Les perspectives économiques mondiales sont à la croisée des chemins, avec des banques centrales qui s’emploient désormais à atténuer le ralentissement de la croissance observé durant l’année 2019. Sauf chocs externes, la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) devraient ainsi parvenir à stabiliser la croissance en 2020 jusqu’à ce que la relance budgétaire soit mise en place de manière plus systématique dans le courant de l’année.



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La Chine devrait profiter de la trêve commerciale avec les Etats-Unis pour accélérer son programme de restructuration domestique face à une reprise potentielle de l’affrontement à l’issue de l’élection présidentielle américaine de 2020.

Par ailleurs, après des années de blocage politique sur la question du Brexit, l’espoir renaît de voir une majorité confortable au parlement pour sortir enfin de l’impasse des négociations qui a pesé sur l’économie du pays depuis 2016.

Dans ce contexte, les actions devraient continuer à devancer les obligations en termes de performance en 2020, mais le chemin risque d’être tortueux en raison de la transition attendue, d’une politique monétaire vers une politique budgétaire.

De plus, avec la tendance haussière du dollar qui semble toucher à sa fin, les investisseurs devraient désormais explorer les opportunités offertes en dehors du marché américain. Par ailleurs, la perspective d’une appréciation de la livre sterling à la suite des élections au Royaume-Uni paraît propice aux actions domestiques de petite et moyenne capitalisation, à l’heure où des mesures budgétaires ciblées devraient accélérer la croissance britannique. En outre, si la dynamique de relance budgétaire se confirme en Europe continentale, l’environnement jouera aussi en faveur des petites et moyennes capitalisations orientées sur le marché domestique.

Au sein des portefeuilles obligataires, une approche centrée sur le risque et la préservation du capital est à privilégier, plutôt que la recherche de rendement, comme généralement observé ces dernières années. Les investisseurs sur le marché du crédit devraient s’attendre à de la volatilité. Cependant, nous pensons que les banques centrales chercheront à contenir l’élargissement potentiel des spreads de crédit, du moins jusqu’à ce que les mesures de relance budgétaire soient pleinement mises en œuvre.

Avec des rendements obligataires proches de leurs plus bas historiques, les investisseurs auraient intérêt, en 2020, à étendre leur champ d’investissement et à opter pour une diversification accrue parmi les actifs «défensifs», notamment l’or et les devises refuges.

Enfin, l’investissement socialement responsable devrait continuer à susciter un attrait grandissant à travers le monde en 2020. Le segment de l’impact investing, qui a enregistré une solide tendance sur les marchés développés en 2019, est appelé à connaître un fort développement également sur les marchés émergents avec la nouvelle décennie qui s’ouvre. En outre, les approches selon des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) devraient être de plus en plus prisées des investisseurs, leur permettant de personnaliser leurs portefeuilles afin d’atteindre leurs objectifs d’investissement tout en agissant en accord avec leurs propres valeurs.

Chine – Même si la Chine reste en conflit, commercial et stratégique, avec les Etats-Unis, ce contexte difficile aura aussi permis une accélération de la transformation économique du pays. Les investisseurs devraient s’aligner sur les décisions politiques chinoises en se concentrant sur des secteurs comme la technologie, la santé et l’assurance, ainsi que sur le marché des actions A (A-Shares) onshore pour profiter des opportunités domestiques en 2020.

Les investisseurs devraient notamment opter pour une approche active, en ajustant leur positionnement selon les initiatives des décideurs politiques chinois sur le long terme. Cette stratégie avait nettement profité aux investisseurs en Chine dans les années 1980, alors que le pays a évolué, passant de grand exportateur à une nation centrée sur le développement de ses infrastructures domestiques et, plus récemment, sur la volonté de donner davantage d’importance à la consommation.
Actions britanniques – Après des années de crise politique, le Royaume-Uni paraît enfin sur le point de sortir des tourments provoqués par le Brexit, faisant ainsi reculer les incertitudes pour les investisseurs financiers et l’économie dans son ensemble. Dans l’hypothèse où les conservateurs remporteraient les prochaines élections, le Royaume-Uni devrait voir ses perspectives se stabiliser. Un tel scénario bénéficierait nettement à la livre sterling et aux actions centrées sur le marché domestique. Des secteurs comme les ventes au détail, l’immobilier, la finance ou encore les compagnies aériennes devraient ainsi largement profiter de la hausse des dépenses de consommation, du renforcement de l’activité domestique et de l’appréciation de la devise.


