Quelle agitation ! La zone euro était une fourmilière où les tractations en tous genres se sont succédé avec des hauts fonctionnaires qui couraient dans tous les sens durant le week-end ! Y'aurait-il un si grand péril au sein de l'euroland ? Justement... Oui ! Quoi qu'il en soit, le pêché originel de jeunesse des 17 a la dent dure et sur ce que nous avons pu entrevoir hier et samedi, le brouhaha diplomatique est loin de se résorber. Bref, les instances du système monétaire unique ont derechef démontré qu'elles n'étaient pas de taille à se frotter efficacement à la crise par des mesures à l'unisson. Si le doute était encore permis, les agences de notation semblent avoir pris parti en faveur d'une défiance à l'endroit de la "gouvernance" européenne face à un ensemble prêt à se disloquer. Il manque juste la petite étincelle... les élections grecques pourraient servir de détonateur dimanche prochain.



Téléchargez gratuitement le guide
Dopez vos plus-values

Parce que, si ce sont les turpitudes espagnoles qui animent le forex trading et les autorités ces jours récents, il n'empêche que ces tours de table à travers des coups de fil improvisés dans l'urgence afin de résorber l'écueil madrilène sont mis sur pied histoire d'avoir un malade outre-Pyrénées "présentable" quand le verdict des urnes en terre hellène sera connu : en effet en cas de rejet de l'austérité avéré par le scrutin avec un triomphe subodoré du camp de la gauche radicale, il faudrait sérieusement envisager l'éviction d'Athènes du club euro... Que dans ces conditions, il est ô combien nécessaire que le reste du camp de la devise unique fasse montre de robustesse en vue d'affronter éventuellement (bien que ce serait quasi certain !) une spéculation qui s'engouffrerait dans la boîte de Pandore en chassant les prochaines proies parmi lesquelles inévitablement les membres affectés sérieusement par un Talon d'Achille trop tentant. De facto, le secteur bancaire de la nation ibérique doit impérieusement être colmaté pour ne pas laisser une faille béante sur le flan de la quatrième économie du vieux sol !

Cependant qu'il s'agisse de verser 40 milliards € aux établissements financiers comme le souligne le FMI dans son rapport en passant ou non par la case "tutelle" de l'aide internationale accordée par l'UE ; que Rajoy veuille éviter  à son gouvernement d'être placé sous l'égide de la troïka à tout prix par l'orgueil du maintien de la souveraineté ou par la raison devant les sacrifices imposés ensuite aux autres "bénéficiaires" : le sauvetage des banques d'Espagne ne sont qu'un épisode dans cette guerre systémique où plane l'enjeu de l'éclatement de l'euro. Ainsi au Foxy Trading Club nous regardons surtout la Grèce pour ce rendez-vous dominical absolument fondamental et qui à lui seul détient la clef des événements à venir.

D'ailleurs Moody's n'y va pas par le dos de la cuiller en reconnaissant de possibles corrections sur les ratings de certains élèves notés du fameux triple A. C'est ainsi que le bureau d'études brandit la menace d'une dégradation à la chaîne des nations européennes si la Grèce sortait de la zone euro tout en enchérissant sur la monnaie qui ne serait plus forcément légitime aux yeux des marchés financiers, eu égard à un tel précédent dont l'hypothèse n'avait même pas été encadrée dans les traités. Enfin, il appert que les banquiers centraux de la BCE et de la Fed ne soient pas prêts d'agir massivement par des plans de monnaie quantitative (LTRO ou QE) à l'instar des précédentes opérations. Il est vrai aussi que Draghi et Bernanke aient pu être déçus par la façon dont s'étaient déroulées les deux intiatives respectives des instituts d'émission de Francfort et Washington auparavant. A moins qu'en restant presque les bras croisés en proposant le strict minimum pour donner une bouffée d'oxygène aux transactions financières, ils ne s'en remettent à des gouvernements mis au pied du mur dans l'espoir que ceux-ci n'agissent... encore faudrait-il que sur notre rive ils parviennent à s'entendre dans cette cacophonie diligentée par les intérêts nationaux d'abord et outre-Atlantique que démocrates et républicains avancent en toute cordialité dans le même sens dicté par l'intérêt supérieur de la bannière étoilée sauf qu'à 4 ou 5 mois des élections suprêmes on en doute.

Après une baisse des taux en Chine par la Banque nationale, selon ce que l'on craignait les chiffres tombés durant le week-end dans l'ex-Empire du Milieu font état de ralentissement de l'économie avec en l'occurrence des ventes de détail et une production industrielle de piètre facture. En revanche, la bonne information relève d'une surchauffe des prix moins évidente grâce à une inflation en retrait par rapport aux anticipations. C'est pourquoi probablement la République populaire avait lâché du mou sur ses mesures de rétorsion contre la cherté de la vie dernièrement in fine. Néanmoins, cette décélération de l'activité est un sombre présage de la locomotive des pays émergents. Pas sûr que l'on compte encore beaucoup sur la vigueur de l'économie chinoise dans les mois qui arrivent. Dans la semaine, les cambistes prendront connaissance de chiffres importants notamment aux Etats-Unis avec par exemple les ventes de détail, le PMI manufacturier de New York, de la production industrielle ou de l'indice des prix à la consommation. En Europe, si les tensions sont omniprésentes dans le couple Merkel-Hollande, quelques points de convergence sont toutefois recensés dans l'axe franco-allemand avec l'union bancaire qui garantirait le partage des dépôts des établissements (ce qui esquiverait toute idée de "bank run" chez les membres fragilisés) ; également les "project bonds" pour financer les grands projets d'infrastructures (à défaut de la mutualisation des dettes par "euro-bonds" auxquels Berlin s'oppose fermement) ; enfin l'augmentation du capital de la Banque Européenne d'Investissement (BEI).

Techniquement la paire euro dollar est sous le joug des lamentations instiguées par tous les dossiers en cours en Europe et par la suspicion de plus en plus grande du ralentissement de la croissance dans le monde. Les déceptions émanant des deux banquiers centraux à ne pas venir trop vivement porter main forte à la finance (voir plus haut) ont eu en outre un impact sur les transactions en carnets. Le 1.2520 travaillera à nouveau sur le planisphère graphique du couple du marché des devises. Pour autant, même si le 1.2660 n'a pas été étrenné vendredi dernier alors que nous attendions une hausse sur le palier pour déclencher des applications négatives, nous n'étions plus dans l'optimisme ici. Toute montée intempestive au nord serait une occasion de prendre des poses tranchées en short. Range de day trading prescrit ce lundi 1.2600/1.2400. Fluctuations erratiques en prévision.

Balises
BB2 : 1.2400 BB : 1.2461 BH : 1.2560 BH2 : 1.2628