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Action ordinaire, la plus commune

Pour le grand public, l'action est le symbole même de la Bourse. Elle n'est pourtant que l'un des nombreux instruments financiers mis à la disposition des investisseurs. De plus, il existe aussi plusieurs formes d'actions. L'action ordinaire est la plus répandue sur les marchés boursiers. Elle est représentative d'une part du capital social des sociétés par actions. Plusieurs types de sociétés sont composées d'actions. Ce sont ces dernières qui sont cotées en bourse. Il s'agit de :

- la Société Anonyme ou SA : la forme la plus répandue en bourse et aussi la forme juridique la plus répandue dans le monde économique pour les sociétés d'importance;

- et la Société en Commandite par Actions ou SCA : avec un fonctionnement bien particulier, la SCA permet toutefois une introduction en bourse.

L'action est créée au moment de la création de l'entreprise, ou lors de son développement. Au moment de sa création, les associés décident de mettre en commun des apports en numéraire (argent), des apports en nature (immeubles, matériels...) et dans certains cas des apports en industrie (carnet d'adresses par exemple). La totalité de ces apports constituera le capital initial de la firme. Chaque associé ou actionnaire recevra en contrepartie de son apport, un nombre d'actions proportionnel à sa part dans le capital. Ainsi si le capital de l'entreprise est de 50.000 euros, et qu'un associé a apporté 25.000 euros, il recevra 50% des actions. Un capital minimal est exigé pour créer une société anonyme. Ainsi le montant minimal des Sociétés Anonymes ou SA a été fixé à 37.000€. Par le passé, si cette dernière faisait appel public à l'épargne, autrement dit, si elle publiait des annonces précisant qu'elle recherche des actionnaires, son capital minimal était fixé à 225.000€. Cette obligation a disparu en 2009. Ces 37.000 euros correspondent à un capital minimal. Une société anonyme peut très bien se créer avec plusieurs millions ou milliards d'euros de capital.

Par la suite, la société pourra faire appel à de nouveaux actionnaires ou demander aux actionnaires actuels d'apporter de nouveaux capitaux, afin d'augmenter son capital. Le nouvel actionnaire d'une société cotée participe ainsi au même titre que les fondateurs ou les actionnaires principaux au financement de l'entreprise. Mais il faut pour se faire qu'il participe à une création de société ou à une augmentation de capital. Le fait d'acheter une action en bourse ne va pas accroître les fonds bénéficiant à l'entreprise. En achetant une action sur le marché boursier, vous achetez une action "d'occasion" qui appartenait à un ancien actionnaire. Vous fluidifiez le marché boursier mais vous n'apportez aucun argent à l'entreprise dans laquelle vous investissez.

Afin de connaître le capital social d'une société cotée, il vous suffit simplement de rechercher sur une cote boursière (présente dans tous les journaux financiers) le nombre d'actions en circulation et de le multiplier par le nominal de chaque action. Prenons l'exemple de Valéo, dont le capital au 13 décembre 2013 est composé de 79.462.540 titres en circulation pour un nominal de 3€, le capital social était donc de 238.387.620€ (3 × 79.462.540). Le capital social reste une donnée uniquement comptable. Elle n'a qu'un intérêt limité pour l'actionnaire lambda.

Supposons maintenant que vous déteniez 125 actions. Il vous suffit de diviser votre nombre d'actions par le nombre d'actions total composant le capital social pour connaître le pourcentage de capital que vous détenez. Dans ce cas, vous détenez (125 / 79.462.540) = 0.00015730682% du capital. C'est peu mais c'est autant que vous percevrez sur le montant des résultats distribués. N'imaginez toutefois pas avoir la moindre influence sur le devenir de la société avec une participation aussi faible.

Pour un actionnaire particulier, la détention d'une action ordinaire offre davantage de droits que de devoirs. En tant qu'actionnaire, un particulier ne risque pas de se voir poursuivi en cas de mauvaise gestion ou de catastrophe écologique. Il s'agit uniquement d'un placement financier. Le seul véritable inconvénient de la détention d'actions, mais non des moindres, est le risque de perte de son investissement. En effet, investir en actions ne garantie en rien que vous récupérerez votre investissement.

Quels sont les droits attachés à une action ?

