sa création, le site a vu son audience s'envoler. Il correspondait à une attente croissante des internautes : disposer en un même endroit de toute l'information boursière disponible. En quelques mois, le site est devenu le premier site boursier en France.

En avril 2002, Fimatex rachète Finance-Net, la maison mère de Boursorama pour un montant de 44 millions d'euros. Depuis Boursoramaa intégré Fimatex, puis Self Trade. Le site est vu chaque mois par plus de 2,1 millions de visiteurs. Boursorama est aujourd'hui le premier courtier en ligne français.

Amazon
Créé en 1995 par Jeff Bezos, Amazon est sans doute le site le plus nommé quand on parle de l'Internet. Amazon et Internet ne peuvent quasi plus se différencier.

Cette librairie en ligne est devenue la première librairie On Line mondiale. Amazon est certes connu pour sa formidable ascension mais également pour ses incroyables pertes. Pendant de longues années, Amazon a annoncé des pertes toujours en hausse malgré des taux de croissance du chiffre d'affaires des plus conséquentes.

Le site est désormais rentable et continue de s'étendre à travers la planète de l'Internet.

Ebay
Ebay a fait son arrivée en France avec l'achat d'I-Bazar et de sa célèbre, Simone :-) Ebay a ainsi préféré racheter le numéro 1 français plutot que de se lancer seul sur le marché français, toujours très difficile pour les investisseurs étrangers.

Ebay est devenu le premier site de ventes aux enchères du monde. Tout à chacun peut mettre en vente ses produits moyennant une commission. C'est cette commission qui fait le chiffre d'affaires d'E-Bay.

Quelques échecs


Après la folie boursière du début des années 2000, beaucoup de start-ups se sont rapidement trouvés à court d'argent. Quelques unes des plus emblématiques :

Boo.com
Des dizaines de millions de dollars ont été dépensés dans cette start-up en quelques mois. Des dizaines de millions dépensés en informatique et en publicité pour rien. Boo.com souhaitait devenir à terme une boutique virtuelle mondiale proposant la vente de vêtements High-Tech. Bernard Arnault fut l'un des grands perdants de cette aventure.

Vizzavi
Vizzavi ou comment croire que l'argent peut tout faire. Vizzavi a été développé par Vivendi Universal sous le giron de Jean-marie Messier. Vizzavi devait devenir une plate-forme multi-modale. Une façon de regrouper à terme, l'Internet, la téléphonie et tous autres médias. Les Internautes n'ont pas été au rendez-vous. Quelques mois après son lancement, le site a diminué fortement ses ambitions.


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ZeBank
Trop en avance sur son temps ? Peut être. ZeBank avait sans doute dix ans d'avance en France ou quinze ans de retard. L'objectif était simple : devenir la première banque virtuelle en France. Mais en France, la banque virtuelle est encore, quelques années plus tard, encore au stade embryonnaire. Depuis ZeBank a été racheté par Egg Plc. Quelques mois après cette acquisition, Egg Plc a annoncé la volonté de céder cette filiale bien trop couteuse en ressource et Egg France a été cédé à la Banque Accord.