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La Bourse influence-t-elle votre quotidien ?

Premiers Pas

Cette question n’a de sens que pour celles et ceux qui n’ont pas investi le moindre centime en actions, sicav, assurance-vie ou autres obligations. Car les investisseurs savent qu’une forte baisse des marchés boursiers peut avoir une influence directe sur leurs revenus. Que ce soit au niveau des dividendes perçus, des plus-values potentielles ou encore de la performance de leur Sicav. Mais qu’en est-il de la majorité des ménages français qui ne dispose pas d’une telle épargne ? Une hausse, ou une baisse, des marchés financiers peut-il avoir un impact direct ou indirect sur leur quotidien ?

Pour la très grande majorité des ménages, la Bourse n’a aucune influence sur la vie quotidienne. Le Smic n’augmentera pas avec la hausse de la bourse, et il ne diminuera pas non plus. Vous ne trouverez pas plus facilement un emploi, ni perdrez plus facilement le votre. Le prix de la baguette ne triplera pas à cause de l’augmentation du CAC 40 et votre propriétaire continuera à percevoir vos loyers. Mais dans certains cas très précis, la bourse et les marchés financiers au sens large peuvent changer votre quotidien de façon radicale.

Les licenciements boursiers sont l’un de ces cas. Même si l’expression est souvent galvaudée, elle a toutefois une réalité. Un licenciement boursier est en fait un licenciement qui n’aurait pas été réalisé si l’entreprise n’était pas cotée sur les marchés boursiers. Une entreprise cotée devra négocier avec des actionnaires plus âpres qu’un actionnariat familial. Autant l’actionnaire d’un groupe familial ne verra aucun mal à ne pas percevoir de dividendes les années de « vache maigre », autant un actionnaire financier souhaitera obtenir une performance élevée de son investissement. Il n’hésitera pas à pousser les présidents à rechercher la performance à court terme au détriment de la performance à long terme. Cette obligation de résultats parfois au-delà des limites de l’entreprise peut pousser le dirigeant à licencier une partie de son personnel, ou à délocaliser la production dans le but de répondre à cette demande des actionnaires. Si l’entreprise voit son cours de bourse chuter, elle pourra dire adieu à ses rêves d’augmentation de capital dans les années à venir, les actionnaires étant devenus méfiants. Ces licenciements qui ne s’appuient pas sur de réelles raisons fondamentales se traduisent par des familles touchées par le chômage. De fait, la bourse peut impacter la vie quotidienne d’un ménage où l’un de ses membres vient d’être licencié dans le cadre d’un licenciement boursier ou à qui l’on a proposé une délocalisation en Roumanie, comme la loi y oblige les entreprises.

La Bourse est un lieu d’échanges. Tout s’y échange. Que ce soit des actions, des obligations, des dettes hybrides, des devises mais aussi des matières premières. Ainsi, le blé, l’orge, le maïs, le pétrole, l’or, sont autant de matières premières qu’il est possible d’échanger sur les marchés financiers. Certes les prix d’échanges correspondent bien souvent à une réalité économique –le prix du blé s’envole lorsque les récoltes sont mauvaises- mais ils ont aussi une composante spéculative plus ou moins importante. Le quidam peut aisément comprendre que le prix de telle ou telle denrée lui reviendra plus cher si les récoltes ont été mauvaises, et ne verra pas d’un mauvais œil l’effondrement du prix du lait si la surproduction est de mise. Mais les prix peuvent aussi grimper avec la seule spéculation. Cette spéculation qui tend à vouloir acheter aujourd’hui avec l’espoir que le prix s’envolera plus tard, ce qui conduit tout naturellement les prix à s’envoler dès aujourd’hui. Ces variations de prix se retrouveront en bout de chaîne dans le panier des ménages français. Ainsi l’essence pourra afficher des records de prix, les produits à base de plastique (dérivé du pétrole), de blé (les pates par exemple) pourront voir leur prix grimper en flèche. Ainsi, si la bourse n’a pas eu d’impact sur vos revenus, elle peut en avoir sur vos dépenses. L’achat de la gourmette en or pour la naissance du petit dernier vous coutera bien plus cher aujourd’hui qu’il y a dix ans. La France reste toutefois relativement épargnée par les évolutions erratiques des prix des matières premières. Nous achetons principalement des produits transformés, et pour beaucoup fortement taxés. Ainsi les taxes jouent le rôle d’amortisseurs, à la hausse et à la baisse. Mais dans les pays non développés, une hausse des prix du blé pendant quelques mois liée uniquement à la spéculation, ou non, peut avoir des conséquences dramatiques pour la population conduisant jusqu’à des famines –les populations n’ayant plus les moyens de se nourrir, soit à cause d’une baisse des prix des produits agricoles qu’ils produisent, soit à cause de la hausse des matières qu’ils achètent. En 2008, de nombreux pays ont ainsi subi des émeutes de la faim comme en Egypte, au Maroc ou encore à Haïti.

