Redresseur d'entreprises en difficulté, cet ancien de Supelec a bâti sa réputation sur quelques unes des sociétés publiques-semi publiques les plus connues en France : Bull, Thomson Multimedia, France Telecom, etc.



Né le 15 janvier 1955 à Paris, Thierry Breton se dirige rapidement vers une carrière industrielle. Après avoir obtenu son diplôme à Supelec, il enseigne aux Etats-Unis au lycée français de New York lors de son service militaire, via le système de la coopération. L'informatique et les mathématiques sont alors les matières qu'il enseigne.

En 1981, Thierry Breton fait ses premiers pas dans le monde de l'entreprise en créant Forma Systems, société spécialisée dans l'ingénierie informatique. Il en abandonnera la présidence en 1986. A cette époque, celui qui se voyait écrivain de renom écrit son premier livre "Soft War". Ecrit par Thierry Breton et Denis Beneich, et publié en 1984, Softwar est un thriller technologique où un enseignant et son ancienne élève sont recrutés par les services secrets en pleine guerre froide.

De 1986 à 1990, Thierry Breton assume ses nouvelles fonctions de Directeur Général du Futuroscope. Ouvert le 31 mai 1987, le parc du Futuroscope est né de la vision de René Monory et du Conseil Général de la Vienne qui désiraient développer la région avec la création d'un parc dédié aux nouvelles technologiques. En participant au lancement du Futuroscope, Thierry Breton noue de nombreux contacts avec les cabinets ministériels. Il entrera ainsi au service de René Monory de 1987 à 1988, alors ministre de l'éducation nationale.

En 1993, Thierry Breton devient chargé de mission sur le Télétravail auprès d'Alain Madelin et Charles Pasqua. Cette mission se traduira d'ailleurs par une nouvelle oeuvre : "Le Télétravail en France" (1994). Thierry Breton est alors bien loin de son roman Softwar.

Il fait son entrée au sein de Bull à partir de novembre 1993. Appelé par le président Jean-Marie Descarpentries, il aide ce dernier à renflouer la société qui se débat dans de lourds problèmes financiers. L'objectif est simple : sauver Bull de la faillite. Objectif réussi. Thierry Breton voit son carnet d'adresses très fortement s'enrichir avec cette nouvelle carte de visite.

Après Bull, de 1997 à 2002, l'homme a une mission : Transformer une société qui aux dires d'Alain Juppé vaut le "1 franc symbolique" en une multinationale privatisable, Thomson Multimedia. Le groupe est très profondément remanié et la vente annoncée au groupe coréen Daewoo pour 1 euro ne se fait pas. Après une première privatisation en 1999, l'Etat abandonne toutes ses participations dans le groupe en 2003.

Vivendi Universal va mal en 2002. A qui pense t-on ? Thierry Breton. Mais Jean-René Fourtou lui sera alors préféré.

2002, avant l'arrivée de Francis Mer, il est pressenti pour devenir Ministre de l'Economie et des Finances. Il sera finalement retenu pour devenir le président de l'une des plus grandes entreprises françaises, France Telecom. France Telecom se débattait dans une dette colossale issue de l'ère Michel Bon. En effet, une grande part de l'endettement était à court terme et nécessitait de très lourds remboursements annuels. Echéances impossibles à tenir pour France Telecom. Thierry Breton réaménage entièrement la dette de France Telecom, corrige les excès de la bulle Internet et sauve le groupe.

Le 25 Février 2005, après plusieurs tergiversations, et suite à la démission d'Hervé Gaymard -suite à un scandale sur son logement-, il devient Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie. Il partira à l'élection de Nicolas Sarkozy malgré son soutien.

Après avoir enseigné à la Harvard Business School, Thierry Breton reprend les rênes d'Atos Origin le 16 novembre 2008. Ce nouveau président du directoire organisera notamment le rachat de Siemens IT Solutions and Services en 2010. Atos Origin devient alors le leader européen des services informatiques.

Sa carrière lui a permis d'obtenir les titres de Chevalier dans l'Ordre national de la légion d'Honneur et de commandeur dans l'Ordre national du Mérite. Outre Softwar, il a également écrit Vatican II, Netwar ou encore Antidette.

Combien Thierry Breton gagne t-il par an ?