Entre crise de la dette et incertitudes macro-économiques, toutes les classes d’actifs ont connu en 2011 un regain de volatilité traduisant un manque de visibilité sur l’évolution de l’économie mondiale. 2012 pourrait être de la même veine, et profitera aux investisseurs qui sauront diversifier leur portefeuille.



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2011 a été une nouvelle « annus horribilis ». Rares ont été les actifs à sortir indemnes de la tempête qui a secoué l’ensemble des marchés financiers. Guidés par les nouvelles de la macro-économie, les investisseurs du monde entier ont passé leur temps à ajouter, puis à enlever du risque de leurs portefeuilles.

Ceci s’est traduit par l’effondrement du prix de nombreux actifs : actions des pays développés (hors Etats-Unis) comme celles des pays émergents, la plupart des matières premières (en dehors du pétrole), certaines devises comme l’euro, ainsi que la gestion alternative.

A l’inverse, les obligations les plus sûres ont bénéficié du mouvement de fuite vers la qualité (Bund, bons du Trésor américain), tout comme les valeurs refuge traditionnelles (or, franc suisse et yen). Toutefois, ces arbitrages, par leur brutalité, ont alimenté une volatilité que l’on n’avait pas vue depuis 2008, signalant un stress élevé des investisseurs.

2012 s’ouvre avec les mêmes incertitudes que celles qui ont hanté 2011 : la gouvernance de la zone euro, durement critiquée par Standard & Poor’s, sera-t-elle à même de neutraliser tout risque de contagion ? Les signes encourageants de l’économie américaine en fin d’année sont-ils pérennes ? La Chine pourra-t-elle poursuivre sa politique accommodante et rester un moteur de l’économie mondiale, même si l’Europe et les Etats-Unis sont en récession ?

Ces sujets sont dans l’ensemble bien connus maintenant. Les statistiques plus encourageantes sur l’emploi américain, puis plus récemment le succès des dernières adjudications espagnoles et italiennes ont alimenté une remontée du prix de nombreux actifs risqués, actions en tête.

La situation des entreprises reste bonne. Aux Etats-Unis, 75% des sociétés cotées ont publié des résultats supérieurs aux attentes. La plupart ont des bilans sains et sont capables de se financer sur les marchés à des taux bien plus avantageux que de nombreux Etats. Mais les politiques ont toujours la haute main sur les sujets forts du moment : réduction des déficits et relance de la croissance notamment.

Tout ceci annonce sans doute une première partie de l’année en dent de scie. Le marché a s’empare toujours très rapidement des bonnes nouvelles, mais est tout aussi prompt à rechuter si un événement pousse les intervenants à prendre leurs bénéfices.

Pour les investisseurs, cela signifie revenir à la marge sur les actifs à risque. Au sein des actifs, les thèmes à privilégier sont la capacité de négociation des prix des entreprises (avec des titres comme Eutelsat, Michelin, Essilor), les valeurs peu dépendantes du cycle (Edenred, Sartorius ou Zodiac), les valeurs liées aux émergents (Air Liquide, LVMH, L’Oréal), les valeurs dollar (Publicis).

L’investisseur individuel dispose aujourd’hui de moyens de diversifier ses investissements. Pour faire de la performance dans un environnement troublé, il faudra plus que jamais agir sur plusieurs leviers : les actions qui pourraient bénéficier d’une embellie et sont à des niveaux historiquement bas, mais également les indices américains, une poche matières premières agricoles de l’ordre de 5% (porc, bœuf, maïs, blé, soja), à laquelle s’ajouteront 5% d’or. Enfin, la guerre des devises aura bien lieu et le marché du Forex est désormais accessible à tous. En fonction du rétablissement ou de l’enlisement de la zone euro, la parité euro/dollar pourrait subir des amplitudes dont l’investisseur particulier peut désormais tirer parti.

Cette tribune est signée Fabrice Cousté, DG de CMC Markets France

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