Accidentologie des deux-roues motorisés : des chiffres à 2 vitesses



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La mortalité routière est un sujet d’actualité récurrent, plus que jamais au cœur des débats.  Cet enjeu sanitaire et politique de premier ordre incite le gouvernement à engager en permanence des mesures visant à réduire le nombre de tués sur les routes. Les chiffres communiqués par la Sécurité Routière servent de baromètre comportemental aux pouvoirs publics et génère une émulation technologique pour les entreprises du secteur. Les plans de prévention, sensibilisation, lois de répression et solutions d’innovation ont le même objectif : réduire la mortalité en rendant les routes plus sûres. La tâche est rude. En 2018, 3 259 personnes ont été tuées sur les routes de France, soit 189 de moins qu’en 2017. Si la mortalité routière liée aux véhicules de tourisme reste majoritaire avec 51% des victimes (chiffres 2017), celle en corrélation avec les deux-roues demeure toujours élevée au regard du trafic qu’ils représentent.

Les derniers chiffres annoncés par le gouvernement font état de 734 usagers de deux-roues décédés en 2018. Ils constituent 21% des décès recensés sur les routes. Si les 2 roues motorisés constituent 2% du trafic motorisé, ils sont tout de même impliqués dans 44% des accidents graves.

Les chiffres de 2017 laissent un constat d’autant plus amer car ils démontrent que ce sont davantage les plus jeunes qui sont concernés. En effet, cette même année, la tranche d’âge 18-34 ans représente 20% de la population mais 43% des motocyclistes tués et 42% des blessés hospitalisés. Enfin, il faut retenir que les accidents mortels en moto concernent autant des accidents sans autre impliqué que des accidents par suite d’une collision. La vulnérabilité d’un conducteur de deux-roues est une évidence et le nombre de tués encore trop important. Pourtant, l’offre en matériel est de plus en large et sophistiquée. Grâce aux progrès de la technologie, les conséquences traumatiques des accidents sont en baisse. L’innovation, plus que jamais, joue un rôle dans la réduction des blessures et du nombre de morts. Il faut impérativement garder le cap.



L’airbag moto : un virage à prendre

Dans ce contexte, le duo obligatoire casque/gants a ses limites. Aujourd’hui, de nouveaux dispositifs permettent non seulement de limiter les blessures mais également de sauver des vies, à l’image de l’airbag moto. En cas d’accident, 44% des lésions les plus graves se situent à la tête quand 60% se situent au thorax et sur la colonne vertébrale. En conclusion, protéger le tronc est tout aussi important que protéger la tête. Avec un gilet airbag ou un blouson équipé du système, le motard se protège de l’impact au sol ou contre un obstacle après avoir été éjecté de son véhicule. L’institut de recherche automobile JARI (équivalent en France de l’UTAC CERAM), qui mène des études pour le gouvernement japonais, a réalisé des crash-tests. En cas d’accident, les performances de l’airbag sont sans équivoque :

le choc est absorbé donc son ampleur est réduite
l’accélération de la tête est réduite de plus de 50% et celle du corps entre 20% et 25%
l’accélération de projection de la tête est réduite de 39% grâce à un collier cervical intégré à l’airbag (innovation brevetée)
l’enfoncement thoracique est réduit de 60%


Il existe 3 technologies différentes d’airbag sur le marché. La première est le système filaire : le gilet se déploie lorsque le câble fixé à la moto se désolidarise en raison de l’éjection du conducteur. La deuxième fonctionne grâce à un système radio : un calculateur et des capteurs posés sur l’engin décèlent la chute ou le choc et gonflent l’airbag en conséquence. Et la troisième est une technologie dite « autonome » embarquant toute l’électronique à même l’airbag pour le déclencher en cas d’accident. Chaque technologie montre des avantages et des inconvénients. La technologie la plus éprouvée reste celle du filaire, notamment par sa simplicité et sa robustesse. Il est à noter que la réduction significative des dommages sur les cervicales, la colonne vertébrale, la cage thoracique et l’abdomen grâce à l’airbag a convaincu les brigades motorisées en charge de notre protection. C’est pourquoi, la Gendarmerie Nationale (2009), les Douanes Françaises (2013) et la Police Nationale (2015) ont adopté le système. La France est le premier pays au monde dont les forces de l’ordre sont équipées d’un airbag filaire. Parce que la vie n’a pas de prix, l’airbag moto doit être démocratisé. Dans cette perspective, fabricants, vendeurs, enseignants, assureurs et pouvoirs publics comptent s’allier pour faire force commune. Sensibilisation, pédagogie et incitation commerciale sont à l’ordre du jour afin que les élèves des moto-écoles, les jeunes détenteurs du permis moto et les usagers chevronnés prennent le réflexe de l’airbag moto. Connu des usagers de la route et reconnu par les experts de la sécurité, son usage gagnerait à être développé pour les cyclomotoristes et les motocyclistes épris d’esprit pratique et d’évasion.  



Sébastien BOUILLOT, dirigeant de Hit-Air France

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