Analyse fondamentale



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Capitaux propres : la richesse des entreprises ?

Les capitaux propres sont l'une des grandes masses du bilan comptable d'une entreprise au même titre que les dettes, les immobilisations ou bien encore les créances. Les capitaux propres se situent dans le Passif du bilan (colonne habituellement figurée à droite des bilans). Ce passif se compose de tous les éléments que l'entreprise "doit", à savoir :

les dettes qu'elle a pu contracter auprès des banques, des établissements de crédits mais aussi de ses fournisseurs et de l'Etat;
les capitaux propres, qu'elle "doit" dans une bien moindre mesure à ses actionnaires. Les réserves et résultats générés par l'entreprise au fil des années sont également dus aux associés en cas de liquidation de l'entreprise.

Le passif désigne donc l'ensemble des ressources de l'entreprise, et l'actif les besoins. Les seuls capitaux propres ne sont que l'une des ressources nombreuses de l'entreprise. Mais ils sont essentiels à l'entreprise car ils déterminent bien souvent sa capacité de développement dans l'avenir.

Définition des capitaux propres


Les capitaux propres correspondent aux fonds provenant soit des actionnaires soit des bénéfices de l'entreprise ou encore de partenaires non actionnaires. Ils n'ont pas vocation à être remboursés dans un avenir proche. Ils se décomposent en plusieurs postes :

le capital social
La notion économique de capital social est des plus limitées dans les grands groupes. Il s'agit du capital initial de la société sans tenir compter des éventuels bénéfices que celle-ci aurait réalisé tout au long de son développement. La notion de capital social est donc juridique. En effet, pour créer une Société Anonyme, il est nécessaire de disposer à lors de la création de 37.000 euros (1 euro pour une SARL). Le nominal de chaque action se calcule alors en divisant le capital social par le nombre d'actions composant ce dernier. Le capital social peut évoluer dans le temps en cas de réduction de capital ou d'augmentation de capital. Son intérêt d'analyse reste toutefois limité.

les primes d'émission
Supposons une entreprise qui décide d'accroître son capital pour obtenir de nouveaux financements, et faciliter son développement, ou encore réduire sa dette. La société existe depuis plus de 10 ans, et a réalisé d'importants bénéfices. La valeur de l'entreprise est donc bien supérieure au simple capital social. Ainsi le cours d'émission pourra sensiblement être différent du nominal de l'action -représentatif des premiers capitaux apportés par les actionnaires-. Le fait que la société soit estimée 250 euros par action aujourd'hui n'impacte pas le montant du nominal qui lui restera fixe (sauf opération financière destinée à l'accroître). Une prime d'émission sera donc calculée pour tenir compte de cette meilleure valorisation. Cette dernière correspond à la différence entre le montant du nominal et le prix de l'émission. Si l'entreprise émet des actions à 15 euros alors que le nominal n'est que de 3 euros par action, la prime d'émission sera de 12 euros par titre émis.

Cette différence s'ajoutera au poste "Primes d'émissions". Vous observerez que les primes d'émission sont le plus souvent très largement supérieures au simple capital social qui pourtant figure obligatoirement sur tous les courriers de l'entreprise. Les primes d'émission pourront toutefois être réincorporées dans le capital social en augmentant la valeur nominale de ce dernier par exemple. Un plus fort capital social permet d'asseoir la sécurité ressentie vis à vis d'un public extérieur. Il est plus aisé de faire confiance à une société avec 1 million de capital social, que 10.000 euros, même si les deux sont valorisées du même montant.

les réserves
Lorsqu'une entreprise a réalisé un résultat net positif au cours de l'année, elle a principalement le choix entre distribuer ces bénéfices à ses actionnaires via la distribution de dividendes ou les incorporer aux réserves. Ces réserves sont au nombre de trois :

la réserve légale : un pourcentage fixe du résultat net doit être mis en réserve automatiquement jusqu'à l'atteinte d'un seuil prédéfinie par la loi. Cette réserve est obligatoire et fixée par la loi (sous certaines conditions). Elle doit être abondée même si l'entreprise souhaite distribuer tous ses bénéfices à ses actionnaires;

les réserves réglementées : les réserves réglementées peuvent être créées pour bénéficier d'avantages fiscaux notamment. C'est ainsi le cas pour les plus-values de long terme qui ont tout intérêt d'être placées dans ce compte afin de bénéficier d'avantages fiscaux;

les autres réserves : il s'agit de réserves décidées par le conseil d'administration et votées lors de l'Assemblée Générale. Leurs objectifs sont divers et variés.

