Matthieu Pigasse porte deux casquettes. D'une part, celle de banquier; d'autre part, celle d'homme des médias. Né en 1968 à Clichy, Matthieu Pigasse est issu d'une famille de spécialistes des médias. Albert Pigasse, son grand père, est ainsi le fondateur des romans policiers Le masque. Son père, Jean-Daniel Pigasse, fut directeur de la Manche Libre. Tout jeune, il sera imprégné par la sphère médiatique. Il n'en fera les gros titres que bien des années plus tard. La formation de Matthieu Pigasse ne le prédestine toutefois pas vers les médias.



Ainsi c'est tout naturellement qu'il se dirige vers le Trésor en 1994 après ses études à l'ENA. Sa mission se porte alors sur la gestion de la dette de l'Etat français. Il franchit rapidement les échelons. En 1998, il intègre l'équipe de conseillers de Dominique Strauss Khanh, et peu après, il rejoint Laurent Fabius, alors ministre de l'Economie. Il constitue peu à peu ses réseaux, aujourd'hui si puissants. Cet homme des cabinets politiques intègre en 2002 la prestigieuse banque d'affaires, Banque Lazard, grâce à un soutien de poids, Alain Minc. C'est ce dernier qui convainc Bruno Roger, alors président de Lazard, d'embaucher Matthieu Pigasse. Cette banque d'affaires lui ouvre les portes de la haute finance. Il participe ainsi à de nombreux projets de rapprochements et autres opérations de haut de bilan. Pour n'en citer que quelques uns, son nom apparaît lors de la cession du Club Med par Accor, dans la méga fusion Suez Gaz de France ou encore pendant la renégociation de la dette de l'Argentine. Il développe tant ses compétences que son réseau au sein de la Banque Lazard.

Mais son amour pour les médias reprend le dessus, et en 2005, Matthieu Pigasse participe à la cession de Libération au groupe d'Edouard de Rotschild. Malgré son échec pour la prise du pouvoir sur le quotidien Le Monde en 2007, en juillet 2009, alors qu'il est vice-président de Lazard, il acquiert Les Inrockuptibles, un hebdomadaire culturel réputé. Un rachat qui ne fera pas taire son surnom de "Banquier de gauche". En effet, Matthieu Pigasse est un homme de gauche. Il fut notamment l'un des conseillers de Ségolène Royal lors de sa candidature à l'élection présidentiel en 2007.

En juin 2010, il se fait connaître du grand public en rachetant le quotidien Le Monde avec Pierre Bergé et Xaviel Niel. Homme de gauche, il a soutenu des sites Internet engagés comme Mediapart ou Rue89.