Places boursières



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Bourse d'Alger, une place boursière encore naissante

Alors que la place boursière de Paris prend ses racines dans les rues de la capitale au XVIIIème siècle, la bourse d'Alger en est encore à ses balbutiements, et ses premiers pas sont encore loin de satisfaire les investisseurs algériens. Même si les travaux sur la Bourse d'Alger ont réellement démarré en 1990, la première cotation n'a eu lieu qu'en 1999, et à ce jour, cette place boursière n'est composée que de ... trois titres !

1990 marque les débuts de la Bourse d'Alger, plus précisément de la législation entourant la création d'une place boursière en Algérie. Toutefois, compte tenu des efforts nécessaires pour modifier la législation du pays, la bourse d'Alger n'a ouvert que bien plus tard. En effet, la Bourse d'Algérie a été officiellement créée le 25 mai 1997. Six banques publiques algériennes ont apporté les fonds nécessaires à la bourse d'Alger, au sein de la SGBV ou Société de Gestion de la Bourse des Valeurs mobilières. La Bourse d'Alger est enfin créée. Le cadre réglementaire est prêt à accueillir les premières sociétés algériennes.

Le 13 septembre 1999 est un jour à marquer d'une pierre blanche pour la Bourse d'Alger. Elle accueille sa première société cotée. Il s'agit d'Eriad Setif, une société publique d'agro-alimentaire qui propose sur le marché 20% de son capital. Les transactions peuvent enfin démarrer sur la Bourse d'Alger. Les introductions commencent à s'enchaîner. 7 jours plus tard, SAIDAL, une nouvelle entreprise publique dédiée au secteur pharmaceutique s'introduit sur le marché, suivie quelques mois plus tard, le 14 février 2000, de EGM El Aurassi, la société qui gère l’hôtel El Aurassi.

Mais les introductions marquent un brutal coup d'arrêt. La Bourse d'Alger n'intéresse ni les investisseurs, et ni les entreprises, publiques ou privées. Ainsi, la première société privée à s'introduire ne le fera que le 7 mars 2011, et est à mettre à l'actif d'Alliance Assurances. C'est aujourd'hui toujours la seule entreprise privée cotée sur la bourse d'Alger. En 2011, la Bourse d'Alger ne recense que 3 titres, qui sont Saidal, EGM El Aurassi, et Alliances Assurances, et deux titres de créances, qui sont Spa Dahli et Sonelgaz. Une goutte d'eau par rapport au PIB de l'Algérie, et encore plus par rapport au continent africain. La capitalisation boursière des trois sociétés n'excède pas les 150 millions de dollars à fin 2011, et les volumes de transactions sont si faibles qu'ils ne compensent nullement le coût de la bourse d'Alger. A tel point, que les transactions se font uniquement via un fixing électronique, une fois par jour, et les horaires de séance sont plus que limités car la bourse d'Alger ouvre à 9h30 pour clôturer à 11h15.


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Malgré des mesures incitatives très fortes pour doper la place boursière, notamment l'exonération des plus-values mobilières, la surliquidité du pays ne favorise en rien la recherche de nouveaux financements pour les entreprises. Pourquoi vouloir s'introduire en bourse et multiplier ses sources de financement tant il est facile d'obtenir des liquidités sur les circuits bancaires classiques ? La bourse est considérée comme complexe et coûteuse. Le dirigeant n'a pas d'intérêt à se diriger vers la bourse en lieu et place d'un endettement classique.

La Bourse d'Algérie est encore très récente, et le gouvernement ne cesse de multiplier les mesures afin d'aider à son développement. Elle reste encore très loin de la bourse de Casablanca, de Tunis ou d'Egypte, mais le pays le plus vaste d'Afrique, et l'un des plus riches a vocation à devenir à terme une des puissantes places boursières africaines.