Mais la bourse peut aussi améliorer votre patrimoine. Prenons le cas d’une entreprise cotée en bourse. Elle pourra sans réelle difficulté proposer à ses salariés des actions gratuites via un plan d’épargne entreprise. Elle y trouvera ainsi un moyen de motiver ses salariés, et ces derniers bénéficieront d’une épargne supplémentaire avec une fiscalité avantageuse. Il est possible de pratiquer de même sans être coté sur les marchés mais la cotation facilite grandement la mise en œuvre d’une pareille distribution. La société peut en effet profiter d’une baisse de son action pour racheter des titres à bon compte et les attribuer à ses salariés plusieurs mois plus tard. Bien peu d’entreprises sont toutefois cotées en bourse, mais beaucoup distribuent des actions gratuites. C’est un outil classique de motivation des salariés.

Que ce soit le licenciement boursier, la hausse des prix des matières premières, ou le plan d’épargne entreprise, tous ont un impact direct sur vos revenus ou vos dépenses. Mais la bourse n’aura pas qu’un impact direct sur votre budget. Ainsi les circonstances peuvent impacter très lourdement votre budget mais de façon totalement indirecte. La bourse n’est que l’un des nombreux véhicules utilisés par les investisseurs et les fonds d’investissements pour placer leur argent. Ainsi, un investisseur peut tout aussi bien décider d’investir dans l’immobilier, les œuvres d’arts, les actions ou même directement en créant son entreprise. La bourse a donc de multiples concurrents. Si la bourse augmente fortement, elle attirera davantage de capitaux. Ces capitaux viendront en diminution d’autres secteurs. Ainsi lorsque la bourse augmente, le secteur de l’immobilier a davantage de difficultés à trouver des financements et à construire de nouveaux logements. Par extension, les prix de l’immobilier grimperont à cause de cette pénurie de nouvelles constructions. Les ménages auront alors plus de difficultés à se loger. Au contraire, un effondrement des marchés boursiers se traduira par une réaffectation dans l’immobilier et d’autres secteurs. De nouveaux programmes immobiliers seront construits en dépit du bon sens et il sera difficile de trouver des locataires dans certaines zones. Les prix pourront alors s’effondrer mais dans des zones géographiques très précises. La bonne santé de la bourse est aussi liée aux taux d’intérêts. Ces mêmes taux d’intérêts qui influencent grandement le coût de l’acquisition d’un bien immobilier. Une hausse des taux, et votre projet immobilier pourra s’en voir amputé d’une ou deux pièces pour tenir compte de l’augmentation du coût du crédit.

Plus anecdotique avec le cas des banques. Si ces dernières ont perdu massivement sur les marchés financiers, elles auront naturellement tendance à essayer de récupérer leurs pertes via leur clientèle « captive », à savoir les particuliers. Ces derniers verront une augmentation quasi mécanique de la tarification bancaire qui leur sera appliquée. Une forte baisse des marchés boursiers en 2010 peut donc se traduire par une hausse du prix de votre carte de retrait en 2011.

Autrefois cantonné aux seuls marchés financiers, les crises boursières ont désormais envahi l’économie. Ainsi la crise financière de 2008 liée aux subprimes US s’est propagée sur les places boursières avant de revenir sur le devant de la scène économique via la crise de la dette souveraine. Une fois que l’économie a été touchée par l’effondrement des marchés boursiers, tout à chacun peut être touché par la crise économique qui s’en suivra. Les investisseurs ayant perdu de fortes sommes d’argent ne pourront plus consommer, et diminueront d’autant l’activité économique du pays. Les entreprises pourront donc être amenés à licencier une partie de leur personnel et impacter ainsi de nombreux ménages français. Une fois économique, la crise peut toucher tous les ménages français.


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Il est d’usage de dire que la bourse n’a pas d’impact direct sur la vie quotidienne des français mais au fil des années, la bourse et les marchés financiers ont pris un tel poids dans l’économie qu’un soubresaut des marchés peut avoir un impact direct ou indirect sur vos finances personnelles. Par le passé, les krachs n’avaient d’impact que si la crise se propageait à l’économie. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et plus personne n’est à l’abri d’un licenciement boursier ou encore d’une hausse du prix des matières premières.