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Investir en bon père de famille

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Il y a bien quelques notions juridiques qui étaient encore jusqu'à récemment totalement surannées, le bon père de famille en est un exemple flagrant. Cette notion, sans définition précise, a perduré jusqu'en 1982 dans le droit régissant les relations entre le bailleur et le locataire. La jouissance des locaux en "bon père de famille" a laissé place avec la loi Quilliot à la jouissance des locaux "paisiblement". Plus récemment, elle apparaissait encore dans bons nombres d'articles de lois français. Un amendement demande sa suppression le 21 janvier 2014, et la loi sur l'égalité Femmes / Hommes du 4 août 2014 met fin à cette notion juridique d'un autre âge, où l'homme était le chef de la famille et où la femme ne pouvait ouvrir un compte sans l'accord de son époux.


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Cette notion, heureusement disparue, ne voit pas disparaître avec elle tout ce qu'elle représente comme modèle de gestion. Aucune définition ne précise les caractéristiques d'un bon père de famille, il faut se référer à la jurisprudence ou encore au bon sens populaire. Agir en bon père de famille est ainsi un mode de gestion où il est d'usage de veiller à l'intérêt financier des individus pour lesquels on se voit confier un patrimoine. Il peut s'agir tout logiquement des parents, et du foyer familial mais aussi du maire d'une ville, ou d'un président de conseil régional. Il ne s'agit pas de la cellule familiale au sens strict, mais de toute structure au sens large.

Un bon père de famille peut être ainsi défini comme une personne prudente, qui n'agira pas à l'aveuglette, qui respectera les législations, qui sera responsable de ses actes et qui ne se lancera pas dans des aventures trop risquées. L'image d'Epinal pourrait se définir par un individu devant gérer le patrimoine d'une famille en prenant en compte le fait qu'il doit à la fois gérer le quotidien, et prévoir l'avenir de ses enfants, mais aussi son propre avenir lors de la retraite. Le bon père de famille ou bonus pater familias en droit romain n'a ainsi par une attirance folle pour le risque. Il préfère s'en éloigner.

A ce jour, la gestion en bon père de famille n'est pas dénuée d'intérêt pour qui souhaite se constituer un capital sur le long terme. Votre objectif sera de préserver votre capital en totalité. Point question de risquer de voir votre capital initial fondre, suite à des investissements décevants ou douteux. Le bon père de famille a une aversion particulière au risque. Certes, il ne choisira pas obligatoirement des titres garantis à 100%, mais il ne se lancera surement pas à corps perdu dans le Forex ou pire encore le Bitcoin. Cette recherche de la sécurité impliquera donc un rendement faible. Il recherche avant tout une rentabilité régulière en lieu et place de fortes plus values erratiques. Autrement dit, le père de famille se tournera davantage vers le Livret A que vers les actions.

Ce type de gestion n'est pas sans rappeler celui des compagnies d'assurance. De par leur métier, elles ont obligation de sécuriser leurs investissements. Point question de dilapider l'argent des assurés. Elles doivent être en mesure de verser les indemnités dues en cas de sinistres. Toutefois, ces assureurs se diversifient suffisamment pour bénéficier d'une rentabilité intéressante. Ce type de gestion peut être appliqué à un particulier tout en gardant à l'esprit que la préservation du capital est essentiel. Ainsi, vous pourrez répartir votre patrimoine en trois parties distincts. D'une part, un placement totalement sans risque, avec un rendement limité mais régulier. Le Livret A en est l'un des exemples parfaits. Une rentabilité faible mais assurée. D'autre part, vous pourrez vous tourner vers des obligations dont les risques sont très faibles, comme des obligations de blue chips ou encore des OPCVM obligataires. Le risque sera certes un peu plus élevé, mais la rentabilité aussi, tout en conservant un rendement régulier. Dernier point, et qui dépendra directement de votre aversion au risque, la part du patrimoine consacrée à des placements plus risqués, mais bien plus rémunérateurs. Le bon père de famille ne va pas s’exclure d’investir dans des actifs risqués mais il faut toujours qu’en cas de pertes, cela n’impacte pas le patrimoine dans sa totalité. De plus, toujours point question de Forex ou de matières premières, le bon père de famille se limitera aux actions, comme des valeurs de fonds de portefeuille, ou encore des parts de SCPI pour investir indirectement dans le secteur immobilier.


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Toutefois, cette répartition peut évoluer selon le contexte macro-économique mondiale. Prenons l’exemple des dettes souveraines ou des emprunts d’Etats. Certains Etats, autrefois considérés comme sans risque, ont vu le risque accolé à leur dette très fortement augmenter. Il en est de même pour les actions où le risque global s’est accru. De nos jours, il existe bien évidemment encore des placements sans risque comme le Livret A ou encore les emprunts d’Etat français, mais nous avons appris qu’en cas de crise financière grave, rien ne peut interdire à un Etat de décider de ne plus rembourser ses emprunts, même dans des pays dits développés. Afin de limiter ce risque de marché, le bon père de famille devra se tourner vers une stratégie à long et très long terme. Il investit pour les études de ses enfants, et pour sa retraite, donc sur 20, 30 ou 40 ans. Il devra aussi étudier davantage les actions sur lesquelles il souhaitera se positionner, en évitant soigneusement les entreprises trop endettées, bien trop sensibles aux crises financières.

Plusieurs dispositions législatives laissaient apparaître l’expression de bon père de famille, comme dans le cas d’une cession d’entreprises par exemple. Si la gestion n’est pas reconnue comme sage, la responsabilité civile de l’individu peut être engagée avec à la clé des condamnations pécuniaires et pénales fortes. Ainsi, un gérant qui prendra la décision d'investir de façon massive dans un secteur inconnu alors que la société est plus qu'en perte de vitesse, pourra être jugé coupable à terme d'avoir accélérer la faillite de l'entreprise.

Bien que l’expression du bon père de famille ait disparu de notre droit, son esprit reste toujours. Si vous décidez de l’appliquer, il ne faut pas oublier que l’essentiel de sa rentabilité réside dans le très long terme. La sécurité est recherchée avec un horizon de placement à plus de 20 ans. Cela ressemble donc à la très grande majorité des français dans leur façon de gérer leur épargne, mais aussi leurs dépenses quotidiennes.