Jacques Gounon




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Président du Conseil Commun du Groupe Eurotunnel, Président Directeur Général d’Eurotunnel plc et SA

Monsieur le Président, vous vous étiez engagé à informer les actionnaires d’Eurotunnel des progrès de la négociation sur la dette avant la fin du mois d’octobre. Alors, où en êtes-vous ?

Jacques Gounon : « Aux lendemains de l’assemblée générale à Coquelles, et alors que la négociation pouvait enfin entrer dans sa phase concrète, j’avais en effet pris cet engagement. Et je tenais à être au rendez-vous, même si, chacun le sait, nos discussions avec les créanciers sont encadrées par un accord de confidentialité. Malgré tout, à mi-parcours des négociations, qui se sont ouvertes le 13 juillet et doivent se conclure avant le 31 janvier prochain, au terme de la période de « waiver », je voulais faire le point sur leur avancée.»

Les négociations ont donc « avancé »…

« En trois mois et demi, nous avons fait beaucoup de chemin ensemble. Les discussions sont intensives et se déroulent dans un climat constructif. Mais pour bien comprendre la situation, il faut rappeler le cadre et la méthode retenus : Eurotunnel négocie avec le seul Comité ad hoc, constitué dès 2003 et qui regroupe des créanciers « pesant » 45% de la dette, notamment la BEI, MBIA, Oak Tree, Franklin…. Depuis, deux autres comités « junior » se sont formés, environ 10% supplémentaires chacun. Le premier a désigné la banque Close Brothers pour le représenter ; le second un cabinet d’avocats, Allan et Overy. Dans le cadre d’accords de confidentialité, ces interlocuteurs accèdent à des données sur l’entreprise, le business plan par exemple. Mais, je le répète, aucune négociation n’est en cours avec eux. Et, d’ailleurs, ils gardent la possibilité de vendre et d’acheter de la dette ; la composition de ces comités peut donc être évolutive. Enfin, ils ne sont pas tenus informés des progrès de nos discussions avec le Comité ad hoc. Quand un accord sera signé avec celui-ci, nous pourrons alors entrer dans le vif du sujet avec les autres comités et créanciers…

C’est donc avec le Comité ad hoc que vous avez fait des progrès. Lesquels ?

Je crois que le business plan que nous avons présenté a été jugé « réaliste » par les créanciers. Progressivement, une convergence de vues s’installent sur le niveau de dette supportable par Eurotunnel et sur la valeur totale de l’entreprise,. Et nos points de vues se sont aussi rapprochés sur une autre question : la structure actuelle de la dette est trop complexe

Au cours de cette négociation, il y a juste un mois, le conseil d’administration d’Eurotunnel a pris la décision de ne pas convertir les avances de stabilisation. Pourquoi ?

Faire disparaître, à ce stade, 9% de la dette aurait été une erreur. La question de la dette doit être abordée le plus globalement possible. Nous avons proposé que l’option de conversion des avances de stabilisation soit exerçable jusqu’en septembre 2006, au lieu de décembre prochain, comme prévu originellement. Il appartiendra aux créanciers de se déterminer.

Justement, c’est la grande question pour les actionnaires. Le projet de restructuration financière actuellement en cours de discussions inclut-il une nouvelle dilution du capital ?

Ceux qui ne parlent que de conversion de la dette et de dilution ont une vision réductrice du dossier. Ils oublient une composante fondamentale : la valeur de l’action. Le Comité ad hoc et Eurotunnel ne travaillent pas sur un schéma unique de restructuration, mais sur deux ou trois. Notamment, Eurotunnel souhaite passer d’une structure de financement de projet, avec ses contraintes lourdes, à un schéma propres aux sociétés concessionnaires, dont on connaît les avantages. Quant à la dilution, ma position est connue. Mais, à ce stade de la négociation, je ne peux faire plus de commentaires.

Quelles sont les prochaines étapes de la négociation ?

Nous voulons continuer à avancer rapidement. Un accord avec le Comité ad hoc sur le mécanisme de la restructuration est la prochaine étape. Ensemble, nous pourrons ensuite entamer des discussions avec les autres comités de créanciers, avant de soumettre ce plan au vote des actionnaires. Quoi qu’il en soit, j’envisage de faire un nouveau point de la situation début 2006.


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