Chaque action ordinaire s'accompagne de différents droits qui en font toute sa valeur. Ces droits apportent plus ou moins de poids dans la valorisation totale de l'action.

droit aux dividendes
Sans doute l'un des droits les plus importants pour l'actionnaire. Il s'agit du droit offrant une rémunération à l'actionnaire par la simple détention de l'action. Ainsi en cas de distribution des bénéfices de la société, l'actionnaire recevra en proportion de sa part dans le capital, des dividendes. Ces dividendes peuvent être nuls pour les sociétés à forte croissance, ou encore représentés jusqu'à 10% de la valeur de l'action pour les sociétés foncières par exemple. Le montant du dividende distribué est l'un des critères de sélection de vos actions. Le dividende est en effet la seule rémunération des investisseurs à long terme.

A savoir qu'il n'est pas autorisé pour une société de favoriser tel ou tel actionnaire en versant davantage de dividendes à un actionnaire alors que ce dernier détient la même catégorie d'actions. Ainsi, vous êtes garanti d'être traité au même rang que l'ensemble des actionnaires. Que vous vous appeliez Dupont ou Bettencourt, votre dividende par action sera identique.

Droit de vote
Le droit de vote est en France fortement valorisé puisqu'il peut représenter jusqu'à 40% de la valeur d'un titre. Ce droit de vote attaché à toute action ordinaire permet à son détenteur de faire entendre sa voix lors des assemblées générales. Ainsi le véritable détenteur du pouvoir dans une entreprise est celui qui détient la majorité des droits de vote, et non la majorité du capital. Plusieurs techniques peuvent ainsi êtres utilisées par les anciens actionnaires pour conserver le pouvoir dans l'entreprise tout en diminuant leur part dans le capital.

Les exemples comme la prise de pouvoir des petits actionnaires d'Eurotunnel en 2004 ont démontré toutefois que des particuliers qui savaient s'unir dans des sociétés au capital dispersé, pouvaient faire entendre leurs voix. Mais dans la pratique, les décisions des assemblées générales sont décidées en grande partie par les actionnaires majoritaires.

L'Action à Dividende Prioritaire est un type d'action à laquelle on a retiré le droit de vote en contrepartie d'un dividende majoré.

Droit au boni de liquidation
Un droit qui est certes attaché à chaque action mais dont les actionnaires ne souhaitent jamais entendre parler. En effet, ce droit ne se déclenche que si la société fait faillite. Ainsi, en cas de liquidation judiciaire, et si l'actif est supérieur au passif, le liquidateur judiciaire redistribuera le solde aux actionnaires. Toutefois, il est très rare qu'une société en liquidation judiciaire dispose de suffisamment d'actifs à distribuer aux actionnaires. La liquidation s'explique d'ailleurs quasi exclusivement par une insuffisance d'actifs, et donc de fonds. Mais rassurez vous. Si l'entreprise clôture volontairement ses comptes, il est possible qu'il reste une soulte qui sera reversée aux actionnaires.


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Droits patrimoniaux
Chaque détenteur d'actions peut transmettre à ses héritiers ses titres. Cette transmission se déroule naturellement sans accord préalable des autres actionnaires. C'est aussi l'un des grands avantages des sociétés par actions. Hors accord particulier, l'action est librement cessible et transmissible. Ce qui explique que les sociétés par actions peuvent être cotées sur les marchés boursiers contrairement aux SARL par exemple. Ainsi pour transmettre une part sociale de SARL, il sera nécessaire d'obtenir l'assentiment des autres associés. Cette procédure serait impossible dans le cas d'une cession sur les marchés boursiers.

Existent-ils beaucoup de types d'actions ?

L'action ordinaire est l'action classique par excellence mais c'est loin d'être la seule. Ainsi il existe de nombreux hybrides d'actions qui reprennent une bonne part des caractéristiques de l'action ordinaire. L'action à dividende prioritaire propose ainsi aux actionnaires d'obtenir un dividende majoré mais en contrepartie de l'absence de droit de vote. L'action peut également se voir attaché un droit spécifique. C'est le cas des actions à bons de souscription. L'action est ordinaire mais elle se voit accoler un bon de souscription permettant à l'actionnaire d'acquérir de nouvelles actions à un cours et selon des conditions définies à l'avance. L'action peut également avoir un droit de vote double. L'entreprise distribue alors des droits de vote aux actionnaires ayant conservé leurs actions durant plusieurs années.

Il existe ainsi une multitude d'actions, même si l'action ordinaire reste largement sur-représentée par rapport à toutes les autres.

L'investissement boursier réside principalement pour le grand public dans l'achat et la vente d'actions ordinaires. Ces transactions généreront des moins values ou des plus-values. Vous conserverez ces actions durant quelques minutes ou pendant plusieurs années. Connaître la définition de l'action n'est que la première étape de l'investissement boursier.