Si la GPA (Gestion Partagée des Approvisionnements) a permis depuis 10 ans de réduire les stocks de nombreux produits à une dizaine de jours de couverture, les enjeux actuels sont beaucoup plus ambitieux. Comment, au travers de l’amélioration des circuits logistiques, augmenter les ventes ? Le taux de service joue le rôle principal dans la réflexion des fabricants alors que les distributeurs échafaudent de nouveaux programmes de réduction, voir de suppression totale, des stocks immobilisés en entrepôts. Le dilemme du choix entre limite du risque de rupture et diminution du coût financier prend une importance jamais atteinte.



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Parmi plusieurs alternatives mises en place récemment par les industriels et la Grande Distribution, voici les 3 plus fréquentes :

Premier en liste, le flux tendu. A l’instar de ce qui s’opère dans les produits frais où les dates limites de consommation ne permettent pas de stocker à l’avance, il s’agit pour les industriels de livrer sur une plate-forme les quantités exactes de marchandises commandées par les points de ventes. Aucun stock de sécurité n’est maintenu sur l’entrepôt distributeur. Les fournisseurs doivent faire preuve d’une très grande réactivité et d’une qualité de livraison irréprochable pour éviter les ruptures en linéaires, au risque de perdre des parts de marché. Une telle organisation, si elle présente l’avantage d’éradiquer les stocks dans les entrepôts clients, induit des coûts logistiques supplémentaires chez les industriels . Ainsi, le choix des références susceptibles d’être pilotées en flux tendus fait l’objet de la plus grande attention. Les types d’approvisionnement se démultiplient : les produits livrés sur stock et ceux, moins stratégiques dans l’assortiment, gérés en « flux tendus ». Aujourd’hui, la majorité des fabricants ayant accepté ce mode de livraison commercialisent peu de références, ils sont souvent de petite taille.

Deuxième proposition, le stock déporté, ou stock avancé. Il s’agit cette fois non pas de supprimer physiquement  les réserves des entrepôts, mais d’en réduire uniquement le poids financier. N’est-ce pas d’ailleurs le but recherché, quelque soit la méthode utilisée ? Les industriels sont invités à décaler la facturation pour l’émettre au moment de la livraison des magasins par la logistique centralisée. Par conséquent, les produits disponibles dans les entrepôts d’une enseigne, bien que totalement réservés pour celle-ci, appartiennent toujours au fournisseur. De ce fait, il    finance le stock sur l’ensemble de la chaîne. Cette perspective semble peu attractive et plutôt contraignante pour ceux qui disposent d’une logistique efficace. D’autres refusent tout simplement de supporter une charge financière additionnelle, à moins de  pouvoir re-négocier les délais de règlement pour que l’équilibre se rétablisse. Elle attirera cependant certains fabricants de marques de distributeurs qui souhaiteraient bénéficier des structures logistiques de leurs clients proposées à des tarifs préférentiels. Ce mode d’organisation implique enfin que les industriels gèrent le ré-approvisionnement des stocks leur appartenant, comme cela est fait en GPA, pour éviter les ruptures et ne pas dépasser les capacités des entrepôts.

Autre méthode présentée, la GPA Multipick. Totalement basée sur une approche dite « collaborative », cette organisation, si elle semble à priori plus difficile à mettre en place, présente certainement la meilleure alternative pour le maintien de l’équilibre entre niveau de stock bas et taux de service maximum. Le principe de la G.P.A.  Multipick consiste à confier à un groupe de fournisseurs la gestion du réapprovisionnement à la place des entrepôts centraux des distributeurs. L’objectif est de constituer un flux de transport commun : les commandes sont calculées dans un même système et voyagent ensemble. Le pôle de chargement géographique ainsi constitué autorise la mise en place d’une navette entre les partenaires industriels et leurs clients. L’augmentation des fréquences de livraison individuelles induit la diminution systématique des stocks dans les entrepôts destinataires et permet d’atteindre les meilleurs taux de service. Plus de gestion de reliquats ou de produits en ruptures qui attendent un  prochain départ dans dix jours. D’autre part, en maîtrisant le levier de massification des volumes transportés, gérés à leur initiative, les industriels bénéficient ensemble de meilleurs tarif de transport.

Si la GPA Multipick constitue le meilleur compromis à proposer face à la pression croissante des distributeurs sur la réduction de leurs stocks, elle s’appuie néanmoins sur certaines conditions favorable à sa réalisation. Ainsi, le fait d’être situé à proximité géographique de ses partenaires, constitue un facteur déterminant. D’autre part, au regard des premiers pilotes opérationnels depuis presque deux ans, nous observons que la pérennité d’un groupe G.P.A. Multipick tient dans l’équilibre des intérêts individuels : une réduction mesurable des stocks pour le client,

des gains équivalents sur les taux de service,

des améliorations des conditions de transport pour les fabricants.

Ceci induit une certaine homogénéité des partenaires : un gros « faiseur » ne verra aucun intérêt à embarquer un petit qui bénéficierait des conditions de transport liées au volume sans contribuer efficacement à sa réalisation.

Enfin, contrairement aux deux alternatives pré-citées, nous remarquons que la G.P.A.  Multipick peut correspondre à l’ensemble des catégories d’industriels. Le flux tendu se développe essentiellement pour les petits volumes, et le stock déporté attire les fabricants de MDD en priorité. Les grandes entreprises voient dans le Multipick une continuité logique au principe de G.P.A.  qu’elles pratiquent déjà. La majorité des pilotes recensés concerne d’ailleurs des sociétés qui proposent ce service depuis plusieurs années. Les PME, quant à elles, trouvent ainsi l’opportunité d’entrer enfin dans une démarche « collaborative » avec leurs clients pour créer une relation qui dépasse la seule négociation de référencement et de tarifs. Du côté des distributeurs, avec un impact minime en terme de mise en place (pour ceux qui pratiquent déjà la G.P.A. ), les résultats sont immédiats et probants.

La définition de ces nouveaux modes d’approvisionnement pour satisfaire la demande de tension des stocks nous permet d’identifier que l’un des facteurs clés de succès repose sur l’anticipation des flux pour accroître la réactivité des industriels. Ainsi, en complément de cette réorganisation des flux logistiques, la quasi-totalité des enseignes de distribution travaille à la mise en place d’outils pour diffuser leurs données telles que les prévisions des ventes ou les consommations réelles des produits. Si cette initiative annonce une volonté accrue d’intégration des chaînes d’approvisionnement, encore faudra-t-il que les données soient fiables et les formats utilisés exploitables par les systèmes des fabricants. Ils devront aussi évoluer pour exploiter ces nouvelles informations et constituer une véritable aide supplémentaire à la décision


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