Monsieur le Préfet de Police,



Téléchargez gratuitement le guide
Dopez vos plus-values





Depuis le début de cette mandature, la Municipalité a placé au cœur de sa politique du logement la lutte contre l’insalubrité et la nécessité de mettre progressivement à l’abri de ce fléau, des milliers de familles parisiennes exposées depuis trop longtemps à un environnement terriblement dégradé.



C’est pourquoi la Ville a mandaté plusieurs de ses sociétés d’économie mixte - en particulier la SIEMP - afin d’acquérir plusieurs centaines de ces immeubles et d’engager leur réhabilitation complète, ce qui n’avait malheureusement pas été fait avant 2001.

Ainsi, depuis plus de quatre ans, ce sont 2700 familles - soit environ 13 000 personnes - que la Ville de Paris a pu reloger en mobilisant très largement les contingents dont elle dispose en matière d’attribution de logements très sociaux (PLA-I et PLUS).  



Après les deux incendies tragiques qui ont frappé notre capitale en août dernier, la Ville a naturellement pris des dispositions pour tenter d’intensifier et d’accélérer encore son action. Elle a également saisi les différentes autorités publiques afin que chacun prenne légitimement sa part de l’effort indispensable.



Lorsque des instructions vous ont été données par Monsieur le ministre de l’Intérieur pour faire évacuer des immeubles dans lesquels serait constaté un péril imminent pour leurs occupants, j’ai indiqué publiquement l’attention prioritaire que nous accordons à la vie des personnes, cette dimension primant sur toute autre considération.

Même si la Ville n’est nullement partie prenante de ces décisions d’évacuation, j’ai également précisé que de telles mesures impliquaient la définition, en amont, de solutions de relogement dignes, proposées à ces familles.



A la lumière du bilan des nombreuses évacuations intervenues récemment, force est de constater que ces dernières ne se sont pas déroulées dans des conditions répondant réellement à de tels principes.

Il me semble donc éminemment souhaitable d’y mettre un terme et d’opter pour une autre démarche, plus efficace et plus respectueuse des personnes.



En effet, comme j’ai déjà été amené à le regretter publiquement, ces immeubles ne semblaient pas tous poser de problèmes impérieux justifiant leur évacuation immédiate. Certains faisaient même l’objet d’un travail, engagé depuis plusieurs mois entre nos services, afin d’y réaliser des travaux conservatoires de sécurité et de conduire un processus de relogement des occupants. C’est d’ailleurs ce qui m’a conduit à vous demander de surseoir, tout récemment, au projet d’évacuation d’un immeuble situé 13, Passage de la Brie, dans le XIXème arrondissement. Je vous sais gré d’avoir pris en compte cette démarche.

Par ailleurs, il s’est chaque fois avéré que les solutions d’hébergement hôtelier que  vos services ont proposées aux personnes évacuées ont été systématiquement refusées par ces dernières, aboutissant à des occupations de jardins publics ou d’équipements municipaux, dans des conditions très difficiles pour ces personnes déjà confrontées à la précarité. Ces désordres ont manifestement donné lieu à un trouble inutile à l’ordre public.

Enfin, ces opérations étaient d’autant plus traumatisantes que certaines des personnes concernées avaient des enfants scolarisés ou étaient des travailleurs âgés installés en France de longue date.



Par conséquent, et alors même qu’approche la saison hivernale, je suis amené à vous demander de renoncer à de telles opérations. Je vous propose au contraire que nous recherchions les moyens de mieux concilier l’indispensable mise en sécurité des populations – la prévention de tout risque vital demeurant prioritaire à mes yeux - avec le souci d’anticiper réellement les éventuels relogements ou hébergements nécessaires.



Ainsi, je vous propose qu’à partir d’une mise en commun de nos éléments d’évaluation sur les risques relevés dans les immeubles parisiens considérés comme insalubres, nous définissions, avec la Préfecture de Paris, un ordre de priorité des immeubles pour lesquels un effort exceptionnel doit être engagé afin de reloger au plus vite leurs occupants.

En second lieu, au cours de cette période transitoire, nous devrons nous assurer que des mesures conservatoires de sécurité sont effectivement mises en œuvre, partout où elles s’avèrent aujourd’hui insuffisantes, voire inexistantes. A cette fin, j’ai demandé à toutes les sociétés immobilières relevant de la Ville de me faire un point complet des mesures prises ou envisagées pour sécuriser les immeubles, dans l’attente de leur réhabilitation.          

Je veillerai, bien entendu, à donner les consignes nécessaires si le rythme d’intervention de telle ou telle société justifiait qu’elle l’intensifie.



Pour les immeubles privés, des travaux d’office en matière de sécurité devront être imposés, comme ce fut le cas pour l’immeuble de la rue de la Fraternité (XIXème) afin de permettre aux processus de relogement d’aller à leur terme ou de permettre des solutions d’hébergements dignes.



Dans ces conditions, il nous sera possible de répondre aux légitimes exigences de sécurité des personnes et de relogement décent.



Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet de Police, à  l’assurance de ma considération distinguée.







                                                                                                                                             Bertrand DELANOË



Monsieur Pierre MUTZ
Préfet de Police de Paris
Préfecture de Police
9, bd du Palais
75004 Paris


Téléchargez gratuitement le guide
Dopez vos plus-values

Recommander à vos amis
  • gplus
  • pinterest