Analyse fondamentale



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Augmentation de capital, une source essentielle de financement

Toute entreprise a besoin de capitaux, tant à sa création que pour se développer, mais aussi simplement pour survivre. L'argent est le nerf de la guerre dans un monde capitaliste. Une entreprise se doit d'avoir les capitaux nécessaires à ses investissements sans quoi elle est vouée à la disparition à plus ou moins brève échéance. Outre les revenus tirés de l'activité, deux sources principales de financements sont à disposition des sociétés. D'une part, l'endettement. Une dette contractée auprès d'une banque, d'un Etat ou encore d'investisseurs, qui devra être remboursée. Les obligations sont un exemple de titres de dettes. D'autre part, les fonds propres. Les fonds propres n'ont pas vocation à être remboursés dans l'immédiat mais impliquent un droit aux dividendes, un droit de vote ou encore un droit au boni de liquidation. Le coût des fonds propres est ainsi plus élevé sur le coût de la dette.


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Il convient ici de distinguer l'augmentation de capital destinée à obtenir des financements et l'augmentation de capital social uniquement destiné à faciliter la lecture du bilan. En effet, dans le second cas, les réserves de la société sont simplement transformées en capital social par un jeu d'écritures afin d'accroître ce dernier sans toutefois augmenter les financements de l'entreprise. Ce type d'augmentations se traduit par la distribution d'actions gratuites ou par l'augmentation du nominal des actions. Elle ne modifie en rien la valeur réelle de l'entreprise, ni sa trésorerie.

Une source de financement

L'augmentation de capital, en tant qu'apport de financement, peut se présenter sous la forme classique d'une émission en numéraire. L'entreprise émet des actions, et des investisseurs acquièrent ses actions. L'argent de cette souscription va directement au bilan de l'entreprise. Quand vous achetez une action à un autre investisseur, l'entreprise ne perçoit rien de cette transaction. Seule l'augmentation de capital bénéficie directement à l'entreprise. Ce type d'augmentations de capital lui permet de diversifier ses sources de financement, et ainsi de peser dans les négociations avec les banques. Il est plus aisé de négocier un taux d'emprunt quand le banquier sait qu'il n'est pas la seule solution. Il est aussi possible de procéder à une augmentation de capital via un apport en nature, notamment dans le cadre des petites structures; via un apport de titres, à travers une fusion par exemple; via la conversion de dettes en actions -un fournisseur qui détient des créances sur une entreprise peut avoir tout intérêt à voir ses créances transformées en actions dans l'espoir de percevoir des dividendes-.

L'augmentation de capital est donc une volonté d'accroître les financements de l'entreprise, et ce pour diverses raisons :

l'investissement
Les nouveaux capitaux pourraient aider au développement d'un nouveau projet, ou encore favoriser l'embauche de cadres. Les futurs investisseurs jugeront donc de la qualité du projet concerné avant de participer ou non à l'augmentation de capital. La seule activité ne peut souvent suffire à financer de tels investissements. Les entrepreneurs peuvent avoir des difficultés à mener à bien une telle opération si l'investissement est jugé trop éloigné de l'activité initiale de l'entreprise. Autant il sera aisé de trouver des investisseurs pour financer une nouvelle machine outil ou la construction d'un nouvel entrepôt, autant une entreprise de jouets aura du mal à trouver des fonds pour s'investir dans la production de palourdes en Atlantique;

asseoir sa solidité financière
De forts capitaux propres peuvent être une façon pour l'entreprise de s'assurer une meilleure notation financière auprès des agences de rating. Ces dernières s'appuient notamment sur la capacité de l'entreprise à rembourser ses dettes. Des fonds propres suffisants sont l'un des aspects de cette notation. De plus, la capacité d'endettement d'une entreprise n'est pas infinie. Elle est en grande partie liée au niveau des capitaux propres. Si les actionnaires ne souhaitent pas s'investir dans l'entreprise, pourquoi une banque le ferait ?

recapitaliser
De fortes pertes peuvent entraîner un niveau de fonds propres inférieurs à la législation. De fait, l'entreprise se trouve dans l'obligation de se recapitaliser rapidement. Les investisseurs doivent alors couvrir les pertes de l'entreprise. Les actionnaires ont donc le choix entre voir disparaître tout leur investissement initial ou investir davantage. La recapitalisation est un moment crucial pour la survie de l'entreprise. A quelques semaines, quelques jours près, une société peut disparaître si les fonds propres ne peuvent être récoltés;

se désendetter
Un trop fort endettement peut paralyser une entreprise. Rembourser ses dettes peut donc permettre à l'entreprise de retrouver de la flexibilité financière et des marges de manœuvre. Toutefois, augmenter son capital pour se désendetter est souvent mal perçu par la communauté financière. Les investisseurs préfèrent être appelés pour financer des projets, des activités en devenir, plutôt que pour combler des dettes du passé. Compte tenu d'un attrait limité, ce type d'opérations peut aussi se dérouler dans d'excellentes conditions financières pour celui qui y participe. L'entreprise étant obligée de faire quelques sacrifices, notamment sur le prix de la nouvelle action émise, pour attirer les investisseur;

disposer d'une trésorerie suffisante
Avec un environnement économique évoluant sans cesse, l'entreprise peut avoir un besoin d'une trésorerie conséquente, à défaut d'être pléthorique, afin de profiter d'opportunités de rachat. Une forte trésorerie peut ainsi permettre d'acquérir rapidement un concurrent si le besoin s'en fait sentir. Une trésorerie pléthorique sur plusieurs années marque toutefois une trésorerie inutile et coûteuse. Plusieurs sociétés sont même spécialisées dans cette recherche de trésoreries mal utilisées. Ces investisseurs spécialisés n'hésitent pas à faire pression sur le conseil d'administration afin de les pousser à distribuer la trésorerie. Ces sommes inutiles dans l'entreprise seront mieux gérés directement par les investisseurs.

