Certains noms passent dans l'histoire et continuent encore aujourd'hui à faire partis de notre quotidien, d'autres au contraire disparaissent, alors qu'ils ont tant oeuvré pour l'industrie du pays. Qui ne connaît pas le groupe Michelin ? Numéro 1 mondial du pneu. Mais à l'origine de l'industrie du pneu, le groupe Michelin était loin d'être le seul sur le territoire de Clermont Ferrand. A l'époque, la ville auvergnate était la capitale du bandage pneumatique, et plusieurs sociétés se partageaient un marché en forte croissance. Michelin fut finalement le vainqueur de ce combat acharné, après la première guerre mondiale.



Raymond Célestin Bergougnan est né près de Toulouse en 1858, mais moins de trente années plus tard, en 1885, il crée avec deux de ses frères, Jean et Matthieu, un atelier à Clermont Ferrand. A l'origine destiné aux articles pour graveurs, l'atelier se spécialise sur les timbres en caoutchouc, dans la Cité Vaudois. Une certaine société Torrilhon est d'ailleurs son fournisseur de caoutchouc. Rapidement, en 1887, ils déménagent pour des locaux plus vastes, puis Raymond Bergougnan fonde en 1889, la société Bergougnan et Cie. La même année, une certaine société, Michelin et Cie, est créée par André et Edouard Michelin.

Associé à Emile Chrétien en 1894, ils décident de fonder, avec un capital initial d'1.600.000 francs, la Société de Caoutchouc brut ou manufacturés, anciens Etablissements Bergougnan et Cie. La société est alors un des spécialistes du bandage pneumatique, à savoir des pneus. Mais ils ne sont pas les seuls sur le marché. Les sociétés Torrilhon et Michelin se partagent une grande part de ce marché en forte croissance. L'importance du caoutchouc étant, Raymond Bergougnan va jusqu'à aider à la fondation de la Société des Caoutchouc de l'Indochine.

La première guerre mondiale marque un tournant dans l'histoire industrielle de Clermont Ferrand. Après une fusion ratée avec Torrilhon peu de temps avant la guerre, la société de Raymond Bergougnan affiche de lourdes pertes entre 1920 et 1923. Il en sera de même pour la société Torrilhon. Michelin a au contraire pleinement profité de la première guerre mondiale. Une piste cimentée a même été construite pour permettre aux avions Bréguet Michelin de décoller après leur construction dans les usines Michelin. Tout naturellement le groupe Michelin acquiert alors la Société de Caoutchouc brut ou manufacturés, anciens Etablissements Bergougnan et Cie, et cela en est fini de l'aventure industrielle de Raymond Bergougnan, qui décédera en 1942.

Au même titre que la dynastie Michelin, Raymond Bergougnan a tenté d'imposer sa marque sur la ville, en construisant des maisons mais aussi un hôpital. Une avenue porte aujourd'hui toujours son nom sur le lieu des anciennes usines.