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Banque d'Angleterre, une vénérable institution

Alors que la mise en place de la Zone Euro a mis à mal l'influence des principales banques centrales européennes, la banque centrale de la première puissance économique d'Europe en dehors de la Zone Euro, continue d'afficher sa solidité. Le Royaume Uni, bien qu'intégré dans l'Union Européenne, n'a pas souhaité rejoindre la Zone Euro. Sa banque centrale, la banque d'Angleterre, a donc conservé toutes ses prérogatives, et n'est pas soumise à la Banque Centrale Européenne. La Livre sterling, émise par la Bank of England, est ainsi directement jugéeselon la santé économique du Royaume Uni, et non d'autres pays de l'Union.


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La Banque d'Angleterre ou Bank of England ou BoE ou encore The old lady of Threadneedle Street -du nom de la rue où elle siège depuis des siècles- est l'une des plus anciennes banques centrales d'Europe. Certes, elle n'est pas aussi âgée que sa consoeur d'Amsterdam qui elle a vu le jour en 1609, mais elle affiche plus de 300 ans. La banque d'Angleterre est née après une période troublée pour le pays, la Glorieuse Révolution. Cette révolution qui se veut pacifique et sans effusion de sang a certes provoqué des décès mais elle a surtout bouleversé le pays. De cette révolution qui s'est étalée de 1688 à 1689, le pays a été profondément marqué. En effet, la stabilité religieuse relative qui s'en suivi attira bons nombres de protestants du continent vers l'Angleterre. Ce fut un âge d'or pour l'Angleterre. La croissance est forte et l'innovation bat son plein. Les dépôts de brevets sont nombreux, bien supérieurs aux années précédentes. Cette effervescence est couplée à un besoin de capitaux toujours plus croissant. Les nouvelles innovations demandent de lourds capitaux. Toutefois, le système financier n'est pas ce qu'il est aujourd'hui et les taux usuraires sont monnaie courante. Afin d'éviter cela et pour permettre au pays d'emprunter massivement auprès des anglais, une nouvelle banque est mise en place, sous l'impulsion de William Paterson (1658 - 1719). Ce pilier de la révolution financière britannique est ainsi l'un des créateurs de la Banque d’Angleterre, qui naît officiellement le 27 juillet 1694. Cette stabilité financière va accroître la croissance du pays.

Histoire de la Banque d'Angleterre

La Banque d'Angleterre ne va cesser de voir ses missions et ses pouvoirs évoluer au fil des décennies. Ainsi en 1844, elle obtient l'émission de la monnaie fiduciaire (les billets de banque) du pays. Le commerce international se développe fortement, et les besoins en billets sont très élevés. Le Royaume Uni est alors à l'apogée de sa puissance dans le monde. Après la seconde guerre mondiale, les besoins de reconstruction sont aussi importants que dans les autres pays européens. La banque d'Angleterre sera alors nationalisée le 1er mars 1946 pour permettre une plus grande latitude au pays pour se reconstruire. Elle ne retrouvera finalement une totale indépendance qu'en 1997. La Banque d'Angleterre fixe alors ses taux selon sa propre politique monétaire et non selon les diktats imposés par les gouvernements en place. Cette indépendance s'est propagée à la même époque à la Banque de France. L'objectif est alors d'avoir une continuité dans la politique monétaire, et de ne pas la faire évoluer au gré des majorités gouvernementales. Avec la mise en place de l'Union monétaire, et malgré le fait que le Royaume Uni n’intégrera pas l'Euro, la banque d'Angleterre prend toute sa place au sein de la SEBC ou Système Européen des Banques Centrales, en 1998. Elle y figure au rang des pays non membres de l'Euro. Elle n'a ainsi pas d'orientations spécifiques à suivre, comme tous les pays rattachés à la Banque Centrale Européenne.

Rôle de la Banque d'Angleterre

A ce jour, les rôles de la Banque d'Angleterre sont nombreux. Elle doit ainsi mettre en place la politique monétaire du pays. Elle le fait notamment à travers ses taux directeurs, dont elle décide le niveau lors des réunions du MPS ou Bank's Monetary Policy Commettee. Un taux faible, et les investisseurs pourront emprunter à moindre frais. Un taux élevé, et l'inflation sera jugulée. Elle oriente aussi son taux de change face aux autres devises. Pour se faire, elle peut agir sur le marché des changes pour orienter sa monnaie. Rien ne lui interdit de laisser filer sa monnaie par rapport aux autres devises, et ainsi favoriser les exportations de ses industriels. Mais la Banque d'Angleterre a aussi un rôle de soutien vis à vis des politiques économiques. Elle doit les favoriser, et par là même, favoriser la croissance du pays. Elle n'a pas vocation à restreindre l'investissement. De plus, comme toute banque, elle émet des billets de banque, et les distribue dans le pays. Mais attention, le Royaume Uni est une terre pleine de contradictions. Ainsi, il n'existe pas 1, pas 2 mais bien 3 types de billets de Livre Sterling différents. Alors qu'en France, tous les billets en circulation sur le territoire français sont émis par la Banque de France, au Royaume Uni, la Banque d'Angleterre n'émet que les billets anglais. Ces derniers ont alors cours légal en Angleterre mais aussi au Pays de Galles. L'Ecosse et l'Irlande du Nord voient leurs billets émis par d'autres banques. L'Ecosse par exemple émet des billets écossais grâce à trois institutions financières qui sont Bank of Scotland, Clydesdale Bank et The Royal Bank of Scotland. Ces billets n'ont en théorie cours légal qu'en Ecosse, mais ils restent acceptés dans tout le Royaume Uni. En France, c'est un peu comme si chaque région émettait sa propre monnaie.


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L'institution, symbole de la Livre Sterling, siège à Londres, dans la City. Elle est présidée depuis 2013 par Mark Carney, remplaçant de Mervyn King qui a officié de 2003 à 2013.

La banque d'Angleterre est souvent mise en avant pour expliquer la bonne santé économique du pays. Son non rattachement à l'Euro lui permet d'avoir une vision relativement égoïste de sa politique monétaire, en favorisant ouvertement l'économie du Royaume Uni. Elle conserve alors toutes les armes à disposition des banques centrales, comme l'émission massive de monnaie afin de relancer l'activité. Les pays de la Zone Euro doivent eux suivre la politique monétaire de la BCE même si cette dernière ne correspond pas au mieux à leur politique économique.