La sucess story créée par Jacques Rouvroy n'est plus au mieux de sa forme. Président de Belvédère, il vient d'être entendu le 27 mai 2011 par la Commission de Sanction de l'AMF. Ce n'est pas sa première mésaventure, et pourtant, tout avait si bien commencé. Né le 17 juillet 1947, Jacques Rouvroy s'adonne au saut à la perche où il excelle. Après avoir été diplômé de l'EDC, Ecole des Dirigeants et Créateurs d'Entreprises, Jacques Rouvroy se rapproche du monde vinicole. Ainsi de 1971 à 1990, il multiplie les postes jusqu'à devenir président d'une société de négoces en vin réputée.



Ses compétences acquises et la rencontre avec un autre sportif, polonais celui-ci, Christophe Trylinski, les incitent à fonder leur propre société. France Agro est créée, qui prendra rapidement le nom de Belvédère. Jacques Rouvroy en devient le PDG et la société se spécialiste dans l'exportation de vins mais aussi de spiritueux auprès des pays de l'Est, nouvellement ouverts. La Pologne, terre de naissance de Christophe Trylinski, devient leur premier marché. Mais les deux hommes s'aperçoivent assez vite que leur entreprise est très dépendante des droits de douanes. L'importation d'alcools est en effet très lourdement taxée par les pays de l'Est, et ces derniers sont loin d'être des concurrents locaux insignifiants.

France Agro décide donc de développer le contenant, en lieu et place d'exporter le contenu. Ainsi la société décide de commercialiser auprès des pays de l'Est des bouteilles en verre très haut de gamme et régionales. Ainsi chaque bouteille rappelle les éléments importants d'un pays. Le contenu lui sera totalement local pour éviter les droits de douane. Ainsi, France Agro, devenue Belvédère (nom d'une de leur première création de bouteilles), exporte des bouteilles, qui sont remplies dans le pays importateur par des spiritueux locaux. Cette idée est un succès et l'entreprise détient rapidement une part grandissante sur le marché de la vodka.

Le 21 janvier 1997, Belvédère s'introduit sur le marché boursier français et consolide sa position en acquérant les producteurs, et ainsi contrôle la totalité de la filière, de la bouteille (conçue par une société française, Saga Déco, dont Belvédère détient une participation) au consommateur (en contrôlant le réseau de distribution). Le succès est au rendez-vous.

Mais en 2006 tout bascule. CL Financial prend une participation majoritaire dans le groupe Belvédère et rachète dans la foulée, le groupe Marie Brizard. Belvédère se retrouve lourdement endetté, et après un an, CL Financial revend ses parts. A partir de là, les ennuis s'accélèrent pour Belvédère qui a du mal à éponger la dette Marie Brizard. Jacques Rouvroy ne trouve pas la solution idéale et Belvédère se retrouve en redressement judiciaire. En mai 2011, Jacques Rouvroy est convoqué par la Commission de Sanction de l'Autorité des Marchés Financiers pour avoir utilisé ses filiales pour racheter des titres Belvédère à bon prix sur le marché afin de soutenir le titre, mais sans avertir les actionnaires. La société devient donc l'un de ses propres principaux actionnaires. Il est possible pour une entreprise de racheter ses propres actions, sous certaines conditions, avec des raisons valables et en ne dépassant pas certains seuils. Eléments que ne semblent pas avoir respecté monsieur Jacques Rouvroy. Belvédère utilise depuis 2010 l'image de Bruce Willis pour tenter de relancer une marque qui annonce de très lourdes pertes chaque année.