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BPI pour Banque Publique d'Investissement

Je créerai une Banque publique d'investissement. A travers ses fonds régionaux, je favoriserai le développement des PME et je permettrai aux régions, pivots de l'animation économique, de prendre des participations dans les entreprises stratégiques pour le développement local et la compétitivité de la France. Une partie des financements sera orientée vers l'économie sociale et solidaire. Il s'agit là d'un des engagements de celui qui depuis a été élu président de la République Française, François Hollande. Engagement qui sera tenu. Jean-Marc Ayrault annonce la création de la BPI le 17 octobre 2012. Mais à quoi va servir cette nouvelle institution ? Quels seront ces moyens ? Qui va en prendre les rênes ?

La Banque Publique d'Investissement ou BPI est créée dans un environnement économique défavorable aux PME. Ces dernières ont toutes les difficultés du monde à emprunter pour se développer ou simplement pour financer leurs besoins de trésorerie. La BPI, organisme public, aura donc pour mission d'aider au financement des PME ou Petites Moyennes Entreprises, des ETI ou Entreprises de Taille Intermédiaire, des entreprises innovantes, mais également des entreprises exportatrices. Avec un budget conséquent, la BPI pourra prêter aux entreprises, mais également rentrer au capital via des fonds propres ou des quasi fonds propres, ou encore tout simplement, apporter sa garantie. D'ailleurs, rien n'exclu que la BPI puisse aider à la nationalisation d'une société en difficulté. La BPI cherchera aussi à doper la compétitivité des entreprises les plus innovantes en remplacement des business angels moins présents ces dernières années. Elle sera aussi là dans un rôle d'accompagnement pour les entreprises désireuses d'exporter. Ainsi, un rapprochement à terme avec Ubifrance n'est pas à exclure.

Ce ne serait pas le premier rapprochement pour la BPI qui représente en réalité un guichet unique d'anciennes institutions. La BPI regroupe en effet Oseo, la CDC Entreprises et le Fonds Stratégique d'Investissements ou FSI. Le tout sera détenu par l'Etat et la Caisse des Dépôts à hauteur de 50% chacun. Mais la BPI ne sera pas un outil centralisé. Elle sera au contraire très ouverte aux régions. Les entreprises désireuses d'obtenir un rapprochement devront se présenter à des antennes régionales qui leur proposeront la solution la plus adéquate. Afin d'aider à la création d'emplois locaux, les régions auront même leur place au sein du conseil d'administration de la BPI. Cela ne va d'ailleurs pas sans attirer quelques critiques. Certaines décisions pourraient être prises pour des raisons uniquement politiques pour aider tel ou tel politique.

Comparée à la KfW en Allemagne, une banque d'aide à l'exportation notamment et fondée en 1948, la Banque Publique d'Investissement bénéficiera d'un capital conséquent. Avec 42 milliards d'euros, la BPI a déjà annoncé qu'elle les ventilera à hauteur de 20 milliards pour des prêts, 10 milliards pour des investissements en fonds propres, et 12 milliards pour des garanties bancaires. Un budget qui peut sembler élevé mais peut sembler aussi trop juste face aux énormes besoins de financements des entreprises.


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C'est à Nicolas Dufourq, ancien de Cap Gemini, qu'a été confié la direction de la Banque Publique d'Investissement. Il sera aidé par Jean-Pierre Jouyet, nommé président. Cet ancien président de l'Autorité des Marchés Financiers est un proche de François Hollande. Deux vice-présidents de renom sont également attendus : Jean-Paul Huchon et Ségolène Royal. Une direction un peu trop orientée selon certains politiques.

La BPI sera très attendue sur ses premières prises de participation, et sur ses premiers prêts. Mais ce n'est que sur le long terme que l'on pourra savoir si elle a réussi ses objectifs qui sont plus que complexes. Allier à la fois l'emploi local et aider à la restructuration d'entreprises.