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Déontologue, un métier d'avenir

Métiers de la Finance

Le monde de la finance est jonché depuis plusieurs années de scandales. De l'affaire Enron, au scandale du Libor et même en passant par la fraude fiscale de Jérôme Cahuzac, il ne se passe plus un semestre sans que le monde de la finance au sens large ne soit mis sous les feux des projecteurs. Pour se protéger d'éventuels scandales, un nouveau métier a fait son apparition. D'abord dans les pays anglo-saxons sous le vocable de Compliance Officer, il se développe désormais en France sous le nom de déontologue.

Le déontologue a pour fonction de réduire les risques inhérents à toute institution financière de part sa nature même, mais aussi aux risques liés aux relations parfois tendues existantes entre les dirigeants et leurs salariés. Il ne s’agit pas pour lui de limiter les risques financiers liés à un mauvais placement, mais plutôt de réduire les risques administratifs et pénaux de plus en plus nombreux. Ainsi le déontologue apportera à la fois son aide au directeur poursuivi pour des faits de harcèlement moral, comme il sera la liaison entre la banque et Tracfin -Traitement du Renseignement et Action contre les Circuits FINanciers clandestins- dans le cadre des enquêtes sur le blanchiment d’argent. Les institutions financières sont en effet sujets à de nombreux risques, et elles se doivent de respecter une réglementation de plus en plus stricte. Alors qu’autrefois, les banques ne se souciaient pas de l’origine des fonds qu’elles recevaient pour le compte de clients, elles doivent désormais étudier avec soin les mouvements suscepts qui pourraient s’expliquer par du blanchiment d’argent, des délits d’initiés ou encore même des activités terroristes.

Le rôle du déontologue dans ce nouvel environnement économico-juridique est donc essentiel. Il se doit d’être constamment informé des nouvelles règles, lois et directives que se doivent de respecter son organisation. L’objectif est pour la banque de ne jamais se retrouver en défaut juridique. Elle doit en permanence être dans la légalité pour éviter toute condamnation pénale ou administrative. Des organismes d’Etats peuvent interdire à une banque d’exercer son métier si cette dernière ne respecte pas la réglementation. Avec son bagage de compétences en main, le déontologue fixera des règles précises au sein même de l’organisation pour éviter les dérives. Ainsi pour éviter qu’un compte ne serve à blanchir de l’argent, le déontologue peut mettre en place une procédure visant à limiter très sévèrement les dépôts en liquide, ou encore à bloquer certains comptes de façon automatique si l’activité de ces derniers se révèle suspecte. Le but est ici de prouver aux autorités compétentes que la banque a tout mis en oeuvre pour limiter les dérives. Une banque ne sera pas condamnée parce qu’un client aura déposé sur ses comptes des sommes d’argent provenant d’activités illicites, mais parce qu’elle n’aura pas tout mis en oeuvre pour détecter ou limiter ces dérives. Ces règles et outils pourront se retrouver au sein de l’activité bancaire classique, mais aussi sur l’activité de marchés. Les transactions boursières peuvent aussi violées la loi si elles ont pour fonction de manipuler le marché ou encore si elles sont issues d’un délit d’initié. Les outils et rapports du déontologue doivent ainsi englober tout la sphère des activités de la banque. Jusqu’à la Muraille de Chine. Cette dernière qui sépare plusieurs activités de l’entreprise, se doit d’être imperméable. Hors de question que les analystes financiers promeuvent des titres sans prévenir que la banque en détient par exemple. Le déontologue doit donc développer des outils utiles a priori mais aussi a posteriori.

Les seuls systèmes informatiques ne suffisent pas à limiter les risques financiers. Il est ainsi indispensable de former le personnel, mais aussi les dirigeants, aux nouvelles règles. Le déontologue doit donc mettre en place des formations à destination de l’ensemble des salariés, afin de limiter au maximum les risques. Les cadres seront formés par exemple au harcèlement sexuel et moral, les salariés du contrôle recevront les dernières méthodes pour déceler les activités illicites, ou encore les dirigeants devront tout faire pour que d’éventuels délits d’initiés ne puissent bénéficier à l’entreprise. Ces formations devront être régulières pour tenir compte de l’évolution de la réglementation.


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Les compétences du déontologue sont nombreuses. Lié le plus souvent à la direction générale, il agit de façon autonome. Il ne doit pas subir de pressions des organes contrôlés. Dans le même temps, ses relations avec les autres salariés doivent être exemplaires. De bonnes relations vont faciliter grandement la transmission de son message. Très honnête et incorruptible, le déontologue reste un administratif. Il rédige de nombreux rapports et notes. Ses capacités d’analyses, de synthèse et de rigueur sont donc essentielles. Sa rémunération s’en ressent. Un débutant gagne plus de 30.000 euros par an, alors qu’un déontologue confirmé recevra plus de 70.000 euros. Pour ceux qui souhaiteraient devenir déontologue, deux filières s’offrent à eux. D’une part, une filière juridique. Le déontologue est un féru de droit, et dispose au moins d’un mastère 2. Il aura alors suivi une formation complémentaire en finance. D’autre part, une filière économique et financière. Très compétent en finance, il aura développé ses connaissances en droit. Le droit reste l’un des points forts du déontologue. Par la suite, il pourra évoluer en se spécialisant sur des activités financières plus pointues, ou au contraire se tourner vers d’autres activités juridiques.

Déontologue est un métier en plein boom. Les banques et autres institutions financières ne pourront désormais plus se passer d’un excellent déontologue pour répondre à des autorités toujours plus exigeantes en matière de sécurité financière.