En 2017, les investissements chinois en Europe ont augmenté de 76 % pour atteindre 81 milliards de dollars, selon une étude publiée par le cabinet d’avocats Baker McKenzie, en collaboration avec Rhodium Group. Pendant la même période, ils ont chuté en Amérique du Nord de 35 % et n’ont représenté que 30 milliards de dollars.



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Si, au niveau mondial, 2017 marque un recul inédit des investissements chinois depuis plus d’une décennie – le montant total des transactions étant passé de plus de 225 milliards de dollars en 2016 à près de 138 milliards de dollars en 2017 – c’est tout de même la meilleure année pour l’Europe.

« En raison du durcissement des contrôles par les autorités chinoises sur les investissements, le marché était dans l’attente de certaines clarifications. A partir de mi-2017, une fois que la réglementation a été bien précisée, l’activité a redémarré fortement » explique Anne Quenedey, partner chez Baker McKenzie à Paris et Pékin.

L’EUROPE EST LA CIBLE PRIVILEGIEE DES INVESTISSEURS CHINOIS

L’Europe se place ainsi en tête des régions ayant attiré le plus d’investissements chinois en 2017, devant l’Amérique du Nord. Pour la 2e année consécutive, le Vieux Continent se positionne comme la cible privilégiée des investisseurs chinois.

« La nouvelle initiative du gouvernement chinois de la ‘nouvelle route de la soie’ (One Belt One Road – OBOR), qui prévoit la construction de routes, ports et voies ferrées dans 65 pays pour plus de 1 000 milliards de dollars, contribue à doper les investissements chinois en Europe notamment dans le secteur des transports, logistique et infrastructure », explique Guillaume Nataf, partner chez Baker McKenzie.

Cette évolution doit, pour autant, être relativisée dans la mesure où l’avance de l’Europe sur l’Amérique du Nord s’explique avant tout par la finalisation et le report en 2017 du « mégadeal » de 43 milliards de dollars conclu entre le conglomérat de chimie chinois CHEMCHINA et Syngenta, groupe suisse spécialisé dans la chimie et l'agroalimentaire en 2017.

Par ailleurs, la Chine voit ses relations avec les Etats-Unis se complexifier : Donald Trump a, en effet, annoncé le 22 mars dernier la création de tarifs douaniers sur des importations chinoises pour 60 milliards de dollars par an, faisant suite à de multiples déclarations en 2017 contre « l'agression économique de la Chine ». Ces tensions permettent ainsi à l’Europe de consolider sa position de partenaire privilégié de la Chine.

UN POIDS CROISSANT DE LA CHINE DANS LES SECTEURS CLES DE DEMAIN

Au-delà de l’évolution des relations commerciales internationales, les entreprises chinoises se caractérisent par leur activisme sur des secteurs en forte croissance, comme la tech, la finance ou la distribution.

Tech & télécoms : sur ce secteur, de véritable géants chinois de la tech émergent, comme Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi (les BATX qui font face aux GAFAM américains). En complément, les efforts du gouvernement chinois pour inciter ces entreprises technologiques à s’introduire en Bourse en Chine devraient stimuler la dynamique du secteur en 2018.
Finance : les entreprises chinoises devraient également tirer une partie importante de l'activité M&A dans le secteur financier entre 2018 et 2020. Des acteurs chinois de la finance et du paiement mobile commencent à apparaître sur les marchés internationaux, avec une forte influence sur le secteur financier global : ainsi, Alibaba a récemment fait une offre sur la société américaine Money Gram tandis que Tencent – via son offre de paiement mobile WeChat Pay, qui compte déjà un milliard de clients en Chine – se développe sur de nouveaux marchés grâce à différentes acquisitions et partenariats avec des services de paiement (comme Adyen, Citron ou Airwallex).
Distribution : à l’image du développement du paiement mobile en Chine, une forte appétence des Chinois pour le e-commerce et les nouvelles tendances en matière de consommation peut être constatée.

 « L’essor des acteurs évoluant sur ce secteur en Chine est lié à l’amélioration du pouvoir d’achat des consommateurs chinois, associé à la taille considérable du marché domestique. Grâce à la croissance prévue du e-commerce en Chine, ces entreprises vont avoir les moyens d’investir les marchés occidentaux », souligne Alyssa Gallot-Auberger, partner chez Baker McKenzie, en charge du secteur Consumer Goods & Retail. Ainsi, les introductions en Bourse (IPO) des acteurs chinois de la distribution ont connu une forte augmentation : sur environ 38 milliards de dollars levés lors d’IPO dans le secteur en 2017 au niveau international, près de 8 milliards de dollars l'ont été en Chine, tandis que, parmi les 10 plus larges IPO transfrontalières réalisées en 2017, 6 concernaient des entreprises chinoises.


Retrouvez les prévisions M&A et IPO par secteur, réalisées par Baker McKenzie en coopération avec Oxford Economics, ici : https://insight.bakermckenzie.com/forecast-sector-focus

A propos de Baker McKenzie
Fondé en 1949, Baker McKenzie est un cabinet d’avocats d’affaires international regroupant plus de 5 000 avocats de premier plan et bénéficiant d’une expérience internationale implantés dans 77 villes de 47 pays. Paul Rawlinson est Président du Comité exécutif du Cabinet (www.bakermckenzie.com). A Paris, Baker & McKenzie A.A.R.P.I. compte 25 associés et 170 avocats et juristes spécialisés dans toutes les disciplines majeures du droit des affaires.

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