Fintech – La Fintech affiche une croissance rapide ainsi qu’un potentiel de développement important, les taux d’adoption restant relativement faibles dans ce secteur (33% à l’échelle mondiale). Plus spécifiquement, le segment des paiements semble le plus prometteur à nos yeux, avec un usage qui connaît une tendance à la hausse séculaire et des marges en nette amélioration. D’après les estimations, 85% des transactions mondiales s’opèrent toujours au travers d’espèces ou de chèques, d’où un fort potentiel de progression pour la Fintech. De plus, ce secteur devrait faciliter l’augmentation du taux de pénétration global du e-commerce, et donc en tirer parti. A cet égard, la part des ventes au détail totales au sein du e-commerce est attendue en hausse à 18% d’ici à 2021, contre 12% actuellement.


Obligations – Avec près d’USD 13'000 milliards de dettes à taux négatifs, et des rendements des bons du Trésor américain à 30 ans qui avoisinent les 2% pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les obligations ont, à l’évidence, perdu leur statut de placement à faible risque. Cependant, les investisseurs sur le marché obligataire, même en EUR et en CHF, peuvent toujours bénéficier de réelles opportunités à la fois pour gérer les risques et générer des performances modestes dans un contexte de menaces à long terme sur le segment des obligations.

Cet environnement sur les marchés d’obligations mondiaux s’explique non seulement par l’introduction de taux de dépôt négatifs dans la majorité des pays européens et au Japon, mais également par les quelque USD 10’000 milliards de liquidités injectées sur les marchés obligataires via l’assouplissement quantitatif (QE) de la Fed, de la BCE et de la Banque centrale du Japon (BoJ) depuis la crise financière de 2008.


Marché des changes – La tendance haussière du dollar US paraît toucher à sa fin et une légère dépréciation pourrait même être observée en 2020. Les devises refuges traditionnelles, à savoir le yen et le franc suisse, devraient, quant à elles, afficher une bonne tenue. La parité EUR/USD est appelée à se renforcer progressivement l’année prochaine, alors que la faiblesse du yuan devrait peser sur les devises asiatiques.

Nous nous attendons à ce que la Fed poursuive ses baisses de taux, alors que la croissance et l’inflation devraient continuer à reculer aux Etats-Unis en 2020. Elle pourrait aussi réitérer son programme d’assouplissement quantitatif (QE). Des taux d’intérêt plus bas ainsi que les nouveaux rachats d’obligations devraient peser sur l’évolution du dollar en 2020.


Matières premières – Alors que les banques centrales occidentales s’appuient largement sur l’achat d’obligations pour stabiliser l’économie mondiale, les investisseurs centrés sur l’or pourraient bénéficier à la fois de l’environnement de taux d’intérêt toujours plus négatifs (ajustés de l’inflation) et de la poursuite des tensions géopolitiques à travers le monde. L’or devrait également profiter de la montée de la volatilité des devises, et il est appelé à surperformer en cas d’intervention des grandes banques centrales pour affaiblir leurs devises respectives.


Politique américaine – A l’approche de l’élection présidentielle aux Etats-Unis, de profonds bouleversements semblent se dessiner sur le front des politiques domestiques et étrangères, et ce que Donald Trump reste au pouvoir ou soit détrôné par les démocrates. Même si l’accalmie devait perdurer dans la guerre commerciale avec la Chine, d’autres problématiques pourraient apparaître, comme les réformes fiscales et du droit de la concurrence, lesquelles pèseront inévitablement sur les marchés actions américains.


Investissement responsable – Les sociétés ayant recours à de solides pratiques ESG sont mieux positionnées pour relever les défis du futur, et ce sont aussi celles qui atteignent de fortes performances financières, comme le montrent certaines études. A l’heure où les gouvernements dans la plupart des grandes régions renforcent leur cadre réglementaire en matière d’approche durable, les entreprises qui seront à la traîne en termes de considérations ESG se rendront vite à l’évidence. Elles verront non seulement qu’elles ne cadrent pas avec les préoccupations majeures des investisseurs et, plus globalement, de la société, mais également qu’elles contreviennent aux réglementations toujours plus nombreuses dans ce domaine.

L’investissement durable peut aussi être utilisé pour identifier de nouvelles opportunités de placement compte tenu de la nette accélération des transformations à l’échelle mondiale. Les voitures électriques tout comme l’agriculture et les services financiers durables dans les pays en développement ne sont que quelques exemples de secteurs qui doivent leur succès en partie aux efforts des entreprises pour devenir encore plus responsables.


Impact investing – L’impact investing centré sur les actions cotées permet aux investisseurs d’identifier des sociétés qui affichent des perspectives de croissance supérieures ainsi qu’un fort engagement vis-à-vis des principaux enjeux planétaires. Selon le Global Impact Investing Network (GIIN), plus d’USD 500 milliards d’actifs sont aujourd’hui gérés au travers de mandats en impact investing. Le volume s’est considérablement accru ces dernières années et, bien que la proportion des actions cotées soit minime, celles-ci représentent une partie significative de la croissance. Cette tendance reflète la demande grandissante pour des investissements qui génèrent de la valeur au sens large, et pas uniquement sur le plan financier.

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