Les raisons sont donc multiples pour justifier une augmentation de capital, et elles démontrent toute l'importance que doit donner une société cotée à son cours de bourse. En effet, l'augmentation de capital pour une société cotée se réalise à des niveaux proches du dernier cours de bourse. Une entreprise pourrait ne pas pouvoir bénéficier des fonds suffisants s’ils n'ont pas communiqué suffisamment dans les années précédentes. Une bonne communication et une valorisation conséquente sont les armes idéales de demain pour une augmentation de capital réussie. La seule communication ne suffit pas. L'entreprise doit aussi avoir des résultats qui satisfont ses actionnaires actuels. Ces derniers seront les premiers ciblés pour participer à une nouvelle augmentation de capital. Il est plus aisé de convaincre un ancien actionnaire de participer à une augmentation de capital, que de dénicher de futurs nouveaux actionnaires.

Impact sur le capital

L'augmentation de capital a aussi un impact direct sur la répartition du capital, sur sa composition. En effet, entre deux anciens actionnaires, la part risque d'évoluer si l'un des actionnaires participe à l'augmentation de capital alors que le second non. Prenons un exemple simple. Une société X est détenue par 2 actionnaires à hauteur de 50% chacun. La société vaut 100 euros. Cette dernière souhaite procéder à une augmentation de capital de 25 euros. A l'issue de cette augmentation, la valeur de l'entreprise sera schématiquement de 125 euros. L'un des actionnaires ne participera pas à l'offre, alors que l'autre y souscrira en totalité. A l'issue de l'augmentation de capital, la répartition du capital sera donc de 40% pour l'ancien actionnaire, et 60% pour l'actionnaire ayant souscrit à l'augmentation de capital. Le poids de chaque actionnaire peut ainsi se voit réduit ou augmenté lors de chaque variation du capital. Mais certaines décisions d'aujourd'hui peuvent aussi avoir un impact dans plusieurs années sur le capital. Ainsi l'émission d'obligations convertibles en actions, d'obligations remboursables en actions ou même de plan de stocks options, peuvent avoir des conséquences importantes sur la composition du capital social à 5 ou 10 ans. Il est ainsi utile d'analyser le nombre actuel d'actions composant le capital social,
et le nombre potentiel d'actions composant à terme le capital social.

A quel prix ?

Le prix de l'augmentation de capital est souvent inférieur au prix actuel du cours de bourse, afin de stimuler l'intérêt des investisseurs. Mais il convient de ne pas défavoriser les anciens actionnaires par rapport aux nouveaux. Si l'entreprise prend l'habitude de défavoriser les anciens actionnaires, les nouveaux actionnaires se feront naturellement moins nombreux à l'avenir. Pour éviter cela, les anciens actionnaires recevront des droits de souscription pour participer à l'augmentation de capital. S'ils ne souhaitent pas y participer, ils pourront alors les céder et ces derniers seront utilisés par d'autres investisseurs soucieux de participer à l'augmentation de capital. La valorisation des droits de souscription correspond environ à la différence entre le dernier cours du titre, et le prix de souscription des nouvelles actions.

Une augmentation de capital réservée

Sachez aussi qu'il existe des augmentations de capital dites réservées. Un ou plusieurs actionnaires principaux participent à l'augmentation de capital mais seuls eux ont ce droit. Les autres actionnaires ne peuvent y participer. Ce type d'opérations est fréquent pour les actionnaires salariés. L'entreprise émet de nouvelles actions qui leur sont réservées. Sachez aussi que dans des cas extrêmes, notamment pour éviter la faillite de l'entreprise, aucun droit de souscription n'est distribué aux actionnaires afin de favoriser un peu plus la venue de nouveaux capitaux essentiels à la survie de l'entreprise. Le besoin de capitaux alors passe au-delà des droits des anciens actionnaires.


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Une augmentation décidée par une AGE

Toute augmentation de capital est une décision de l'assemblée générale extraordinaire. Cette dernière réunit l'ensemble des actionnaires et décide ou non de l'augmentation de capital. Toutefois, l'AGE peut déléguer une part de cette responsabilité, pour certaines augmentations de capital et sous certaines conditions. Cette délégation est faite au conseil d'administration ou au directoire, et peut porter par exemple sur des plans de stocks options limités dans le temps par exemple.

Le choix de l'augmentation de capital au détriment de l'endettement n'est pas un élément neutre financièrement. Certes, les charges financières ne s'alourdiront pas, mais le coût moyen du capital est supérieur au coût de l'endettement. En effet, le taux de rentabilité exigé par les actionnaires est bien supérieur au taux d'intérêt exigé par les banques. Un actionnaire peut aussi être plus exigeant, même s'il n'est pas forcément présent au quotidien dans la gestion de l'entreprise. Les risques pris par un actionnaire sont mécaniquement plus élevés que les risques pris par un débiteur. De fait, la rentabilité se doit d'être supérieur. Les dirigeants doivent donc constamment équilibrer leur bilan en fonction de leur capacité d'endettement et le taux de rentabilité exigé. Ils doivent choisir tantôt l'endettement, tantôt l'augmentation de capital, pour financer leurs besoins exceptionnels.

L'augmentation de capital est donc un élément important de la vie d'une entreprise. La réussite d'une augmentation de capital peut conditionner l'avenir d'une société, cotée ou non. Quant à votre décision d'y souscrire ou non, elle dépendra directement de la confiance que vous accordez au management de l'entreprise. Rien ne vous oblige en tant qu'ancien actionnaire à y souscrire, mais cela peut être une façon de s'y investir davantage.