Dans tous les cas, les réserves sont à analyser avec précision tant elles peuvent être largement supérieures au seul capital social.

le report à nouveau
A la fin de chaque exercice, l'entreprise détermine son résultat net, déficitaire ou bénéficiaire. Une fois défini, le résultat net, s'il est positif, est réparti entre les réserves et les dividendes à verser. Les sommes non affectées sont portées au poste "report à nouveau". Le report à nouveau regroupe donc toutes les sommes qui n'ont pas été ventilées ailleurs. Il n'a pas vocation à représenter un poste important des capitaux propres.

le résultat net
Avant l'affectation de ce dernier, le résultat net apparaît dans les capitaux propres. Une fois affecté, le résultat net se répartira entre les réserves, les dividendes et le report à nouveau. Le résultat net ne correspond pas à des fonds apportés par les actionnaires, mais à l'activité générée par l'entreprise. Le résultat net correspond à la différence entre les produits et charges de l'entreprise.

Interprétation des capitaux propres


Le passif d'une société permet d'observer l'origine des fonds nécessaires à l'investissement et à l'exploitation. Si la part des capitaux propres est très faible par rapport aux autres dettes (dettes financières et dettes fournisseurs), l'entreprise sera exposée à des risques externes importants. Le dirigeant doit ainsi constamment jongler entre une rentabilité financière élevée en augmentant sa dette par rapport à ses capitaux propres, et une dette contrôlée. Trop de dettes peut influencer la stratégie du dirigeant à cause d'une trop grande pression des banques. Mais une dette insuffisante peut impacter le développement du groupe et obérer fortement la rentabilité pour les actionnaires. Une entreprise saine et rentable est souvent une entreprise endettée.

en cas de hausse des taux d'intérêts, si l'endettement est constitué de dettes à taux variables, elle verra ses charges financières s'accroître et pourra mettre en péril la survie même de l'entreprise. Autant il est relativement facile d'annuler un dividende une année, autant les créanciers exigent des remboursements réguliers;


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le non-paiement d'une échéance peut rapidement provoquer l'arrêt de l'activité. Un fournisseur non payé peut ainsi bloquer tout échange avec une entreprise jugée insolvable;

ses moyens de développements seront limités. Elle n'aura plus la possibilité de faire appel à d'éventuels prêteurs à cause d'un endettement massif, et les actionnaires ne seront que peu enclins à apporter de l'"argent frais" à une entreprise si endettée. Une part non négligeable des augmentations de capital est avant tout destinée à réduire l'endettement d'un groupe plutôt qu'à se développer.

Les structures à faible montant de capitaux propres et fort endettement ont connu leur apogée dans les années 80 avec les développements des LBO qui permettaient de financer des acquisitions en ayant recours uniquement (en très grande partie) à de la dette financière. Autrement dit, les investisseurs rachetaient les entreprises avec une mise de fonds très faible, endettaient au maximum l'entreprise et cédaient rapidement les activités les moins rentables. L'activité principale était alors poussée à son paroxysme afin de dégager le maximum de trésorerie pour rembourser la dette contractée. A l'issue de l'opération, les investisseurs revendaient leurs parts au prix d'une entreprise désendettée alors que leur investissement initial n'était que de 10% de la valeur finale. Aujourd'hui, les dirigeants sont revenus à une gestion plus saine de leurs activités, même si les affres de la Net Economy et les scandales comptables à la Enron ne sont pas rares. Les capitaux propres restent un élément essentiel.

Les capitaux propres sont donc scrutés de près par les investisseurs. Mais ils ne représentent pas pour autant la réelle richesse de l'entreprise. Les actifs sont les seuls éléments ayant de la valeur pour une entreprise. Les capitaux propres ne sont en réalité qu'une des sources de financement de l'entreprise.